Limousin : les Restos du coeur cherchent des bénévoles pour une campagne d'hiver qui s'annonce chargée

La distribution de repas et de denrées alimentaires pour les plus démunis n'a jamais cessé pour les Restos du coeur, même pendant le confinement. Dans la Haute-Vienne ou la Corrèze, ce sont désormais les bénévoles qui viennent à manquer à la veille de la 36e campagne d'hiver.
Pendant les périodes de confinement, les Restos du coeur ne se sont jamais arrêtés, et se sont adaptés (archives mai 2020)
Pendant les périodes de confinement, les Restos du coeur ne se sont jamais arrêtés, et se sont adaptés (archives mai 2020) © André Abalo
La demande n'a jamais été aussi forte qu'en ce contexte de crise sanitaire. À la veille de la 36e campagne d'hiver des Restos du coeur, qui sera lancée ce mardi 24 novembre, une chose est sûre : le nombre de bénéficiaires de l'aide alimentaire de l'association devrait exploser.

Plus de jeunes précaires


En Haute-Vienne, les inscriptions sont ouvertes depuis un mois déjà, et traduisent d'une augmentation de 20 à 30% de futurs bénéficiaires, selon Alain Depuichaffray, président de l'antenne départementale.

Un nouveau public fragilisé par la crise sanitaire vient désormais rejoindre les personnes traditionnellement accueillies.
 

On avait déjà eu 25% de bénéficiaires en plus pendant le premier confinement. Là on voit arriver de nouveaux profils, comme de jeunes étudiants ou des jeunes sur le marché de l'emploi. Il y a également des familles en chômage partiel qui passent la porte des Restos, même si pour elles c'est difficile.

 Alain Depuichaffray, président des   Restos du coeur de Haute-Vienne

Même constat en Corrèze, où des profils plus divers devraient petit à petit pousser la porte de l'association : "Pour ces gens qui se retrouvent au chômage, parfois très jeunes, et qui remplissent leur première inscription, c'est difficile, parce qu'il y a un mal-être, et une prise de conscience de leur situation de précarité", explique Annie Verdier-Marthon, responsable de l'antenne départementale. "Franchir le seuil, c'est le plus compliqué, mais on accueille les personnes quoi qu'il arrive, on les met en confiance, et ça se passe bien." Au niveau national, les jeunes de 18 à 25 ans représentent 10% des bénéficiaires de l’aide alimentaire.
 
Les points de distribution pour les personnes qui vivent dans la rue ont également vu leur fréquentation grimper de 40% pendant le premier confinement, en Haute-Vienne. Mais les Restos feront face cet hiver comme ils l'ont toujours fait, selon Alain Depuichaffray. "Tous nos centres son restés ouverts et resteront ouverts, on ne peut pas faire de pause parce que les gens dans le besoin, eux, n'en font pas"

Chaque année, ce sont autour de 900.000 repas qui sont distribués en Haute-Vienne, près de 600.000 en Corrèze, et environ 300.000 en Creuse. Mais le nombre de bénéficiaires est en constante augmentation : plus de 7.272 personnes en situation précaire ont pu être aidées en Haute-Vienne en 2019-2020, contre 5.850 personnes en 2018-2019.
 
Au centre de Brive, pour le premier jour de la campagne d'hiver, des bénéficiaires sont venus chercher leur aide alimentaire hebdomadaire
Au centre de Brive, pour le premier jour de la campagne d'hiver, des bénéficiaires sont venus chercher leur aide alimentaire hebdomadaire © P. Gauthier / FTV

C'est la deuxième année que Virginie, 35 ans, s'inscrit au centre de Brive-la-Gaillarde. Mère de cinq enfants, elle ne travaille pas à cause de son handicap, et son compagnon, qui l'aide à la maison, non plus. Alors, une fois les factures payées, les fin de mois sont difficiles : "Je préfère ne pas avoir de dettes, donc je paye ce que j’ai à payer, mais j’ai besoin, financièrement, d’avoir une aide alimentaire. Il y a de tout, en période de fête on a des petits chocolats, des choses qui remontent le moral quand on ne peut pas trop se permettre... et ils sont très aimables et très humains ici, donc ça aide." 

Manque de bénévoles

Lors du premier confinement, les Restos du coeur avaient bénéficié d'un surplus de bénévoles, venus aidés ponctuellement face à l'ampleur et la nouveauté de la crise. Un élan de solidarité que les centres aimeraient pouvoir voir survenir de nouveau pour cette nouvelle vague.
 

En mars, on a eu un afflux tel de bénévoles qu'on a dû refuser du monde, parce qu'avec les règles sanitaires on ne pouvait pas être plus d'un certain nombre au même endroit. Mais avec 60% de nos bénévoles habituels qui se sont mis en retrait, on a besoin de bras pour laisser un peu souffler ceux qui sont restés.

Alain Depuichaffray

En Corrèze également, de nombreux bénévoles, souvent à la retraite, et parfois âgés de plus de 70 ans, préfèrent rester chez eux. Annie Verdier-Marthon appelle donc toutes les personnes qui voudraient apporter leur aide à se faire connaître, que ce soit pour les soutenir ponctuellement ou même pour prendre des responsabilités. "Nous avons souvent des propositions de personnes qui voudraient aider après le travail, le soir, ou le samedi, mais nous avons surtout besoin de personnes l'après-midi, aux horaires d'ouverture de nos points de distribution. Mais en Corrèze, nous cherchons aussi des bénévoles qui pourraient faire de la formation, de la communication, ce qui demande plus d'engagement."
 

Nous allons y arriver, même si c'est plus lourd cette année, on ne laissera personne sur le bord de la route.

Annie Verdier-Marthon, présidente des Restos du coeur de Corrèze

Les Restos ont notamment besoin de renfort dans leurs centres de distribution (18 en Haute-Vienne, 16 en Corrèze et 12 en Creuse) pour accompagner les personnes accueillies, ainsi que dans les entrepôts, pour préparer les livraisons dans les centres, et aller chercher les dons alimentaires chez les partenaires.
 

La banque alimentaire est également très sollicitée en cette période, et devrait organiser sa collecte d'hiver dans les grandes surfaces le week-end du 27 au 29 novembre prochain.
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