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Greffe d'uterus : l'Académie de medecine donne son feu vert

L'Académie de médecine s'est déclarée mardi favorable à la poursuite d'un programme de recherche sur la transplantation d'utérus. Deux équipes françaises, à Limoges et Suresne, sont sur les rangs pour expérimenter cette intervention risquée et autour de laquelle subsistent des incertitudes.
Le CHU de Limoges pourrait être le premier établissement français à pratiquer une greffe d'utérus.
Le CHU de Limoges pourrait être le premier établissement français à pratiquer une greffe d'utérus. © France 3 Limousin
L'Académie de médecine s'est déclarée mardi favorable à la poursuite d'un programme de recherche sur la transplantation d'utérus, alors que deux équipes françaises sont sur les rangs pour expérimenter cette intervention risquée et autour de laquelle subsistent des incertitudes.

Déjà trois naissances dans le monde suite à des greffes d'utérus 


La prise de position de l'Académie intervient, alors que pour la première fois au monde, une femme a pu donner naissance à un enfant en Suède en septembre dernier après avoir subi une greffe d'utérus. La femme, âgée de 36 ans et née sans utérus en raison d'une maladie génétique, avait reçu l'utérus d'une amie de la famille âgée de 61 ans et ménopausée depuis sept ans lors du prélèvement.

Selon l'Académie de médecine, deux autres naissances de ce type auraient eu lieu depuis, sans aucune médiatisation.

Aucune grossesse n'a en revanche à ce jour été menée à terme dans le monde à partir d'un utérus prélevé sur une donneuse décédée, alors que ce type de prélèvement
ne présente pas de risque, selon l'Académie. Un prélèvement chez une donneuse vivante dure beaucoup plus longtemps et fait courir le risque de lésions de l'uretère.

Une expérimentation sur donneuses décédées déjà menée à Limoges 


Une expérimentation est menée actuellement "dans un but purement scientifique et sans projet de transplantation" sur des donneuses décédées à Limoges tandis qu'une équipe animée par René Frydman et Jean-Marc Ayoubi devrait, selon l'Académie, déposer prochainement une demande auprès des autorités sanitaires pour utiliser des donneuses vivantes dans le cadre d'une expérimentation à l'hôpital Foch de Suresnes.

L'Académie estime que les expérimentations doivent être poursuivies dans un cadre strictement réglementé mais souligne que "de nombreuses incertitudes et difficultés devront être surmontées avant que la transplantation utérine puisse trouver place dans un programme national de transplantations d'organes".

Parmi les bémols, l'Académie note qu'en ce qui concerne l'utérus, il est "souhaitable" que la donneuse soit jeune pour diminuer le risque de complications obstétricales chez la receveuse. Dans le cas des donneuses vivantes, poursuit-elle, il est "éthiquement discutable" de proposer l'ablation de l'utérus (hystérectomie) à une femme encore en âge de procréer, "même si elle dit avoir accompli ses désirs de grossesse".

Une solution alternative pourrait être de proposer le prélèvement d'utérus chez les transsexuelles féminines souhaitant devenir des hommes. Mais l'Académie reconnaît que la demande de l'ordre de plus d'une centaine d'utérus dépasse largement l'offre, limitée "au mieux à quelques dizaines".
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