Coronavirus : le père Pierre Sauvage, figure de l'action solidaire en Haute-Vienne est décédé du covid-19

Le père Pierre Sauvage / © Christiane Vigneron
Le père Pierre Sauvage / © Christiane Vigneron

Le père Pierre Sauvage est décédé mercredi soir, 25 mars 2020, au CHU de Limoges à l'âge de 85 ans. Né en Limousin, il a toujours été très actif auprès des plus démunis. Il est la troisième victime officielle du covid-19 en Haute-Vienne.

Par Cécile Gauthier

Connu de tous les acteurs de la solidarité en Limousin et bien au-delà, le père Pierre Sauvage est né à la Souterraine (Creuse) le 13 avril 1935. Ordonné prêtre 27 ans plus tard, il fut vicaire à Rochechouart (87) de 1962 à 1964, puis auxiliaire à l'église Sainte-Claire de 1964 à 1966. Il poursuivit sa carrière comme prêtre ouvrier, il travaillait pour l'entreprise Rouchaud à Limoges, aumônier des prisons, aumônier également du Comité Catholique Contre la Faim et pour le Développement  - Terre de Lien

Le père Pierre Morin vicaire du diocèse de Limoges est l'un des derniers à avoir pu parler au père Sauvage, par téléphone, peu de temps après son entrée au CHU de Limoges. Pour lui, le père Pierre Sauvage a marqué le diocèse par sa bonté :

Il a eu le soucis des autres jusqu'au bout. Je lui ai dit que nous, prêtres, nous priions pour lui, il m'a répondu de nous protéger avant tout. "Je ne sais pas comment j'ai attrapé cette saleté, mais vous surtout, protégez vous, faites très attention". Il a toujours pensé aux autres.


Et au diocèse les hommages se multiplient. Ceux qui l'ont bien connu louent sa simplicité, sa proximité avec la population, comme par exemple le père Emmanuel Dangin, curé à Guéret :

Il n'a pas attendu l'appel du pape François pour aller aux péripiphéries, au contact des gens. Derrière son côté brut de pomme se cachait un grand sensible. Brûlé par la soif de justice sociale et de fraternité humaine.


Très engagé, le père Sauvage, a été militant syndical (CFDT commission juridique), président du conseil des prud'hommes pour le collège des salariés. Il a également été aumônier de la maison d'arrêt de Limoges.

Pour le père Xavier Durand, curé à La Souterraine

Pierre aimait les partages de vie. Il recevait au presbyrère de Sainte-Thérèse, avenue des Ruchoux à Limoges, des réunions de prêtres et de laïcs, il préparait un bon repas, faisait part de ses convictions tout en respectant celles des autres. C'était un homme bon et un prêtre humble.

Pierre Sauvage était l'un des derniers prêtres ouvriers du diocèse. Son décès fait écho à celui de deux autres acteurs majeurs de la mission ouvrière, le père Bernard de Monvallier et le père Claude Boulaud, disparus il y a quelques semaines.

Le père Bernard Laflavandrie curé d'Aixe-sur-Vienne leur rend hommage :

Ce sont trois missionnaires de plein vent qui nous ont quitté.


Pour Paul Angleraud, président du Comité Catholique Contre la Faim et pour le Développement – Terre Solidaire pour la HauteVienne et la Creuse, Pierre sauvage etait un homme d'église très discret, qui ne faisait jamais de prosélytisme :

Son seul parti c'était les exclus, qu'ils soient sans toît ou sans terre, qu'ils soient d'ici ou d'ailleurs. Sa solidarité n'avait pas de frontière et il était parfaitement conscient des enjeux planétaires.


Et Paul Angleraud de rappeler également que Pierre Sauvage était l'un des piliers de l'association de réinsertion sociale du Limousin, membre de son conseil d'administartion depuis de nombreuses années.

 

Le père Pierre Sauvage était le frère de Paul Sauvage, ancien joueur international de football, décédé en décembre dernier.



 

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