A Limoges, les hôtels sont ouverts mais les clients sont absents

Contrairement aux bars et aux restaurants, les hôtels ont toujours le droit de recevoir des clients. Seul problème, les chambres restent vides pour la plupart. Les hôtels se retrouvent dans une situation très critique.
Hôtel en centre-ville de Limoges
Hôtel en centre-ville de Limoges © France 3 Limousin
Avec des taux d'occupation inférieurs à 10% en moyenne aujourd'hui, le secteur de l'hôtellerie prend de plein fouet ce second confinement. Le risque de fermeture définitive d'établissements est bien réel partout en Limousin. Plus de touristes, presque plus de commerciaux ... Difficile de réaliser le chiffre d'affaire dans ces conditions sanitaires. 

A Limoges par exemple, l'un des tous derniers hôtels sortis de terre en 2017, le Campanile, reste ouvert en semaine mais a fait le choix de fermer ses 105 chambres le week-end, faute de clients.

A Limoges, la situation est catastrophique. Sur la partie périphérique de la ville, les hôtels travaillent un petit peu en semaine essentiellement avec la clientèle ouvrière. Sur la partie centre-ville, c'est plus que catastrophique. On est sur un taux d'occupation en moyenne de 10%. Ce qui va faire de gros dégâts sur 2020 et 2021.

Antonino Pinelli, président de l'Union des Métiers et de l'Hôtellerie de la Haute-Vienne

Certains petits établissements ne parviendront sans doute pas à se relever de ces deux confinements. Les clients des hôtels s'arrêtent davantage sur les périphéries des villes car ils savent qu'ils ne pourront pas aller déjeuner ou dîner au restaurant. La priorité c'est de se loger. Dans ce contexte, les hôtels situés au bord des autoroutes font l'affaire. 

Le président de l'UMIH 87 explique qu'il reçoit de nombreux appels de professionnels qui ne savent pas comment ils vont s'en sortir et qui pensent déjà à déposer le bilan. 

En France, depuis le début de la crise sanitaire selon la profession, 47.000 emplois ont déjà été supprimés dans l'hôtellerie et 30.000 autres seraient menacés d'ici la fin de l'année.

La vie hôtelière en périphérie

Si les établissements en bordure de villes s'en sortent un peu mieux, ce n'est pas non plus une période facile. Le week-end, presqu'aucun client ne toque à la porte et la semaine, il faut composer avec quelques visiteurs qui se comptent sur les doigts des deux mains au mieux. Les commerciaux ne viennent plus. Une manne si importante pour les hôtels en temps normal. 
En bordure de l'autoroute A20, quelques clients s'arrêtent pour dormir à l'hôtel
En bordure de l'autoroute A20, quelques clients s'arrêtent pour dormir à l'hôtel © France 3 Limousin
Il faut donc faire des choix pratiques au quotidien. Si des projets d'investissement étaient engagés, il faut les repousser voire même les abandonner.

Du lundi au jeudi, on va réussir à avoir un taux d'occupation d'environ 50% au lieu de 70 à 80%. Et les week-ends, c'est la catastrophe. On fait 10 chambres par soir au lieu d'une trentaine. Voilà, on souffre.

Mathieu Guérin, propriétaire de l'Hôtel Originals Access

La seule clientèle qui semble pérenne aujourd'hui est celle des ouvriers des Bâtiments et Travaux Publics car les chantiers sont toujours autorisés. Certains hôtels parviennent à se maintenir grâce à cette population active. "C'est ce qui nous sauve aujourd'hui" assène le propriétaire de l'Hôtel Originals Access. 

En ligne de mire, les vacances de Noël. Personne ne sait aujourd'hui ce que le gouvernement va décider. Laissera-t-il les familles se regrouper et donc se déplacer notamment en province ?
Les hôteliers sont suspendus aux futures annonces du Chef de l'Etat. A ce jour, aucune visibilité n'est possible. 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
économie crise économique confinement santé société covid-19