Incendie d'un centre de recyclage de métaux : règles de sécurité, risque de pollution, comment faire face à ces accidents industriels

Après l'important incendie survenu dimanche 5 mai au matin dans une usine de traitement de déchets, aucun blessé n'est à déplorer et tout risque semble écarté pour les populations, tout d'abord confinées en raison d'importants dégagements de fumée. À quelle réglementation sont soumises les entreprises de ce type ? Sont-elles surveillées ? On fait le point.

Comment éviter l'accident industriel ? À Oradour-sur-Glane (Haute-Vienne), l'usine de recyclage de déchets Henault a subi un important incendie depuis les premières heures du dimanche 5 mai.

Le contexte de l'intervention est loin d'être aisé pour les pompiers qui sont parvenus à maîtriser l'incendie, lundi à la mi-journée, indiquant que tout risque était écarté pour la population.

Comment peut-on lutter contre ce type d’accident ?

Si le pire semble avoir été évité, reste que les matériaux stockés dans ce type d'entreprise sont hétéroclites. Il est donc essentiel d’identifier leur nature pour que les pompiers adaptent leurs moyens, qui sont limités. Pour repère, les lances ont débité jusqu'à "3 500 litres à la minute", rapporte un officier.

On emploie de la mousse pour tout ce qui est dégagement d'alcool ou d'hydrocarbures, car elle a un effet étouffant. Pour les feux de métaux, on évite l'eau - car ça provoque des projections incandescentes - et on préfère projeter du sable ou du ciment.

Lieutenant Martin

Officier du Service département incendie et secours (SDIS) de Haute-Vienne

Usines chimiques, distilleries, parcs éoliens, carrières, méthaniseurs ou usines de recyclage : toutes ces activités peuvent représenter un danger pour les riverains ou un risque pour l’environnement.

En France, on appelle ces entreprises des ICPE, soit des installations classées pour la protection de l’environnement. Toutes doivent se déclarer en préfecture à leur installation. C’est une obligation.

En fonction du degré de dangerosité des matériaux que ces entreprises détiennent, manipulent ou transforment, elles vont se déclarer en préfecture selon trois régimes différents :

  • la simple déclaration ;
  • l’enregistrement ;
  • l’autorisation.

Et dans le cas de l’entreprise d’Oradour ?

L’usine Hénault est une ICPE classée sous le régime de l’autorisation. Elle doit notamment :

  • contrôler les déchets qui arrivent sur site ;
  • Limiter les volumes stockés (créer des îlots par exemple) ; 
  • Disposer de réserves en eau à proximité ;
  • Disposer d’un bassin de collecte d’eau d’extinction pour éviter la pollution.

Comment faire respecter ces normes dans toutes les entreprises ?

Les services de l’État mènent régulièrement des contrôles de ces ICPE, et la DREAL nous confirme que la vigilance est de mise pour éviter tout type d'incident.

Mais tous les accidents ne sont pas prévisibles, et c’est peut-être le cas de l’incendie d’Oradour, dont on ne connaît pas encore la cause.

Néanmoins, contactés, les militants de France nature environnement estiment qu’en général "les moyens des services de l’État ne sont pas suffisants" pour réaliser tous les contrôles nécessaires.

Ainsi, Michel Galliot, contacté par téléphone, estime que "les industriels n’aiment pas non plus les contrôles et font pression sur ces services, on le voit aujourd’hui dans le monde agricole par exemple. On entend souvent qu’il y a trop de normes, mais on constate encore de gros accidents au niveau national dont le suivi n’a pas été assuré comme prévu. Les citoyens sont demandeurs de sécurité et de défense de l’environnement."

Ce dernier précise que les normes ne doivent pas être considérées comme une contrainte. "C’est un atout pour une société plus sécurisante et qui ne porte pas atteinte à l’environnement. C’est un peu comme le Code de la route."

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