Emmanuel Macron à la rencontre des agents des services publics à St-Léonard-de-Noblat

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Écrit par Thomas Milon

En visite en Haute-Vienne ce mardi 25 janvier 2022, le chef de l'Etat a visité la maison "France services", nouveau guichet de services publics et a voulu défendre son bilan en faveur de l'aménagement du territoire auprès de différents fonctionnaires.

Après les thèmes de la jeunesse et la question de la démographie médicale, abordés lundi 24 janvier en Creuse, il a été plutôt question de l'accès aux services publics de proximité ce mardi en Haute-Vienne. Sur cette question, l'Elysée a choisi la commune de St-Léonard-de-Noblat, où plusieurs ministres étaient déjà venus en éclaireurs en août dernier. Ils avaient visité la maison "France services" ouverte en mai 2020 où Emmanuel Macron s'est rendu ce mardi et qui aide les habitants dans leurs démarches avec Pôle emploi, la MSA, la CAF ou l'Assurance Maladie.

"Nous avons déjà reçu près de 1300 personnes, soit une vingtaine de rendez-vous par jour" indique une agent au Président à l'entrée. "On pensait recevoir plutôt des personnes âgées mais il y aussi des jeunes qui connaissent bien internet mais pas les démarches administratives".

Alain Darbon, maire de St-Léonard, a voulu alerter le président sur tous ceux qui peinent encore à joindre les différents services publics.

Il y a beaucoup de démarches dématérialisées et il ne faut pas laisser au bord de la route ceux qui ne maîtrisent pas ces outils, qui n'ont pas accès.

Martine, usagère de 76 ans vient de temps en temps. "On a tout dans la commune, on a préservé nos services publics, on a toujours une trésorerie mais ce n'est pas le cas partout en Haute-Vienne."

Un espace collaboratif

Les conseillers numériques qui oeuvrent dans les "France services" de Haute-Vienne sont formés notamment à "L'escalier" au pied de la collégiale où s'est rendu ensuite le chef de l'Etat.

Créé en novembre 2018, cet espace associatif est un organisme de formation où 28 personnes ont appris le développement web en 2019 et 2020 et qui vient de former 18 conseillers numériques qui vont travailler pour des collectivités et des associations.

"Ici, c'est un lieu catalyseur d'énergies du territoire. On veut continuer à accueillir les formations en dehors de Limoges" précise Elodie Lang, la directrice, arrivée ici il y a 5 ans et qui veut continuer à encourager "le lien social en zone rurale". A l'étage, plusieurs bureaux loués notamment par une psychologue, une coach en thérapie familiale et une fonctionnaire de la Région en télétravail. Justement, le presque candidat Président a ensuite pris la parole devant une trentaine d'agents de la fonction publique territoriale, hospitalière et d'Etat, la plupart travaillant dans le secteur, entouré de trois ministres.

Echanges avec des fonctionnaires

En dépit de la fermeture de services publics, comme les trésoreries, les bureaux de Poste ou les guichets SNCF, depuis plusieurs années, Emmanuel Macron a voulu encourager la fonction publique : "présence indispensable au maintien de la vie dans les territoires." "J'ai un message de confiance, d'investissement et d'avenir. Il faut une offre de services dans chaque canton. On a beaucoup parlé de métropolisation et du développement des grandes villes mais il faut désormais réinvestir les centres-bourgs" a-t-il déclaré.

Les agents ont pu poser quelques questions, parfois techniques, sur les indices des fonctionnaires ou le statut. "Je ressens aujourd’hui des difficultés de recrutement" dit cette responsable de ressources humaines à la communauté de communes locale. "La fonction publique ne fait plus rêver du tout, je pense qu’il est urgent de faire quelque chose. Pour les salaires, c’est très bien de revaloriser les catégories C toujours, je pense qu’il y a un vrai tassement de la grille indiciaire aujourd’hui. Si on regarde l’indice d’entrée en catégorie C ou en B, il est le même. Donc quel est l’intérêt pour les agents de se former, de passer des concours, d’essayer de progresser si à terme la rémunération est identique ?".  

Le Président est attentif aux questions mais parle d'avancées et de 43 000 places ouvertes aux concours l'an dernier. "Nous sommes une nation qui est attachée au service public. Cette invention française qui s'est ensuite universalisée, c'est aussi la force de notre modèle. Il faut le moderniser, il faut parfois le changer, quelquefois il faut accepter de bousculer les habitudes ou les corporatismes, mais pour défendre l'idée originelle et sa force, et continuer d'avancer." 

"Encore 500 nouvelles maisons France services doivent ouvrir en 2022, a-t-il souligné, afin d'atteindre 2.500 d'ici la fin de l'année, après les 2.055 déjà ouvertes comme promis en 2019. Il a aussi indiqué que son "agenda rural" fort de 181 mesures avait été réalisé à 93,5%.  

De son côté, le syndicat FSU en Haute-Vienne n'a pas été séduit par le discours d'Emmanuel Macron et par son bilan rural. "La visite d'une maison de service au public est emblématique de la politique que le Président s'emploie méthodiquement à mettre en œuvre depuis 5 ans : la destruction des services publics. Le pouvoir d'achat des agents publics est en chute libre en raison du gel du point d'indice… Qu'attendre du Président candidat sur tous ces sujets ? Rien si ce n'est la promesse de poursuivre cette politique désastreuse en cas de réélection".