Coronavirus. Médecin à Limoges, il est parti aider les soignants de l'hôpital de Mulhouse : "Ce virus est une vacherie"

Le docteur François-Olivier Ponson est anesthésiste-réanimateur à la polyclinique de Limoges. Pendant 5 jours, il est parti prêter main forte à ses collègues de l'hôpital de Mulhouse en Alsace, l'une des régions les plus touchées par le Covid-19. Il témoigne. 

Tout est prêt à la polyclinique de Limoges pour l'épidémie de Covid-19, mais alors que la vague semble épargner la Nouvelle-Aquitaine pour le moment, ils sont 5 médecins à avoir proposé leurs services à l'autre bout de la France. Tout comme 4 autres de ses confrères, le docteur François-Olivier Ponson, anesthésiste-réanimateur, a passé une semaine à l'hôpital de Mulhouse pour prêter main forte aux soignants alsaciens, submergés par les cas de coronavirus. Il revient pour nous sur cette expérience. 

Avez-vous été surpris par la situation au sein de l'hôpital de Mulhouse ?

On savait ce qu'on allait trouver là-bas. C'est éprouvant. Le virus est tout autour de nous. Les protocoles sont faits pour limiter tout risque d'infection. Nous avons des réflexes, que nous maîtrisons dans notre quotidien, mais là, ce sont des procédures plus lourdes, les masques, les lunettes... Mais je n'ai pas été surpris par la situation, je savais déjà que ce virus était une vacherie. 
   

Qu'est-ce qui peut surprendre face à cette situation ? 

Nous avons la chance, en Nouvelle-Aquitaine, d'être, pour l'instant, épargnés par la vague de l'épidémie. Malgré le confinement, la vie peut continuer, avec presque cette impression de "vie tranquille", alors qu'au sein de l'hôpital, c'est un stress permanent. Les soignants travaillent dans de terribles conditions. Il faut être très clair : c'est un virus qui tue.  
   

Comment la situation est-elle gérée ?

Les soignants sont épuisés, mais ils sont solidaires. Ils sont opérationnels. Nous n'y sommes pas allés pour organiser les soins. Ils sont déjà très rodés et font parfaitement face à la situation. Nous y étions pour les soulager. Notre présence a permis de faire de plus nombreux roulements entre les médecins. Ils ont pu souffler... un peu. Ce que j'ai vu, c'est une mobilisation exemplaire. Ils peuvent être fiers d'eux.  

 
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