Accidents sur l'Autoroute A20 : on vous explique la polémique concernant la gestion de l'épisode de verglas lundi soir

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Température sous zéro, pluies verglaçantes, vitesses inadaptées. Un cocktail dangereux pour les routes en Limousin. En fin d'après-midi, lundi 8 janvier, sur l'autoroute A20, un carambolage s'est produit entre Bessines sur Gartempe et Razès dans le sens nord-sud. Même chose sur la RN145 en Creuse à hauteur de Noth. ©France Télévisions

Température sous zéro, pluies verglaçantes, vitesses inadaptées. Un cocktail dangereux pour les routes en Limousin. En fin d'après-midi, lundi 8 janvier, sur l'autoroute A20, un carambolage s'est produit entre Bessines sur Gartempe et Razès dans le sens nord-sud. Même chose sur la RN145 en Creuse à hauteur de Noth. Depuis, le dispositif a été remis en question sur la toile. On fait le point.

Il était 18 h 15 quand cinq véhicules se sont percuté entre les sorties 24 et 25 de l'autoroute A20 dans le sens nord sud (Paris - Toulouse). Quelques minutes après, deux autres véhicules entrent en collision à peu près au même endroit. Conséquence, treize blessés légers et cinq kilomètres de bouchon dans les deux sens de circulation pendant quelques heures, mais pas de fermeture de l'autoroute et pas de déviation installée. 

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Dans une publication sur les réseaux sociaux, Aurélien Sabourdy, commandant des pompiers de la Haute-Vienne, que nous n'avons pas pu joindre depuis, le déplore : "Jamais vu en intervention une autoroute aussi verglacée. Les intervenants (les agents des routes, pompiers et gendarmes) ont pris de très (trop) gros risques ce soir. Malgré mes demandes sur l'intervention, l'autoroute n'a pu être fermée".

Le Service départemental d'incendie et de secours n'a pas voulu faire plus de commentaires sur cette publication provenant d'un compte personnel. Mais on sent tout de même un agacement et une critique implicite de la gestion de l'autoroute. 

La DIRCO répond

La DIRCO se défend. Les 22 agents du centre de Bessines et leurs quatre saleuses assurent la sécurisation de cette portion de l'autoroute. 

Lundi soir, une averse de pluie très fine s'est abattue sur les hauteurs et a gelé immédiatement. "Ce n'était pas annoncé par météo France. La chaussée était salée de la veille. Tous les feux étaient au vert. Cette petite pluie fine a surpris tout le monde, c'était vraiment inopiné", précise Thierry Duchêne, chef de Centre DIRCO Bessines-sur-Gartempe.

Météo France et un service de veille tiennent en permanence les agents des routes informés, mais l'épisode était plus intense que prévu. Il faut dire que les hivers sont méconnaissables sur la zone. Il y a dix ans, 1 500 tonnes de sel étaient épandues sur la route. Il n'y a plus que 150 en moyenne actuellement. Quand un épisode de froid allié à l'humidité est prévu, la DIRCO effectue d'abord un pré-salage le soir vers 20h, horaire adaptable en fonction de l'évolution climatique. 

"Contrairement à ce qui est dit sur les réseaux sociaux. L'État avait fait son travail. Nous, DIRCO, avions mis du sel sur les chaussées.  En tant que responsable d'intervention, je n'ai jamais été mis au courant de cette demande de fermer l'autoroute et tout le personnel à ma disposition était en train de s'occuper des accidents ou de saler la route. Je n'avais donc pas le personnel pour fermer l'autoroute. Envoyer la circulation sur le réseau secondaire gelé aussi, où un bus était en travers. Ça n'aurait pas résolu le problème", se justifie Thierry Duchêne. 

Fermer une autoroute n'est d'ailleurs pas si simple. Il faut du personnel et seules les forces de l'ordre et les pompiers ont le droit de prendre cette décision. Il faut un arrêté signé par la préfecture qui n'a pas répondu à nos sollicitations à l'heure où nous publions ces lignes. Contactée, la gendarmerie n'a pas non plus donné suite.

Le mauvais temps s'installe pour la semaine en Limousin comme dans le reste de la France. Alors, il est préférable d'adapter sa vitesse aux conditions climatiques ou d'éviter de prendre sa voiture, si c'est possible.