Confinement allégé : "on va reprendre, c'est bien, mais ça n'a pas la même saveur"

Reprise des cours pratiques des auto-écoles, réouverture des commerces, aides à la restauration et aux plus précaires... Le Premier ministre Jean Castex a précisé ce jeudi les modalités du confinement allégé, sans convaincre totalement les entrepreneurs, fragilisés par l'arrêt de leur activité.
© Ludovic MARIN / POOL / AFP
La prise de parole du Premier ministre était attendue. Certes, les commerces non essentiels ont pu avoir l'autorisation de rouvrir le 28 novembre, décision annoncée mardi soir par le président Emmanuel Macron. Mais de nombreux secteurs d'activité restaient dans l'incertitude : auto-écoles, agence immobilières ou encore salons de coiffure, qui attendaient une révision de la jauge sanitaire fixée à 8 m2 par client.
 

Reprise des cours pratiques dans les auto-écoles

Jean Castex, entouré des ministres de la Santé Olivier Véran, du ministre délégué aux PME Alain Griset, et d'Elisabeth Borne en charge de l'Emploi a précisé la mise en application de l'allègement du confinement.
Les auto-écoles et les agences immobilières pourront reprendre leurs activités dès samedi 28 novembre, en appliquant un protocole sanitaire renforcé. Mais si la préparation aux épreuves pratique du permis est à nouveau possible, les épreuves théoriques devront, elles, se faire à distance.
 

"On connaît les limites de l'enseignement à distance"

Un coup dur pour la profession, estime Sandra Carasco, représentante en Gironde de l'Unic, l'Union nationale des représentants de la conduite. "Je ne suis pas satisfaite de ça. On laisse beaucoup d'élèves sur le côté de la route, alors qu'on connait déjà les limites de l'enseignement du code à distance".

La patronne d'auto-école rappelle que des règles déjà contraignantes sont appliquées, dans les voitures, mais aussi dans les salles de cours. "Nous prenons les élèves par tous petits groupes, nous maintenons des distances entre eux en condamnant des chaises par exemple… Les distances barrières sont beaucoup plus respectées que dans les salles de classe. "
 

Ca fait trente ans que je fais ce métier, je le fais pour le contact humain aussi, pour conseiller les élèves. On va reprendre c'est bien, mais ça n'a pas la même saveur.

Sandra Carasco, représentante de l'Unic 33


L'entrepreneuse s'inquiète pour les moniteurs "qui n'ont pas pu faire d'heures sup avant les fêtes", et les élèves. "Leur passage de l'examen a été repoussé, il va y avoir des bouchons ensuite pour pouvoir le passer. Et ces jeunes, ils ont besoin du permis pour travailler, ou même chercher un emploi…"
 

Dans tous les domaines, on assiste à des décisions incohérentes. Ca favorise les auto-écoles en ligne, les restaurants à emporter…
On a parfois l'impression que la crise sanitaire n'est qu'un prétexte pour développer l'ubérisation des services.

Sandra Carasco, Unic 33

 


Les coiffeurs attendent des précisions

Le secteur de la coiffure également était en attente des annonces de Jean Castex. Il reste pourtant sur sa faim. Alors qu'ils espéraient pouvoir revenir sur la jauge de 8 m2 par client, jugée incompatible avec l'activité de nombreux salons, le chef du gouvernement n'a pas eu un mot pour la profession. "Nous sommes toujours en négociations, mais pour l'instant, ils restent fermes sur cette jauge, confie Isabelle Adam, présidente en Aquitaine de l'Union nationale des entreprises de coiffure (Unec).

Elle aussi dénonce des incohérences. Alors que Jean Castex s'est félicité ce jeudi de la mise en place de règles claires et faciles à mettre en application, elle note un flou sur la mesure. "Le Premier ministre explique qu'il ne faut pas compter les salariés, que les membres d'une même famille ne compteront que pour une personne… Si une famille vient à quatre, on n'en compte qu'une quand même ?"

La représentante des entreprises de coiffure attend désormais d'avoir plus d'informations sur le détail du protocole sanitaire mis en place dans le secteur, et ne désespère pas de trouver une piste "On a besoin de plus de mètres carrés pour travailler".
 

Remontées mécaniques fermées en montagne

"Nous ne pouvons pas baisser la garde", a répété ce jeudi  le Premier ministre, après s'être félicité d'avoir dépassé le pic des hospitalisations en France  "L'objectif est de vous permettre de passer les fêtes de fin d'année avec vos proches tout en limitant le risque".
Le gouvernement  a prévu un confinement allégé jusqu'au 15 décembre, puis un couvre-feu jusqu'au 20 janvier. Il a également confirmé le report de l'ouverture des stations de ski. "Il sera loisible à chacun (...) de se rendre dans ces stations pour profiter de l'air pur de nos belles montagnes, des commerces, hors bars et restaurants, qui seront ouverts. Simplement, toutes les remontées mécaniques et les équipements collectifs seront fermés au public", a précisé Jean Castex.


Discothèques, bars et restaurants, "lieux de contamination virale élevés" restent également fermés a souligné le Premier ministre.
Des mesures d'aides seront également prises pour les précaires, les saisonniers, les intermittents ou les extras avec "une garantie de ressource de 900 euros par mois jusqu'en février". Par ailleurs,  20 000 jobs étudiants doivent être créés pour "les étudiants décrocheurs".
 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets