Covid 19 et tests : les pharmacies et laboratoires dépassés, Libourne ouvre un centre de dépistage municipal

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Écrit par Clémence Rouher
Dans toute la Gironde les files de patients en attente de test sont impressionnantes
Dans toute la Gironde les files de patients en attente de test sont impressionnantes © C.O/France3

« Face à l’affluence ingérable devant les pharmacies, nous avons besoin de réouvrir des centres de dépistage ». Ces quelques mots de Philippe Buisson répondent à un besoin de la population de Libourne. Mais comment cela peut-il se mettre en place?

Faire un test à Libourne en Gironde, comme dans beaucoup de villes, est un parcours du combattant, mais comme partout sur le front, les pharmacies sont en première ligne et le combat sans relâche.


Immersion dans une pharmacie libournaise: "On est sous l’eau"

Nous contactons une première pharmacie dans le centre ville, pour demander comment se passent les dépistages.

« Vous avez un premier élément de réponse, là, je suis en rendez-vous La semaine dernière, on avait plus de 200 tests par jour et on est repassé aux tests sur rendez-vous, on ,'en pouvait plus ».
Nous convenons de nous rappeler plus tard, je l’entends déjà parler avec un client…

A la pharmacie du stade, un peu plus excentrée, la préparatrice répond à notre appel: « là on est débordées », le téléphone sur le comptoir, on peut entendre une conversation à propos de la délivrance de protocoles d’isolement et d’inscription au registre Si-dep, ça a l’air d’être la panique…
La titulaire reprend la communication « Ben comment on fait? On n'y arrive pas on est sous l’eau! »

« J’ai réussi à recruter 4 infirmières mais on est sous l’eau. Ce matin on a du faire 150 tests, pour vous donner une idée.»

Mathilde Khiyati, pharmacienne titulaire

Depuis l’accalmie de septembre, la pharmacie a repris le dépistage sans rendez-vous, en s’adaptant récemment avec des horaires fixes pour les tests 10H-12h et 14h-18h, « mais là du coup, y a trop de monde. J’ai peut-être mis 50 personnes dehors (à midi), c’est pas une solution non plus ». Et elles se rend bien compte que  « les gens sont tendus et nous agressent».

Et la tension s’aggrave avec les outils mis en oeuvre par le ministère de la santé et censé faciliter le travail des pharmaciens, mais il n’en est rien:

 "On doit déclarer au Si-dep mais le serveur rame sans arrêt, c’est ça qui nous retarde. Et les gens nous appellent quinze fois pour avoir leurs résultats. C’est scandaleux! »

Concernant l’initiative de son maire, la réponse est sans appel « on l’attend depuis bien longtemps! Ça fait depuis Noël qu’on attend que çà »

Un centre communal:

Après avoir ouvert le 19 janvier 2020 le premier centre de vaccination municipal, hors secteur hospitalier de Gironde, encore une fois Libourne s'illustre.

L'annonce a été faite sur twitter dimanche après-midi:

« Pourquoi je m’en suis saisi dès la fin de la semaine dernière? J’ai eu à connaître des cas de pharmaciens qui m’ont dit « on va arrêter.  Ce n’est plus tenable, on est sous pression et on est même sujets à des altercations ».

L'édile va même plus loin.

Ça crée des troubles à l’ordre public qui ne sont plus tenables, il faut que la puissance publique s’en saisisse. 

Philippe Buisson - maire de Libourne en Gironde

France 3 Aquitaine

De ce fait, il nous raconte avoir proposé cette suggestion à la préfète de Gironde mercredi, avant que le gouvernement ne sollicite les maires ce week-end. Mais du côté de Libourne, le plan semble déjà bien ficelé. 

"Nous on a des locaux, on peut mettre à disposition le personnel administratif", il ne manque donc plus que le personnel médical à trouver.
"Vendredi l’ARS nous a dit qu’ils avaient une piste pour mettre à disposition du personnel médical. J’ai fait le point ce matin à 9h. Pour l’instant, on a pas de réponse mais ça devrait se mettre en place dans la journée." 

Mais pas facile de répondre aussi vite aux annonces parisiennes, quand sur le terrain néo-aquitain, la réalité est toute autre, dont notamment une pénurie de tests anti-géniques. 

En fin de journée, conformément aux recommandations de Gabriel Attal durant le week-end, le lieu se situerait proche du centre de vaccination municipal, dans les casernes de l'ESOG.

Pour ce qui est de ceux qui effectuent les tests, ils devraient être dépêchés depuis le centre de vaccination juste à côté. Celui-ci, muni de 8 boxs, peut désormais prêter du personnel qui ne pratiquerait que des tests anti-géniques, afin d'éviter l'encombrement des laboratoires.

Reste surtout la question des stocks de tests à pouvoir garantir de la part de l'ARS, et pour l'instant il n'y a pas de réponse.
Tout comme une dernière faille: la modification de l'arrêté permettant à des communes d'ouvrir un centre de dépistage et d'ainsi s'inscrire sur le site Si-dep, qui pour l'instant ne le prévoit pas. 

On l'aura compris Libourne essuie les plâtres mais avec une augmentation de 16% du taux de dépistages en Nouvelle-Aquitaine ces dernières semaines, il faut réagir, et elle devrait le faire de façon effective dès la fin de la semaine. 

 

 

 

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