Basket. Betclic Élite, Limoges CSP, abonnement, finances des clubs : Philippe Ausseur, président de la Ligue nationale, répond à nos questions

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En visite à Limoges au Centre de Droit et d'Économie du Sport, Philippe Ausseur, président de la Ligue nationale de basket, a répondu à nos questions. Deux semaines avant le début du championnat Betclic Élite le 16 septembre prochain, Philippe Ausseur mise sur un nouveau public et une meilleure exposition médiatique.

Le championnat de Betclic Élite est-il devenu plus passionnant avec la montée en puissance de certains clubs comme Monaco ou l'ASVEL ? 

Philippe Ausseur : C'est un championnat de plus en plus reconnu. Effectivement tirés par quelques locomotives comme ces clubs. Il y a un niveau beaucoup plus homogène et un développement des ressources important. C'est un très beau championnat avec, bientôt, l'exposition médiatique dont on rêvait. Il faut maintenant qu'on capitalise là-dessus. Mais on a beaucoup d'espoirs pour que le basket prenne de plus en plus de place. 

Le taux de remplissage des salles est plutôt bon ? Est-ce qu'il y a aussi un renouvellement des spectateurs ? 

Effectivement, les taux de remplissage ont été excellents, on n'a jamais été aussi bons. Certains disent que c'est l'effet Victor Wembanyama. Certes, il ne faut pas le nier, on avait une comète extraordinaire qui est passée dans notre championnat. Mais pas seulement, quand on regarde les taux de remplissage, les affluences, il n'y avait pas pour autant Victor Wembanyama à tous les matchs. Il y a un socle très important et on le voit également sur les matchs amicaux. Je vois des taux d'abonnement qui sont supérieurs à ce qu'on constatait les années précédentes. Cela veut dire que les signaux sont au vert et qu'il faut qu'on en profite en capitalisant là-dessus. 

Victor Wembanyama a permis une exposition internationale du basket français. C'est une formidable nouvelle pour le basket français. Mais est-ce que ce n'est pas regrettable de voir partir de telles pépites aussi jeunes, notamment aux États-Unis ? 

Il faut qu'on soit réalistes. À la fois par rapport à ce qui est l'économie du sport professionnel français en général et particulièrement le basket. On est dans un sport où le rêve ultime c'est la NBA, et ce sera toujours la NBA. Donc, il faut probablement qu'on accompagne cela. Il faut qu'on profite du passage de joueurs comme Victor Wembanyama pour mettre un peu plus le projecteur sur nos championnats. C'est d'ailleurs ce qu'il s'est passé. On a un public un peu nouveau, qui avait tendance à ne regarder que la NBA. Au travers de l'application NBA, ce public a vu des matchs du championnat de France et qui s'est dit, finalement, c'est un bon basket et je vais m'y intéresser un peu plus. Il faut qu'on tire profit de cela. 

Avant votre élection à la présidence de la Ligue, vous étiez en charge du conseil et du contrôle de gestion des clubs à la DNCCG. De nombreux clubs de l'Élite ont eu des difficultés financières comme Orthez, Gravelines, Lasvel et le Limoges CSP. Est-ce que la situation des clubs français vous inquiète ? 

Je ne suis ni inquiet ni positif, je crois qu'il faut prendre plus de recul par rapport à cela. Ces cas-là sont différents des uns des autres. Parfois la résultante avec de mauvais chiffres peut avoir des sources très différentes. On est surtout vigilants sur le fait qu'on rentre dans une réduction de l'Élite, qui passe de dix-huit à seize clubs. On peut avoir la crainte de ce qu'on appellerait "une course à l'armement non financée" parce que des clubs voudront absolument rester dans la BetClic Élite, sans en avoir forcément les moyens. Les revenus moyens de la BetClic Élite comme de la Pro B augmentent, donc quand on est dans cette dynamique-là, c'est plus facile à gérer. 

Et le Limoges CSP ? 

Il faut d’abord rappeler que ce club est l'une de nos places fortes historiques du basket, avec une image et une marque extraordinaires. Il faut absolument que le club retrouve la place qu’il mérite. C’est vrai qu’il sort d’une période de turbulences. C’est maintenant aux dirigeants et à l’ensemble des partenaires de faire en sorte que, dans un climat plus apaisé, tout le monde tire dans le même sens et que le club retrouve sa place.

On doit toujours avoir confiance. On peut en parler aussi au sujet de l’équipe de France. On a eu un accident, mais désormais, il faut qu’on se rassemble et qu’on aille de l’avant. C’est la même chose pour le Limoges CSP. Le premier travail, c'est celui des dirigeants, la Ligue aidera, elle accompagnera, mais elle ne pourra jamais se substituer à des dirigeants. 

Sur les aspects de la direction du club, il faut que les compétences soient au rendez-vous, quitte à ce que des choix un peu douloureux soient faits. Les intérêts économique et général doivent primer sur tout le reste. Mais je crois que cela prend la bonne voie. En tout cas, s’il le faut, la Ligue accompagnera sur cette voie-là.

Pour quelles raisons êtes-vous en visite au Centre de Droit et d'Économie du Sport ? 

D'abord par amitié pour Jean-Pierre Karaquillo, mais pas seulement. Le CDES a une place très importante dans l'économie du sport français. Avec des contributions notamment de réflexion et d'anticipation sur un certain nombre de sujets. C'est un partenaire de beaucoup de fédérations et de ligues, donc c'est important d'avoir ces échanges et cette discussion. 

Vous vous appuyez beaucoup sur leur expertise et leurs connaissances ? 

Tout à fait. Sur des sujets, le CDES fait référence donc c'est un autre emblème de la ville de Limoges. 

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