"Les légumes auront du mal à arriver à terme" : les agriculteurs démunis face aux pluies incessantes

Cette année, le printemps particulièrement humide rend difficile le travail des agriculteurs qui cumulent les retards dans leur récolte et peinent à replanter. Une situation déconcertante pour certains. Exemple en Limousin.

Après un printemps sec l'an dernier, 2024 est marquée par des conditions météo particulièrement humides. Les précipitations de ces dernières semaines ont engendré du retard sur les plantations des agriculteurs.

Retard dans les récoltes

À Panazol (Haute-Vienne), Alexandra Rouchan est maraîchère au Jardin de cocagne. Elle a dû réorganiser certaines parties de son terrain : "La rotation du jardin est bouleversée. On a des parcelles dédiées aux plantations de patate qui ne sont pas utilisées. On est obligé de chercher un endroit qui n'était pas dédié."

Les conséquences du mauvais temps se mesurent déjà sur les plantations." Pour la patate, on a un mois de retard, sur les paniers aussi. Les légumes auront du mal à arriver à terme", affirme Alexandra.

La terre a également du mal à se réchauffer. La maraîchère prend exemple d'une plante de sa serre : "Le pied, qui mesure quinze centimètres, planté il y a environ quinze jours, devrait mesurer, à ce jour, au moins trente centimètres. Le manque de soleil nuit à son développement", se désole-t-elle.

Des pâturages humides

L'inquiétude gagne aussi les éleveurs qui voient le pré, pour faire pâturer les vaches, se transformer en boue. "Elles meuglent parce qu'elles n'aiment cette herbe mouillée. La Limousine s'est un peu embourgeoisée ces dernières décennies, ironise Ludovic Beyrand, éleveur de la commune. Même si on a laissé sécher, on a autre chose à faire quand il fait beau que de réparer les prairies. Ça va rester ainsi pour le moment. On essaiera de broyer les mauvaises herbes. Peut-être que le rouleau de la broyeuse réussira à aplanir les trous."

Il possède aussi une parcelle de maïs de douze mètres carrés qui a été réduite par le mauvais temps. "Là où on a réussi à passer, le maïs a été semé. À d'autres endroits, le maïs a pourri dans le sol, ça fait des trous. Il y a des endroits, où on a carrément laissé : il y a de l'eau partout, avoue l'éleveur. Si on décompte les différents endroits où il n'y a pas de maïs, peut-être qu'à l'arrivée, on a un demi-hectare ou un hectare." C'est donc de la nourriture en moins pour les vaches. L'éleveur devra peut-être acheter de la nourriture pour compenser les pertes, un coût supplémentaire.

Il est compliqué pour les agriculteurs d'anticiper des travaux avec une météo aussi changeante. Ils espèrent que le beau temps sera de retour bientôt et de manière stable.

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