Journée mondiale de l'autisme : découverte de sports adaptés à tous

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Reportage à Limoges (Haute-Vienne) de Colyne Rongère et Samuel Chassaigne. Interviews: - Sandrine Comte, mère d'Alexian. - Marie-Pierre Lavaud, coach Aixe BC Val de Vienne. - Pierre. - Lucie Chapeyron, agent de développement para-sport au comité départemental olympique et sportif de Haute-Vienne. ©FTV

Ce dimanche 2 avril s'ouvre la Journée mondiale de sensibilisation à l'autisme. L'occasion ce mercredi 29 mars de découvrir des sports à destinations de personnes avec autisme, au cours d'un forum adapté.

En Creuse, en Corrèze ou encore en Haute-Vienne... Des clubs proposent au cours d'un forum sportif des ateliers à destination des personnes avec autisme, quel que soit leur âge. Une première, alors que la Journée mondiale de sensibilisation à l'autisme s'ouvre ce dimanche 2 avril 2023.

L'objectif, permettre aux personnes atteintes de troubles du spectre de l'autisme (TSA) et aux familles de trouver une offre sportive adaptée.

"Je suis venue car mon fils est autiste et dysphasique (troubles du développement du langage oral, ndlr). Il fait déjà partie de l'ASPTT Toulouse et il voulait voir s'il y avait d'autres sports qui pourraient éventuellement l’intéresser pour l'année prochaine", raconte Sandrine, qui regarde avec attention son fils Alexian s'essayer au judo. "Ce sont beaucoup de petits jeux au sol, des roulades... Au niveau de la motricité et de la coordination, les progrès sont énormes. Et au niveau de la sociabilisation bien sûr, car il assiste à un cours 'classique' avec des enfants qui ne sont pas porteurs d'un handicap", sourit la maman. Le garçon est aujourd'hui totalement intégré à son groupe de judo.

Des jeunes de 6 à 20 ans

Cette section adaptée accueille tout type de handicap. Créée il y a quatre ans, elle a depuis beaucoup évolué. Deux éducatrices animent les ateliers, dont une basketteuse depuis une vingtaine d'années. "Aujourd'hui on a beaucoup plus de grands, le groupe est composé de jeunes de 6 à 20 ans", raconte Marie-Pierre Lavaud, coach Aixe BC Val de Vienne.

La petite Louise sait marquer, et même dribbler : "J'aime beaucoup ça !". Atteinte de trouble autistique, elle fait partie des premières à avoir intégré la section adaptée de son club de basket.

Les règles et les exercices sont adaptés aux singularités des jeunes sportifs : "On autorise les marchers, les reprises de dribbles..." explique l'entraîneuse. Le tout sous forme de jeux de récréation comme l'épervier ou le jeu du béret.

C'est un instant plaisir, c'est ludique. On a pas cette notion de compétitivité qu'on peut avoir dans un club sportif classique. L'objectif de cette section c'est d'amener certains à faire des entraînements avec leur classe d'âge.

Marie-Pierre Lavaud, coach Aixe BC Val de Vienne

Les bienfaits du sport

Et les effets se font sentir. Pierre considère le sport comme une aide précieuse face au quotidien qui peut parfois être difficile : "Je fais beaucoup de vélo, de course, de boxe, et ça m'aide beaucoup. Aujourd'hui je suis venu tester le basket. Au quotidien, tout est compliqué : faire un repas, gérer un budget, une organisation, un emploi du temps... Le sport est très enrichissant pour des personnes qui ont des TSA", nous confie-t-il.

Pourtant, les clubs présents au forum, qui accueillent déjà des personnes autistes ou qui en ont le projet, sont encore peu connus selon Lucie Chapeyron, agent de développement para-sport au comité départemental olympique et sportif de la Haute-Vienne, et qui travaille à mi-temps au handisport et au sport adapté.

On manque de visibilité. Il y a pourtant une vraie demande de la pratique pour tous. Quand on a un diagnostic autisme, on ne pense peut-être pas à s'orienter vers un club sportif mais c'est important, il faut que tout le monde ait accès au sport.

Lucie Chapeyron, agent de développement para-sport au comité départemental olympique et sportif de la Haute-Vienne

Dans les trois départements, ce forum est organisé conjointement avec la Ligue du sport adapté. Une deuxième édition est en projet pour l'année prochaine.

2 600 personnes autistes à Limoges

Gilles de Boncourt était notre invité au 12/13 de France 3 Limousin ce mercredi 29 mars. Le vice-président du Réseau des villes amicales pour l'autisme estime que "les autistes représentent à peu près 1,3% de la population. Pour une ville comme Limoges, cela représente 2 600 personnes."

Le Réseau des villes amicales est une association qui a pour but de venir en aide aux communes "pour leur permettre d'adapter leur accueil aux personnes différentes, autistes et ainsi les inclure", explique-t-il.

En Limousin, déjà plusieurs villes se sont engagées, comme Panazol, Feytiat ou Oradour-sur-Glane. D'autres, dans l'agglomération de la ville de Limoges, ont pour projet de rejoindre le réseau.

Ce samedi 1er avril se tiendra un colloque "Autisme et sport" à faculté de médecine et de pharmacie de Limoges. L'entrée, sur inscription, est gratuite.