A Limoges, l’extinction de l’éclairage public dès 23h30 ne rassure pas certains habitants

Depuis le 28 juin 2021, la moitié des lampadaires limougeauds sont éteints de 23h30 à 5h30. L’objectif pour la ville : lutter contre la pollution lumineuse et réaliser des économies d’énergie. Des habitants de ces zones font part de leur inquiétude.

"C’est horrible! En plus, je suis un aimant à cons, s’exclame Léa 22 ans. Il y a les relous en voiture qui ne me laissent pas passer et puis ce n’est pas rassurant. La dernière fois en rentrant il ne me restait plus que 5% de batterie pour utiliser ma lampe torche." Cette habitante de l’avenue Baudin est concernée par l’extinction de l’éclairage public entre 23h30 et 5h30. Elle fait un constat amère de cette mesure, mise en place le 28 juin 2021 : "Autant couper l’éclairage des boutiques mais là… Quand je sors des cours tard, il suffit que je finisse le chemin à pieds car le bus n’arrive pas et que je doive faire des courses ensuite, il faut que je me dépêche."

L’objectif annoncé de la mairie est de réaliser des économies d’énergie et lutter contre la pollution lumineuse mais cela risque de provoquer des problèmes de sécurité pour Kevin dont la maman, âgée de 65 ans, vit près du Lycée Raoul Dautry, autre zone concernée par l’extinction de l’éclairage public. Cette dernière "n’est pas sereine" quand elle rentre seule le soir après un restaurant ou un cinéma, rapporte son fils : "La dernière fois, elle est partie de chez nous à 22 heures, après l’apéro, pour ne pas rentrer après l’extinction."

Ma copine a un job étudiant, donc le soir elle finit tard et ça lui fait peur de rentrer. J’essaie d’aller la chercher en voiture, mais parfois je ne peux pas. Elle rentre alors seule à pieds ou essaie de trouver un collègue qui peut la raccompagner. Et puis, j’en parlais avec un livreur à vélo la dernière fois, c'est dangereux pour eux aussi!

Dimitri, 21 ans

Reportage : Les réactions des limougeauds à cette mesure

Une économie de 250 000€ HT

Lundi 13 septembre 2021, dans une lettre adressée au Maire de Limoges, Emile Roger Lombertie, le groupe de l’opposition, "gauche citoyenne sociale écologiste", qui s’était exprimé en faveur de la mesure, demande un décalage de l’heure du début d’extinction mais aussi "d’envisager des solutions pour améliorer le dispositif (…) comme l’utilisation de LED et/ou la détection automatique ou alterner les plages d’extinction et d’éclairage selon le secteur".

Cette mesure, testée un an sur 14 lotissements de la ville avait reçu un retour favorable des familles concernées, selon Didier Franck, directeur de la transition énergétique à la Ville de Limoges qui explique : "Selon les statistiques nationales, qui sont confirmées au plan local, il n’y a en fait pas plus d’insécurité dans les zones non éclairées, pas plus de cambriolages non plus, ceux-ci ayant lieu la plupart du temps en plein jour." Avec cette extinction de l’éclairage public, la ville de Limoges devra économiser chaque année, 250 000€ HT.

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