Dans la maison rouge, ou l'histoire croisée de la maison du peuple de Limoges et des luttes syndicales en Haute-Vienne

© La Chambre aux fresques
© La Chambre aux fresques

Au coeur de Limoges, la maison du peuple symbolise la mémoire de son histoire sociale. En 1981, la radio libre de la CGT, Radio Luttes, s'installe dans ce lieu. Un film-documentaire évoque l'histoire de l'engagement syndical en Haute-Vienne. 

Par Christophe Zirnhelt

En croisant l'histoire de ce bâtiment, celle des militants et des émissions de Radio Luttes, c'est bien plus qu'une époque que le documentaire raconte, ce sont des vies construites autour de l'engagement syndical. 

Au 24 de la rue Charles Michels le bâtiment ne passe pas inapperçu pour qui sait porter son regard dessus. La maison du peuple a été inaugurée le 7 juin 1936, au moment où les accords de Matignon étaient signés par le Front Populaire à Paris. Depuis, elle a traversé toutes les périodes plus ou moins joyeuses de notre société.

Aujourd'hui, les passants sont plus nombeux à rejoindre les bars et restaurants de la rue désormais réputée pour ses animations qu'à pousser la porte de ce lieu emblématique de l'histoire sociale de la ville. 
 

Une architecture parlante 

Dans la maison rouge raconte une architecture en lien avec les volontés de lutte sociale d'un syndicat : la CGT. Tout ici semble immuable.
Dès l'entrée, sitôt gravies les quelques marches couvertes d'un carrelage d'origine, l'immense hall impose par ses dimensions. Il fallait montrer le pouvoir du peuple, sa capaccité à s'élever ce qui explique une hauteur monumentale au coeur du bâtiment. 
A l'intérieur, la CGT a marqué le sol, les vitraux, les murs. Tout rappelle que le syndicat a été créé à Limoges en 1895 

Ci-dessous, le sigle de la CGT orne le sol du hall : 
La CGT inscrite dans le sol / © Christophe Z
La CGT inscrite dans le sol / © Christophe Z
Les vitraux de la salle des fêtes accueillent les 3 lettres du syndicat : 
 
Les trois lettres du syndicat sur les vitraux / © Christophe Z
Les trois lettres du syndicat sur les vitraux / © Christophe Z

Derrière des portes-battantes, une salle des fêtes porte l'histoire des luttes sociales de la ville résumées dans une immense fresque qui surplombe la scène : 
 
la fresque de la salle des fêtes / © Christophe Z
la fresque de la salle des fêtes / © Christophe Z
C'est dans cette salle qu'a eu lieu le 12 décembre dernier la projection du film-documentaire  Dans la maison rouge.

Une projection symbolique 

Ils étaient plus de 160 à se presser pour découvrir en avant-première le film des réalisatrices Sylvie Texier et Marie-Elise Beyne. Un documentaire co-produit par France 3 Nouvelle-Aquitaine et La chambre aux fresques. 

Des adhérents et militants de la CGT bien-sûr mais aussi celles et ceux qui ont participé au tournage (de jeunes lycéens curieux, des militants historiques...) ont pris place dans une salle des fêtes unique dans son décor, son accoustique et sa luminosité.

Ils ont eu le privilège de visionner une version longue de 66 mn alors que sera diffusée à l'antenne la version d'une durée classique de 52 mn. 
Toutes et tous ont été touchés de voir ce film projeté dans ce lieu qui abrite aujourd"hui les bureaux de la CGT du département de la Haute-Vienne. Attentifs aux archives sonores de Radio Luttes, certains ont retrouvé l'ambiance des combats sociaux des années 80, avec des militants et des militantes engagés pour le collectif et dans un esprit de solidarité très fort. D'aucun ont regretté que cet esprit ne soit plus le même aujourd'hui.

Un film riche de témoignages 

Dans la maison rouge n'est pas un documentaire sur la CGT, c'est un film sur des luttes sociales qui ont marqué un territoire, forgé les personnalités de nombreuses femmes et de nombreux hommes. C'est aussi l'histoire de la transmission, d'ailleurs la maison de peuple héberge l'IRHS (Institut Régional de l'Histoire Sociale) créé en 1983 par Henri Chartreux avec l'aide de Georges Séguy, sécrétaire générale de la CGT de 1967 à 1982. Les témoins de ces revendications sont nés après la seconde guerre mondiale. Ils ont connu le plein emploi, les trente glorieuses puis Mai 68 avant les désillusions des années 80. Leurs paroles donnent chair au syndicalisme. Leur regard sur la société n'est plus le même bien-sûr mais leur motivation à la mobilisation semble intacte. 
 
La salle des fêtes : le public accueilli par Jean-François Karpinski (conseiller des programmes - France 3 Nouvelle-Aquitaine) et Thomas Schmitt (producteur - La chambre aux fresques) / © Christophe Z
La salle des fêtes : le public accueilli par Jean-François Karpinski (conseiller des programmes - France 3 Nouvelle-Aquitaine) et Thomas Schmitt (producteur - La chambre aux fresques) / © Christophe Z

A l'issue de la projection, le public a eu du mal à quitter la salle mise à disposition par la Ville de Limoges. Nombreux furent les échanges nourris par un sujet : les luttes sociales passées et celles à venir.

La maison du peuple est de moins en moins appelée la maison rouge. Elle est, encore aujourd'hui, habitée par la CGT départementale même si elle n'a plus l'exclusivité du syndicalisme. 

 

Dans la maison rouge : 

Diffusion sur France 3 Nouvelle-Aquitaine  : le lundi 16 décembre à 23h00 et le vendredi 20 décembre à 9h15
Disponible pendant 30 jours après la première diffusion sur notre site na.france3.fr 

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