À Limoges, « Ma Tante » ne connait pas la crise

Institution vieille de plus de 100 ans à Limoges, le Crédit Municipal, établissement public de prêts sur gages, a vu sa fréquentation augmenter depuis le début de la crise sanitaire.

La crise sanitaire a poussé plus de gens vers les services du Crédit Municipal à Limoges.
La crise sanitaire a poussé plus de gens vers les services du Crédit Municipal à Limoges. © France Télévisions

Mont de piété, le Clou ou encore Ma Tante… Autant d’expressions qui désignent, depuis bien longtemps, le Crédit Municipal.
Expressions qui permettaient, à l’origine, de ne pas avouer directement que l’on avait recours à ce service, comme « Ma Tante », née au début du XIXe siècle, et qui expliquait la soudaine rentrée d’argent par un apport venu de la proche famille…

Si la désuétude a plus ou moins frappé ces noms, l’institution, elle demeure.

En Limousin, il n’y a qu’un seul Crédit Municipal, situé à Limoges, rue des Tanneries.
Porcelaines, argenteries, bijoux, stylos ou montres de luxe, instruments de musique…
Autant d'objets, parfois anciens, parfois peu communs, souvent de valeurs et toujours chers à leurs propriétaires... Voilà ce que l’on vient ici gager, en échange de liquidités.

Les remboursements se font ensuite avec de faibles intérêts et la possibilité de renégocier le contrat, ce qui, en cas de gage de bijoux en or par exemple, peut s’avérer avantageux du fait de la fluctuation des cours.

En moyenne, 1500 personnes utilisent chaque année les services du Crédit Municipal. Mais la crise sanitaire a fait venir de nouveaux « clients », plus de 200 à Limoges en 2020, des gens sans emploi ou au chômage partiel, avec l’habitude d’un salaire plus conséquent.
D’autres y trouvent également une alternative aux prêts à la consommation.

À noter qu’après le premier confinement, de nombreuses personnes étaient venues rembourser leurs prêts et récupérer leurs biens, de peur de les perdre. La situation s'est depuis stabilisée. Chaque année, près de 10 % des objets ne sont pas récupérés. Ils sont alors vendus aux enchères, trois à quatre fois par an.

L'unique Crédit Municipal du Limousin pratique également des prêts personnels ou des rachats de crédits, mais se veut avant tout un service d'utilité publique, à vocation sociale et à but non lucratif.

 

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