Des fleurs locales et de saison : "il y a une demande des consommateurs", la filière de la floriculture bio se développe

C'est une filière qui émerge, la production de fleurs locales et biologiques. Elle séduit les fleuristes et les consommateurs, de plus en plus sensibles à la production écoresponsable. Les fermes de fleurs bio sont de plus en plus nombreuses en Haute-Vienne. En outre, elles remettent sur le devant de la scène des variétés locales et oubliées

À 34 ans, Angélique Debreilly, s’est engagée sur un chemin peu fréquenté, celui de la production de fleurs coupées biologiques. Depuis deux ans, elle cultive sur 800 m², une trentaine de variétés de fleurs, sans pesticides, ni engrais chimiques, afin de préserver le sol.

Elle utilise des méthodes ancestrales et laisse faire la nature : "Au départ, ce sont beaucoup de copeaux de bois, de gros morceaux de bois, qui vont se décomposer petit à petit, donc ça va apporter énormément de carbone. Et ça va s’incorporer dans la terre, et vu qu’on ne la travaille pas, il va y avoir le travail de toute la faune du sol, de tous les insectes qui ont leur rôle à jouer parce que chacun a sa place. Et nous, après, on n’a plus rien à faire."

La fleur : une industrie polluante

La floriculture bio et locale est une alternative prometteuse face aux flux d’importations.

Aujourd'hui, neuf fleurs sur dix commercialisées en France sont acheminées par avion, après leur culture en serres chauffées et éclairées. Des fleurs qui viennent traditionnellement des Pays-Bas, mais également de beaucoup plus loin, d'Afrique ou d'Amérique latine, par exemple.

Angélique Debreilly a rejoint le collectif de la Fleur Française. L'association prône la culture et la consommation de fleurs françaises, locales et de saison. Cette petite révolution, en cours depuis les années 2000 aux États-Unis, essaime dans le monde entier. En France, peu à peu, la filière se structure.

 

J’ai la sensation avec la culture des fleurs de faire un petit peu ce travail de préservation. Parce que mine de rien, toutes les fleurs étaient sauvages, elles n’avaient pas besoin de nous. Donc il y a un peu ce côté-là, de préserver, de ramener ces fleurs sauvages à la maison.

Angélique Debreilly

Floricultrice bio en Haute-Vienne

Quatre nouveaux producteurs installés en Haute-Vienne en seulement trois ans

Ils sont moins de dix floriculteurs en Haute-Vienne : face à une demande croissante, il y a un marché pour qui souhaite se lancer.

Après dix ans de salariat dans le secteur agricole, Hélène Dorémus, entame sa 3ᵉ année de conversion vers l’agriculture biologique. Un choix réfléchi : "Je suis allée voir les fleuristes dans le cadre de mon étude de marché, et il y en avait énormément qui étaient intéressés par la fleur française. Il y a une demande des consommateurs également. Moi, je fais des tournées, que ce soit les fleuristes à la campagne ou vers Limoges, sous forme de commandes chaque semaine."

Contrairement à la production industrielle entièrement sous serre, la production locale et naturelle doit faire face à un défi de taille : proposer des produits tout au long de l'année. Hélène Dorémus a sa méthode : "On débute avec les bulbes de printemps, au mois de mars, anémones, renoncules, tulipes, jonquilles. Et ça finit avec les chrysanthèmes en novembre en général, les dernières fleurs de l’année. Et moi, je fais aussi de la fleur séchée, donc ça me permet de proposer quand même quelques bouquets secs pour l’hiver."

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Les floriculteurs bio sont de plus en plus nombreux en Haute-Vienne. ©Marine Guigné, Mathilde Leconte, Chrystèle Reynard

 

Parmi, les points de livraisons, l'échoppe de cette ancienne ingénieure céramiste, devenue fleuriste à Couzeix (87). Aure Arcondeguy-Bach privilégie le savoir-faire, made in Limousin : "Quand je me suis installée il y a trois ans, la ferme florale la plus proche était à une heure et demie de route en Dordogne, et maintenant ça y est, j’en ai bientôt quatre à vingt ou trente minutes autour de l’atelier. Moi, ce que j’adore, c'est prendre mon téléphone, appeler la floricultrice et lui dire, "si tu es là, je passe dans vingt minutes et je viens chercher ce dont j’ai besoin pour ma compo, et je choisis directement dans son champ, ça n’a pas de prix."

 

Je choisis directement dans son champ, ça n’a pas de prix.

Aure Arcondeguy-Bach, artisan fleuriste, membre du collectif de La Fleur Française

 

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