Gironde : pourquoi se faire dépister de la Covid-19 prend autant de temps ?

Désormais, se faire dépister de la Covid-19 peut parfois prendre plusieurs jours. Entre manque d’effectifs et augmentation de la demande, les laboratoires essaient de réduire les délais, tout en protégeant les personnes.
Depuis une semaine, les demandes de dépistage ont augmentées, avec les départs en vacances.
Depuis une semaine, les demandes de dépistage ont augmentées, avec les départs en vacances. © DENIS CHARLET / AFP
Se faire dépister dès que l’on ressent certains symptômes de la Covid, c’est l’un des adages martelés par les autorités pour freiner la propagation du coronavirus. Mais une fois la démarche enclenchée, il est parfois difficile d’avoir un rendez-vous rapidement. 
 

"J’ai directement pensé à mes grands-parents"

Léa, une Talençaise de 22 ans, s’est réveillée vendredi courbaturée, fiévreuse et avec une toux importante. “C’était tous les symptômes du coronavirus, j’étais un peu paniquée”, explique la jeune femme. Elle décide alors d’appeler SOS Médecins, qui lui fait alors une ordonnance pour un dépistage de la Covid-19.
Sur ses affiches, l'ARS Nouvelle-Aquitaine invite les personnes symptomatiques à contacter un professionnel de santé.
Sur ses affiches, l'ARS Nouvelle-Aquitaine invite les personnes symptomatiques à contacter un professionnel de santé. © ARS Nouvelle Aquitaine
Mais depuis plusieurs semaines, les appels s'enchaînent aux standards des laboratoires, les rendant pour certains injoignables. “J’ai appelé le CHU de Bordeaux 27 fois, sans succès”, énumère Léa. Au total, elle a contacté sept centres différents. Et pour beaucoup, la réponse était la même : “pas avant mardi”

Une situation inconfortable pour beaucoup de patients, inquiets pour leur santé et celle de leurs proches.”J’ai de suite pensé à mes grands-parents que j’ai vus la semaine dernière, je ne savais pas s’ils devaient faire un test aussi, ou si on devait attendre”, explique Léa. 

Symptômes ou pas symptômes ?

Pourtant, dans les laboratoires d’analyses, la cadence est toujours aussi rapide. “Depuis quelques jours, on a vu un afflux de demandes beaucoup plus important, lié aux déplacements des gens qui se sont intensifiés”, explique Jean-Philippe Galhaud, directeur des affaires médicales du groupe Labexa, qui gère les laboratoires Exalab dans toute la région.  Et chaque demande a sa spécificité. “Il faut tester toutes les personnes qui reviennent de l’étranger, obligatoirement. Il faut aussi faire la distinction entre dépistage des personnes asymptomatiques et celles, présentant des symptômes. C’est pour cela que certains patients ont des rendez-vous plus tardifs”, précise Jean-Philippe Galhaud.

Car si les personnes asymptomatiques peuvent se rendre en laboratoire, celles présentant des symptômes doivent prendre rendez-vous, ou se faire dépister en drive. C’est le cas de Léa, qui a finalement obtenu un rendez-vous, en drive, à Mérignac. “On se serait cru chez McDo ! Il y avait une queue de voitures sur le parking”, se souvient la jeune femme. Pratiques, ces parkings expliquent en partie pourquoi les laboratoires en centre-ville rencontrent plus d’engorgement : ils doivent organiser des plages horaires dédiées, faute de drive.
Pour se faire dépister en drive, il faut arriver à l'heure.... et s'armer de patience.
Pour se faire dépister en drive, il faut arriver à l'heure.... et s'armer de patience. © DR
Avant son rendez-vous, elle a donné par téléphone son numéro de sécurité sociale, pour éviter tout échange ou contact. Sur place, le test est réalisé depuis l’intérieur de la voiture. “On penche la tête sur l’appui-tête, ils enfoncent un long coton-tige, et c’est fini !”, détaille Léa, qui avoue avoir un peu souffert.

Personnel épuisé

Il faut ensuite attendre 24h pour recevoir ses résultats. “Ce sont les préconisations de l’ARS, que nous suivons à la lettre”, souligne Jean-Philippe Galhaud, le directeur des affaires médicales de Labexa. Un délai que certains ne comprennent pas toujours. “On fait parfois face à certains patients qui s’attendent à un résultat dans la minute”, s’amuse le responsable des affaires médicales.  S’il sourit, le directeur concède les difficultés que rencontrent les laboratoires, face à cette situation. “Nous sommes en perpétuelle adaptation, en fonction de l’évolution du virus et des consignes gouvernementales”, rappelle Jean-Philippe Galhaud. 

Et les laboratoires s’occupent aussi, depuis le déconfinement, des autres pathologies, laissées en suspend pendant le confinement. “Les personnels sont épuisés, ils n’arrêtent pas pour répondre au mieux à la demande de tous”, salue le directeur des affaires médicales, qui rappelle que les laboratoires fonctionnent 24h/24 et 7j/7.

 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
déconfinement société santé