"26 hectares de panneaux, ce sera horrible" : un collectif d'habitants défile contre l'implantation d'un parc photovoltaïque

Ce samedi 9 mars, plusieurs dizaines d'habitants ont manifesté contre l'installation d'un parc photovoltaïque, autour de Royères. Une parcelle de 26 hectares de forêt privée pourrait se transformer en centrale solaire.

La cohabitation n’a pas commencé, qu’elle a déjà mal démarré. Depuis le mois de septembre 2023, un groupe d'habitants de Royères se mobilise pour empêcher la construction d'un parc de panneaux photovoltaïques autour de chez eux.

Ce vendredi après-midi, ils manifestaient dehors, malgré les intempéries. "C'est un non-sens écologique", estime Nicolas Voisin. "On ne comprend pas l'intérêt de raser autant d'arbres pour mettre autant de panneaux. On voudrait dire qu’il y a d’autres endroits pour faire ça. On veut avoir un entretien avec le préfet pour discuter d'autres solutions."

On vient à la campagne pour être tranquille, ce n'est pas pour se retrouver avec des milliers de panneaux devant chez nous.

Nicolas Voisin

Habitant et membre du collectif

Les habitants dénoncent également un manque d'informations autour du projet. "On l’a su au dernier moment, pourtant il est en étude depuis quatre ans. La municipalité ne nous a pas contactés. On sait qu’une enquête publique sera faite une fois le permis de construire autorisé. Mais si on attend ça, c’est trop tard. On fait du porte-à-porte pour interpeller les gens."

Vingt-six hectares sont concernés par le projet. Près de 53 000 panneaux photovoltaïques vont être posés. Nicolas s'inquiète pour l'attractivité de sa commune. "Ça signifie aussi une dévaluation immobilière. J’ai fait faire une étude pour mettre en vente ma maison. Des agences sont au courant du projet, et j’ai une décote entre 20 000 et 25 000 euros."

"Ici, on peut produire de l'énergie renouvelable autrement"

Le collectif assure ne pas être contre le photovoltaïque, mais dénonce un projet destiné "aux profits immédiats de quelques-uns" plutôt qu’à la production d’électricité. Anne Boudet, habitante et membre du collectif, s'inquiète de voir son activité menacée par ce projet. "J’habite à même pas 1 km. Je fais de chambres d'hôtes, du gîte. Depuis 30 ans, je fais ce métier, et là, je m'aperçois que les gens ont un nouveau penchant pour la campagne, le calme et cette nature préservée. Le problème, c’est que si des panneaux naissent à droite à gauche, qu’on a des champs transformés en zones photovoltaïques, où les gens vont trouver la nature ? C’est vraiment dommage."

Ça va nuire à tout le monde, et à la nature. Ça va complètement changer le paysage.

Anne Boudet

Habitante et membre du collectif

Plusieurs panneaux photovoltaïques ont déjà été posés par certains particuliers dans la commune. "C'est déjà impressionnant sur un hectare, alors 26 hectares de panneaux, ce sera horrible."

À LIRE AUSSI : Photovoltaïque : 53 000 panneaux solaires, le projet d'installation d'un parc contesté à Royères

Également membre du collectif, Agathe se questionne quant à l'utilité de ce projet. "On peut se poser des questions sur la destruction programmée par ce projet. On n'a aucune garantie qu’on puisse voir aboutir ce projet et qu’il soit vraiment effectif dans la production d’énergie. On est dans une région où on a la capacité de produire de l'énergie renouvelable autrement. On peut réfléchir à ça, au lieu de faire une croix sur des forêts et des terres avec lesquelles on peut se nourrir."

Ce projet est porté par une société privée nommée "Ze energy". C'est un producteur indépendant d'énergie renouvelable. L'entreprise a été créée en 2019 et a déjà porté quatre projets en France, dont une zone photovoltaïque en 2020, en Vienne. À Royères, le parc pourrait voir le jour d'ici à deux ans.

L'actualité "Environnement" vous intéresse ? Continuez votre exploration et découvrez d'autres thématiques dans notre newsletter quotidienne.
L'actualité "Environnement" vous intéresse ? Continuez votre exploration et découvrez d'autres thématiques dans notre newsletter quotidienne.
choisir une région
France Télévisions utilise votre adresse e-mail pour vous envoyer la newsletter de votre région. Vous pouvez vous désabonner à tout moment via le lien en bas de ces newsletters. Notre politique de confidentialité