Mélissa, itinéraire d’une jeune bipolaire

Mélissa a 27 ans. Il y a quatre ans, elle a été diagnostiquée bipolaire. Une libération pour cette jeune femme qui souffrait sans le savoir de cette maladie méconnue. Aujourd'hui, elle a appris à vivre avec ce handicap, pour en faire une force.

© Robin Spiquel - France 3 Limousin

Les troubles bipolaires touchent entre 1 et 2,5 % de la population française. Cette maladie mentale chronique, Mélissa a dû apprendre à vivre avec. Depuis huit ans, elle oscille entre des phases d’euphories appelées manies et des phases de dépression. Pendant longtemps, la jeune femme vivait sans comprendre le mal qui l’habitait. À l’apparition des premières phases ni elle ni sa famille ne savait comment réagir.

Puis, alors qu’elle fait ses études à Montpellier, Mélissa disparait pendant deux jours. Ses parents finissent par la retrouver dans un état d’excitation anormale. Ils l’accompagnent au centre Esquirol à Limoges. Après 4 ans de troubles, le diagnostic est enfin posé.
 

Je voyais bien que ça faisait des années que ça n’allait pas, et ça m’a fait du bien de pouvoir mettre enfin un nom sur tout ça. 

Mélissa Coutand


Un retard au diagnostic qui est assez fréquent chez les jeunes atteints de troubles bipolaires. Pour Mathieu Parneix, psychiatre au Centre Hospitalier Esquirol de Limoges, ce délai est dû à une difficulté d’identification des phases maniaques, moins marquées chez les jeunes.

Mélissa est aussi hypersensible, un terrain fertile pour la bipolarité. Elle explique qu’un traumatisme peut être à l’origine d’un tel basculement. Aujourd’hui elle va mieux et a la chance d’être accompagnée par sa famille. Ils ont eux aussi appris à comprendre cette maladie. Pour sa mère, il a fallu se libérer d’un sentiment de culpabilité.
 

On ne s’accuse pas d’avoir une maladie dans d’autres cas. Ce n’est pas par ce que c’est une infection mentale que c’est différent.

Marie-Line Barjou, mère de Mélissa


Pour se soigner, Mélissa prends des médicaments mais s’impose aussi une hygiène de vie très régulière. Afin d’éviter une trop forte amplitude des phases maniaques et dépressives, les personnes atteintes de troubles bipolaires doivent éviter les excès. Mélissa veille à respecter des horaires de sommeil précis et dans la journée elle a ses routines. Une séance de yoga avant le petit-déjeuner, puis une séance de méditation. Elle est en permanence à l’écoute de son corps.

L’après-midi, la jeune fille de 27 ans aime aussi aller se balader. Souvent, elle se rend à Aixe-sur-Vienne, dans un studio qu’elle a aménagé avec ses instruments de musiques. Dans ce petit cocon, elle enregistre des textes, joue du handpan ou exerce ses pas de danse. L’art, et la musique en particulier, font partie intégrante de sa thérapie. Ils lui permettent d’extérioriser ce qu’elle ne peut dire avec des mots. Son hypersensibilité l’aide à créer. Pour elle, il s’agit d’un véritable don.
 

On capte tellement de choses quand on est bipolaires. On a besoin de le faire ressortir. Alors parfois je pleure, et parfois je magnifie ces émotions avec la musique. 

Mélissa Coutand


Un don qui lui sert aussi dans sa vie professionnelle. Après plusieurs années passées dans le domaine de l’animation et de la petite enfance, Mélissa espère aujourd’hui faire de l’art-thérapie son métier.   

 

Portrait de Mélissa, jeune femme bipolaire ©France 3 Limousin

 

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