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Il y a 20 ans : l'accident meurtrier à un passage à niveau fait 13 morts à Port-Ste-Foy

Le 8 septembre prochain, il y aura 20 ans jour pour jour qu'un camion-citerne chargé de plusieurs tonnes d'hydrocarbure percutait un train sur la commune de Port-Sainte-Foy. Un drame qui avait fait 13 morts et 68 blessés. C'est l'un des plus meurtriers en France.  

La maison du gardien du passage à niveau a été aussi percuté par le camion-citerne et a pris feu.
La maison du gardien du passage à niveau a été aussi percuté par le camion-citerne et a pris feu. © INA
Le 8 septembre 2017 sera un jour de tristesse à Port Ste-Foy en Dordogne. Il y a 20 ans, 13 personnes ont perdu la vie et 68 ont été blessées dont certaines grièvement brûlées lors d'une collision mortelle entre un train et un camion-citerne. 

Peu avant midi, un train de Bordeaux en direction de Sarlat a été percuté au passage à niveau par un camion contenant 28 000 litres de gazole et 3 000 litres de fuel. Le conducteur n'aurait pas vu ni les signaux lumineux, ni la barrière en arrivant dans le virage où se trouvait le passage à niveau.

Avec la force du choc, la cabine du camion a été projetée sur la maison du gardien. Les deux véhicules et l'habitation ont pris feu immédiatement. 160 pompiers, 23 ambulances et 2 hélicoptères ont aidé à sortir les victimes du train en feu. Près de 4 heures 30 ont été nécessaires pour les évacuer du train carbonisé. 

Un passage à niveau dangereux 


Les victimes et les habitants du secteur ont été scandalisé de cet accident. Le passage à niveau avait déjà été identifié comme représentant un danger. A l'époque, le maire de la commune de Port-Sainte-Foy avait été le premier à réagir :

C'est un peu scandaleux. La SNCF avait fait pourtant une étude pour faire un passage aérien pour éviter ce passage à niveau réputé comme dangereux. Mais ça n'a pas vu le jour...


Dans les heures qui ont suivi l'accident, Jean-Claude Gayssot, ministre des Transports en 1997 et Louis Gallois, PDG de la SNCF à l'époque, sont arrivés sur place. Tous deux ont déclaré un "jour de deuil profond". Leurs responsabilités ont été mises en cause dans l'opinion publique.  

La vie aujourd'hui

Quelques années plus tard, un pont a été bâti sur demande du ministre des Transport. Depuis, les automobilistes évitent le virage dangereux et passent au-dessus de la voie ferrée. Jacques Reix, le maire actuel de la commune, se réjouit encore aujourd'hui de cette construction.

Ça a changé la vie des riverains, il n'y avait plus ce danger permanent. À présent, cela fait partie de notre passé. Nous nous recueillons tous les ans près de la stèle sur le lieu de l'accident. Pour les 20 ans, nous allons faire une cérémonie sans protocole, dans la simplicité, comme le souhaitaient les familles des victimes.

Procès contre le chauffeur

En 2002, le procès a lieu à Bergerac en Dordogne. Dans le box des accusés : une seule personne : Christian Le Breton, le conducteur du camion.  Il avait lui-même été blessé lors de l'accident. Le chauffeur, qui n'avait presque aucun souvenir de l'accident, avait déclaré à la barre : 

C'est pénible de se savoir responsable d'un accident aussi grave, de se savoir impliqué ça fait mal... Et ce qui fait mal, c'est d'avoir le sentiment de n'être finalement qu'un spectateur.

Il a été condamné à 3 ans de prison avec sursis.
L'enquête a permis de connaître ses conditions de travail : un rythme intensif avec 52 heures hebdomadaires. L'employeur a donc aussi été condamné à payer une amende, l'accident pouvant s'expliqué par la fatigue de Chritian Le Breton. 

Aucune charge n'a été présentée au procès contre la SNCF ou les pouvoirs publics. Le groupe de transport a seulement été  condamné à verser un euro symbolique. 


► Voyez notre reportage avec les images d'époque pour plus de compréhension :

durée de la vidéo: 02 min 14
Les 20 ans de l'accident ferroviaire de Port-Sainte-Foy ©INA

 

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