Confinement : la mère d'un enfant bloqué en Algérie se bat pour son retour à Limoges

Elyas devait passer des vacances chez ses grands-parents en Algérie. Mais la crise du coronavirus s'est invitée et le séjour se prolonge. Depuis deux mois et demi, le petit garçon vit loin de sa famille. A Limoges, sa mère, médecin, multiplie les démarches pour son rapatriement. 

Miassa Ebely-Hessas espère le retour rapide de son fils de deux ans
Miassa Ebely-Hessas espère le retour rapide de son fils de deux ans © M.Hes
Elyas est un tout petit garçon de deux ans. Sa mère, Miassa Ebely-Hessas est chef de clinique en gynécologie au CHU de Limoges, et quand les gardes médicales et les contraintes professionnelles se multiplient, elle a l'habitude de le confier à ses parents à Tizi Ouzou. C'est ce qui s'est passé le 7 mars dernier.
 

"Elyas se sent abandonné"


Miassa devait retourner chercher Elyas accompagnée de sa grande soeur le 13 avril et profiter de trois semaines de vacances en Algérie. Mais la crise sanitaire en décide autrement.

Le 17 mars, c'est le confinement, compliquant le retour d'Elyas, d'autant qu'il se prolonge. Le petit garçon n'a pas revu ses parents depuis deux mois et demi

Nous communiquons tous les jours par messenger, explique Miassa, mais aujourd'hui ça ne lui suffit plus. Il est énervé quand il nous voit, il se sent délaissé, abandonné. Il n'a que deux ans, il ne comprend pas du tout pourquoi on ne va pas le chercher. Je crains que ce qu'il vit aujourd'hui n'ait des répercussions sur sa vie future. 


La mère de famille sait qu'Elyas reçoit beaucoup d'amour auprès de ses grands-parents, mais aujourd'hui, elle voit à travers ses réactions qu'il a besoin de revoir sa famille, à qui il manque beaucoup.

Elyas est français, et sa vie est ici en France, auprès de nous. 

Les grands-parents d'Elyas ont d'ailleurs dû déclarer la situation du petit garçon auprès des autorités locales en Algérie car son visa de touriste avait expiré. 

 

Démarches au long cours


Quand elle ne travaille pas, la vie de Miassa est rythmée par les démarches pour le rapatriement d'Elyas.

Et elle frappe à toutes les portes, et à tous les étages : l'ambassade de France à Alger, le Président de la République française, la première dame, le ministère de la Santé, le Quai d'Orsay, le maire de Limoges. 

Parfois, on la rappelle, mais le plus souvent elle n'obtient aucune réponse

Elle saisit aussi toutes les opportunités de retour qui se présentent, comme les vols quotidiens avec Air France pour lesquels elle a envoyé des SMS chaque jour quand c'était encore possible, ou ce vol de la Lufthansa via Francfort prévu le 15 juin, ou encore ce ferry qui pourrait quitter Alger pour Marseille à la fin du mois.

 
Mais Miassa n'obtient jamais de réponse ferme et définitive sur une date de retour. En mai, en juin, en septembre, entend-elle parfois.

Beaucoup d'incertitudes difficiles à vivre pour elle mais aussi pour les milliers de Français coincés en Algérie, en Tunisie et au Maroc. Aujourd'hui, c'est aussi pour toutes ces personnes qu'elle livre son combat.
 
Miassa Ebely-Hessas se bat pour le retour de son fils
 

Un soupçon d'espoir ?


Aujourd'hui, son appel à l'aide commence à trouver un écho. Le préfet de la Haute-Vienne va "saisir le consul d'Algérie à Bordeaux pour débloquer la situation", indiquent les services de l'Etat.
 


Pierre Venteau, député de la Haute-Vienne l'a également contactée pour recueillir toutes les précisions sur sa situation afin de la soutenir dans ses démarches

Je me fais son relai auprès de la cellule de crise qui gère les rapatriements de Français au Quai d'Orsay. 

 

Pierre Venteau
Pierre Venteau © André Abalo

Une voix susceptible de peser dans cette affaire. Récemment un habitant de la Haute-Vienne coincé aux Etats-Unis a ainsi été rapatrié. Car le député s'est penché sur différents dossiers. 

Ils ont chacun leur particularité, explique-t-il. Dans le cas de cette famille il s'agit d'un bébé à rapatrier. Nous avons une autre situation d'un jeune homme d'origine algérienne, coincé en Algérie alors qu'il connaît peu le pays et qu'il n'a que très peu de famille sur place. 


Miassa a également reçu un message l'assurant du soutien du directeur général du CHU et du président de la CME, la commission médicale d'établissement, qui ont envoyé un courrier au consul de l'ambassade de France en Algérie


Des attentions qui la touchent, mais, dit-elle :

Je n'y croirai que lorsque je serrai enfin Elyas contre moi
 






 

 

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