Jiang Zemin était venu sur les terres corréziennes de Chirac, son décès ce 30 novembre réveille les souvenirs

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Écrit par Nassuf Djailani .

L'ex-président chinois Jiang Zemin est décédé mercredi 30 novembre à l'âge de 96 ans. Il avait aidé à rétablir le calme durant les manifestations pro-démocratie de 1989. Sa venue en France, notamment en Corrèze en 1999 avait été ponctuée de polémiques sur les droits de l’homme.

Une valse au bras de Bernadette Chirac, l’image rare d’un président chinois hilare est restée dans les annales de l’Histoire. La première dame de France dira même qu’il était un « bon danseur, un homme très chaleureux, un mélomane ». Un pas de danse imprévu mais « c’était très gai » ajoutera même madame Chirac sous les yeux amusés de Jacques. De la politique, de la diplomatie par la séduction suggérera le président Chirac plus tard lors de la conférence de presse commune.

Fallait-il tant d’égards pour un président d’un pays qui emprisonne des journalistes et qui occupe le Tibet entre autres ? Pendant son mandat, il procède à la répression du mouvement religieux Falungong. Fort de millions d’adeptes à l’époque, le mouvement est violemment réprimé.

Sans ciller, Jacques Chirac à l’époque président de la République dira à l’occasion d’une conférence de presse : « Lorsqu’on a des choses très sérieuses à discuter, il faut créer les conditions qui permettent cette discussion sérieuse. Et ces entretiens en Corrèze ont permis des discussions plus longues, plus approfondies, plus libres ».

Marque d’estime à l’époque, le président chinois avait accepté de rendre visite au président français dans son château de Bity (Corrèze). Le numéro un chinois se targue d’être un grand admirateur de la culture française comme le racontera Jacques Chirac dans ses mémoires.

« Politique glissant et sournois dont la priorité est de s’accrocher au pouvoir », selon les mots du professeur de Harvard Andrew Nathan, Jiang Zemin, qui ne devait être qu’un candidat de transition, a su tenir. En 2003, il entame toutefois son retrait de la vie politique en quittant la présidence et le secrétariat général du parti. Mais il conserve celle de la puissante Commission militaire centrale.

Il n'était pas le plus connu des grands leaders politiques de la Chine contemporaine, mais les changements qu'il a accompagnés dans son pays ont donné une dimension historique à ses choix. Il a, le premier, incarné le visage actuel de la République populaire de Chine. Celui d'une superpuissance de tout premier plan. Avec l’entrée de la Chine à l’OMC en 2001 par exemple.

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