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"J’aime découvrir des lieux que les autres ne voient pas": portrait d’un amateur d’urbex limougeaud

Nicolas, un jeune limougeaud de 19 ans fait de l’exploration urbaine (alias «urbex») depuis 3 ans déjà. Armé d’un appareil photo, il parcourt des zones abandonnés pour découvrir la ville et la campagne sous un autre angle. Portrait.
Nicolas explore des lieux abandonnés comme cette salle de cours dans une ancienne faculté près de Limoges.
Nicolas explore des lieux abandonnés comme cette salle de cours dans une ancienne faculté près de Limoges. © lemovolk
Des usines désaffectées, des châteaux à l’abandon, des anciennes cliniques,… Autant de lieux que Nicolas, 19 ans, a écumés en Limousin, en France, voire à l’étranger. Ce jeune limougeaud pratique l’urbex, autrement dit l’exploration urbaine d'endroits autrefois marqués par une présence humaine.

J’aime découvrir des lieux que les autres ne voient pas : des souterrains, des bâtiments, des toits… Je revisite la ville et la campagne sous un autre angle.

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Sa passion est née en Lorraine où il a passé une partie de son enfance. « Il y avait usine à l’abandon que je voyais de ma fenêtre. J’y allais pour faire des photos et j’en ai fait mon terrain de jeu. » Peu à peu, Nicolas a exploré d’autres endroits abandonnés et rencontré d’autres passionnées d'urbex, comme lui.

 

Décors de cinéma


Le jeune homme qui a fait des études de photographie ne part jamais sans son appareil. Son boîtier capte des scènes surréalistes, dignes de décors de cinéma, qu’il poste ensuite sur Instagram via son pseudo « lemovolk ».

Les lieux que j’explore sont souvent sombres. Ça donne une lumière originale à mes photos. L’ambiance est incroyable.

6.3 - CLOSED DOOR #abandonedafterdark #urbandecay #urbex #lifeofexploring #urbanphotography #neverstopexploring #Createexplore #urbanexplorer #urbanandstreet #exploreyourcity #Explore #Create #urban #street #city #Adventure #explorers #underground #visual

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Avec trois amis, il part à l’aventure « deux à trois fois par semaine ». Plus qu’un passe-temps, l’urbex « fait un peu partie de moi », avoue Nicolas. Et il en a vu du pays :

J’ai fait des trains, des avions, des châteaux, des usines, hôpitaux…

Depuis deux ans, il habite à Limoges et explore ses environs : une clinique détruite, une faculté abandonnée, un pensionnat... Nicolas aime beaucoup s'imaginer leur histoire. 

C'est comme si les gens étaient partis du jour au lendemain.

 

Endroits top secrets


Il découvre ces lieux grâce à un ami, par hasard ou en faisant des recherches poussées : « Je vais sur Google Earth [vue satellitaire] et je cherche un toit rouillé. Idem avec Google Street View : si je vois des fenêtres qui ont l’air condamnées, je vais voir sur place. »

Il garde pour lui ses trouvailles. Car l’urbex est régit par des règles : « ne rien voler, ne rien dégrader », et en conséquence, ne pas parler des lieux découverts. Il prendrait le risque que ceux-ci, à force d’être fréquentés, soient dénaturés.
 

C’est justement ce qu’il s’est passé en plein centre-ville de Limoges, place Jourdan. Nicolas, pousse une porte restée négligemment ouverte… et tombe sur le Cercle Turgot, encore intact. Fier de sa découverte, il y retourne à plusieurs reprises, mais l’information s’est propagée, et le jeune photographe voit peu à peu l’édifice se dégrader (une toile arrachée, une bibliothèque pillée,…) jusqu’à devenir un squat. Depuis, il n’y met plus les pieds. « Ce lieu me plaisait énormément », regrette-t-il.
 

Des situations délicates


Certains édifices abandonnés peuvent être dangereux, mais lui ne prend pas de risques inconsidérés.

J’ai déjà vu une personne traverser le plancher. Moi, si je ne le sens pas, je n’y vais pas.

Le jeune homme s’équipe aussi en conséquence : baudrier et cordage sont parfois nécessaires.

Les lieux visités sont souvent privés et il n’est pas rare que la police fasse irruption. Nicolas assure n’avoir jamais eu de problèmes : « Ils nous prennent pour des cambrioleurs mais dès que je leur montre mon appareil photo, ils se rassurent. » Sauf une fois :

L’été dernier, j’ai voulu monter sur les toits du Louvre. En grimpant sur une façade, mon ami a déclenché une alarme. En redescendant la police nous attendait : j’ai fait une garde à vue de 8 heures.

Mais les deux casse-cou sont chanceux : la plainte déposée par le musée est retirée et ils sont libérés.

A Limoges aussi, Nicolas est embêté de temps à autre par les autorités, quand il monte sur les toits. « Ils veulent qu'on ait des autorisations pour faire des photos d’ici, mais quand on les demande, on ne nous les donne pas. » Ironie du sort : le compte Instagram de la mairie de Limoges, partage souvent ses clichés non autorisés…

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Dans les jours à venir, Nicolas a prévu d'aller voir deux châteaux en Haute-Vienne. Et qui sait, peut-être tombera-t-il encore une fois sur un décor à couper le souffle...
 

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