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Une victime présumée d'un tir de flash ball à Bordeaux témoigne

Floriane Chabot a reçu un projectile dans la jambe le 12 janvier dernier, lors d'une manifestation de gilets jaunes. / © France 3 Aquitaine
Floriane Chabot a reçu un projectile dans la jambe le 12 janvier dernier, lors d'une manifestation de gilets jaunes. / © France 3 Aquitaine

Floriane Chabot a reçu un impact à la jambe le 12 janvier dernier. Cette secrétaire médicale au CHU de Bordeaux participait pour la troisième fois à une manifestation des gilets jaunes. Elle demande l'interdiction des LBD. Elle dit ne pas en vouloir aux forces de l'ordre.

Par Hélène Chauwin

Ce samedi 12 janvier, Floriane Chabot s'apprêtait à quitter la manifestation qui prenait fin. A l'écart, elle n'a pas entendu les sommations, elle n'a pas senti les gaz lacrimogènes. 

Quand il sont arrivés rue du Loup, comme un commando à viser vers nous et à tirer sans nous dire attention on arrive on va tirer, avec mon mari on partait de la manifestation. Quelqu'un était blessé, les street medics sont arrivés, je me retourne, ça là que je le prend. 

Le projectile atteint sa jambe

On ressent une très forte décharge. Comme si on vous la coupait. 


Sur le moment, Floriane ne comprend pas. Elle se sent en colère. Elle n'est pas venue pour en découdre. Elle dit ne pas éprouver de haine envers le gouvernement ou les forces de l'ordre. Elle venait juste réclamer "une revalorisation du travail". Son mari est chauffeur routier depuis vingt ans. Il perçoit le smic. Elle est secrétaire médicale au CHU de Bordeaux. A eux deux, ils ont 2500 euros par mois. Trop pour bénéficier d'aides. Pas assez pour être à l'aise et boucler sereinement les fins de mois.   

C'est la troisième fois qu'elle participait à une manifestation des gilets jaunes. Elle savait le risque qu'elle prenait, elle savait qu'il y avait des affrontements. C'est pour cette raison explique-t-elle qu'elle se tenait toujours en retrait.

On le sait mais on ne pense pas que cà peut nous arriver 

Petit à petit la colère fait place à la résignation. Floriane le reconnaît : elle était "au mauvais moment au mauvais endroit". 

Aujourd'hui, elle est concentrée sur sa guérison. Le projectile a provoqué un hématome qui ne s'est pas résorbé. Floriane a maintenant un trou de 8 cm sur 4 et de 2,5 cm de profondeur sur la jambe. Elle doit subir une greffe de la peau dans quelques jours. Elle dit ne pas en vouloir aux forces de l'ordre. 

Je pense qu'ils ne peuvent pas viser mais je ne leur en veux pas même s'il y a des conséquences quand même. 

Floriane demande l'interdiction d'utilisation de lanceurs de balle défensive. Une demande rejetée par le Conseil d'Etat au début du mois. Elle a fait un signalement sur le site de l'IGPN, l'Inspection Générale de la Police Nationale. Son témoignage a été retenu. Elle veut maintenant se renseigner auprès d'un avocat. 
 
Le témoignage d'une victime présumée de LBD
 

Le témoignage d'une victime présumée de LBD

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