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Célébration du 11 novembre : une nécropole de tirailleurs sénégalais à La teste-de-Buch

Comme chaque année, les autorités sénégalaise viennent en terre girondine rendre hommage à leurs compatriotes mort en ce lieu. 956 d'entre eux sont enterrés là, mais aucun honneur ne leur a été rendu par la France en établissant la liste de ces chers disparus. / © Archives France 3 Aquitaine
Comme chaque année, les autorités sénégalaise viennent en terre girondine rendre hommage à leurs compatriotes mort en ce lieu. 956 d'entre eux sont enterrés là, mais aucun honneur ne leur a été rendu par la France en établissant la liste de ces chers disparus. / © Archives France 3 Aquitaine

La nécropole existe toujours, un monticule de sable recouvert de végétations, rappelle qu'ici sont enterrés presque mille tirailleurs sénégalais décédés en 1916 dans le camp du Courneau. Deux stèles sont là pour rappeler le sacrifice fait par ces hommes pour venir défendre une patrie si lointaine.

Par Bertrand Lerossignol

La discrétion de monument funéraire déroge à la propension patriotique qui suivit la Première Guerre Mondiale. Tous les villes et villages de France devaient avoir leur monument aux Morts, ce qui fût fait pour entretenir le sentiment patriotique après ces quatre années de terrible guerre. Mais point de commémoration pour ces gens venus de leur si lointain pays défendre un pays qui n'était pas le leur, avec la promesse d'obtenir la nationalité française à l'issue de la fin des combats.

Il y avait là un camp de vingt mille hommes.

 Ce camp du Courneau avait pour vocation de recevoir les jeunes sénégalais arrivant de leur pays, afin de les former aux rudiments du maniement des armes. Ensuite ils partaient en bataillon, dans les tranchées, se battrent face à l'ennemi. Leur histoire sur le front fût dramatique, lancés sans préparation à l'assaut des positions ennemies, beaucoup périrent rapidement. Ils furent ensuite inhumés sur le front et identifiés. Mais à La Teste-de-Buch rien de tout cela. 
L'absence de référencement dans cette nécropole tient au fait qu'ils ne sont pas morts sur le champ de bataille, mais frappé par la maladie à cause des conditions d'hygiène déplorables et de la topographie des lieux. A l'été 1916, un médecin indique le risque d'inondation et la présence d'eau croupie sur l'ensemble du camp pour l'automne suivant. Parmi les six cents baraques installées à même le sol, les soldats sénégalais contractent des pneumocoques. Ils sont condamnés, meurent par centaines, neuf cent cinquante six sénégalais sont enterrés, aux côtés de onze Russes, cinq Malgaches et quatre Français.

Intérieur de l'hôpital du Camp du Courneau


Au moment du centenaire, une identification des victimes souhaitable

Les hommes allaient et venaient selon les offensives entre le front et le camp du Courneau. Certains ne revenaient pas du front, les bataillons étaient reconstitués puis ils repartaient, certains entre-temps décédaient de maladie. Aucun stèle n'est là pour rappeler que dans cet amas d'os humains, il y a des individus qui ont tout quitté pour venir se battre sur le front de l'Est. En ce moment de mémoire, où l'on célèbre le centenaire du début des hostilités, il serait bon de redonner l'honneur aux tirailleurs sénégalais morts ici à quelques pas de la dune du Pyla, en apposant un monument avec le nom de tous ceux qui y sont enterrés.
Le consul du Sénégal, des représentants de la communauté sénégalaise ont commémoré le sacrifice de leurs compatriotes à La Teste-de-Buch.

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