Blocage des taxis. Opération escargot à Limoges : "on nous demande de signer sans savoir exactement quels seront les tarifs"

À Limoges, comme dans de nombreuses villes de France, les taxis ont provoqué des ralentissements de circulation ce lundi, pour alerter sur les baisses de tarifs annoncées sur les transports sanitaires, qui mettraient en péril leurs entreprises.

Klaxons et feux de détresse en action, les taxis roulaient à 20 km/h dans les rues de Limoges au petit matin, ce lundi 29 janvier. Un tour de la place Jourdan, un concert de klaxon devant la CPAM, répondant à l'appel de cinq syndicats professionnels issus de deux départements, des dizaines de chauffeurs de taxi de la Haute-Vienne et de la Creuse ont ensuite mené une opération escargot dans les deux sens de l'autoroute A20.

Une opération afin de protester contre une nouvelle convention avec la Caisse d’Assurance Maladie modifiant la tarification des transports des patients. Près de 600 taxis seraient conventionnés en Haute-Vienne et en Creuse.

La tarification des transports sanitaires par véhicule sanitaire léger (VSL) est actée par une convention signée entre les taxis conventionnés et l'Assurance maladie. Une convention nationale, déclinée ensuite au niveau départemental. En Haute-Vienne, cette convention arrive à son terme au 31 janvier.

17% de remise en Haute-Vienne

Les chauffeurs de taxi rassemblés ce 29 janvier craignent une baisse de ce tarif conventionné, et dénoncent des négociations opaques : "on nous demande de signer sans savoir exactement quels seront les tarifs et les remises à appliquer", proteste l'un d'eux.

Le prix du kilomètre et la remise appliquée sur le tarif normal de la course varient selon les départements. "On est le deuxième département de France le plus élevé avec un taux de remise de 17%", explique un autre. "On redoute que ça continue. Si demain la remise augmente encore, c'est la marge de nos entreprises qui sera impactée, et ce sera très compliqué".

En zone rurale, ces courses représentent l’essentiel des ressources des chauffeurs. En théorie, les taxis de ville seraient moins touchés. Mais tous s'étaient donné rendez-vous ce lundi, et se disent prêts à renouveler l'opération s'ils n'obtiennent pas la possibilité de participer aux négociations de leurs tarifications. En Haute-Vienne et dans la Creuse, 600 taxis sont conventionnés pour réaliser des transports sanitaires.

Une réunion est prévue à 16h ce lundi 29 janvier à la CPAM.

Récit : Céline Serrano avec Caroline Huet