Glyphosate : les premiers prélèvements d'urines sur les volontaires girondins sont tous positifs

Tous les volontaires testés en Gironde ont retrouvé du glyphosate dans leurs urines / © France 3 Aquitaine
Tous les volontaires testés en Gironde ont retrouvé du glyphosate dans leurs urines / © France 3 Aquitaine

Au printemps l'association Campagne glyphosate a lancé une grande collecte d'urines et d'analyses auprès de volontaires. Les résultats des prélèvements sur Cussac-Fort-Médoc et Le Haillan sont connus. Sans surprise, ils sont tous positifs.
 

Par Maïté Koda

Ce n'est qu'un point d'étape dans la bataille menée par l'association Campagne glyphosate, mais déjà, il confirme ses attentes. Deux vagues de prélèvements ont été organisées dans le département sur les communes du Haillan et de Cussac-Fort-Médoc. Les 87 personnes s'étant portées volontaires pour faire analyser leurs urines afin d'en connaître la teneur en glyphosate, ont toutes été testées positif.

 
 

Un taux plus élevé au Haillan que dans le Médoc

"A Cussac-Fort-Médoc, le taux le plus élevé était de 3,17 nano grammes par millilitre, précise Jacky Berrahil, responsable girondin de l'association Campagne glyphosate. Au Haillan il était de 3,52 ng/ml".

Le taux moyen relevé sur les 44 volontaires du Médoc était de 0,9 ng/ml contre 1,2 pour les 43 volontaires du Haillan. "Cette moyenne de 1,2 ng/ml correspond à notre moyenne nationale, poursuit Jacky Terrasson.

En France, le taux le plus haut analysé s'élevait à 7ng/ml, et seules trois personnes avaient un taux inférieur au seuil détecté par notre laboratoire, fixé à 0,075ng/ml."
 

Des données qui doivent être décortiquées

Les premiers éléments recueillis laissent apercevoir quelques tendances. Des taux plus élevés chez les hommes que chez les femmes, ou encore chez les enfants par rapport aux adultes…

Impossible pour autant de tirer des conclusions immédiates d'après ces résultats.  Chaque volontaire a rempli un questionnaire détaillant son mode, de vie son alimentation… Autant de données qui devront par la suite être décortiquées par une équipe de médecins, biologistes, statisticiens… basée en Ariège.
 

Si nous avions les moyens de tester d'autres molécules, nous aurions sans doute d'autres frayeurs

 

"Evidemment que ces résultats inquiètent les gens. Le glyphosate fait polémique en ce moment, c'est devenu un symbole des pesticides. Et si nous avions les moyens de tester d'autres molécules, nous aurions sans doute d'autres frayeurs, reconnaît Jacky Berrahil.

Mais l'objectif de cette campagne c'est avant tout de sensibiliser la population, ce qui est indispensable si on veut changer les pratiques agricoles et les rendre plus vertueuses".



Le glyphosate a été classé comme cancérigène probable par le CIRC, le Centre international de recherche sur le cancer. Mais il n'existe actuellement aucun seuil établi scientifiquement, ou valeur biologique d'interprétation (VBI), concernant une teneur dans les urines permettant une interprétation des résultats.
 

Des plaintes seront déposées

Les volontaires, qui ont payé pour faire analyser leurs urines avaient également la possibilité de déposer une plainte. Seuls cinq volontaires girondins n'ont pas souhaité entreprendre ces démarches judiciaires.

A l'heure actuelle, 5 300 analyses ont été réalisées en France, d'autres sont à venir, notamment à Langon, Libourne ou encore la Teste-de-Buch pour ce qui concerne la Gironde.
 

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