"Mon corps le réclame" : le yoga comme traitement de la maladie

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Les bienfaits du sport dans la maladie ne sont plus à démontrer. Rencontre avec une femme victime d'une grave pathologie rhumatologique, pour qui la pratique du yoga a tout changé. ©Margaux Blanloeil et Lola Bodin-Adriaco

Les bienfaits du sport sur la maladie ne sont plus à démontrer. Pour certaines pathologies rhumatologiques, le yoga, notamment, est une pratique qui s'apparente à un véritable traitement. (Première publication le 1ᵉʳ novembre)

Il y a dix ans, Audrey Tirvert s'est vue diagnostiquer une grave maladie inflammatoire, un lupus, auquel s'ajoute une seconde pathologie particulièrement handicapante au quotidien : une spondylarthrite ankylosante. "Ça crée des douleurs comme si ça brûlait dans le dos. Dès que je suis allongée trop longtemps, j'ai mal au dos. Dès que je suis debout trop longtemps, j'ai mal au dos. J'ai du mal à marcher, à me mouvoir, c'est une douleur sourde qui est là en permanence", décrit la jeune femme.

Pour Audrey Tirvert, le yoga va devenir une bouée de sauvetage. La découverte de cette activité physique lui fait du bien, apaise ses douleurs. Elle le pratique dix heures par semaine, et au bout de trois ans, se met à enseigner elle-même la discipline, plus particulièrement le yoga aérien, à l'aide de hamacs suspendus dans les airs.

Pour elle, les bénéfices sont immenses : "Je dors mieux, même si j'ai beaucoup de douleurs la nuit. Et puis je vis normalement. Je n'ai eu aucun arrêt maladie depuis trois ans, alors qu'avant, j'étais arrêtée jusqu'à six mois par an ! Le yoga, quand je n'en fais pas, mon corps le réclame, il me réclame de s'étirer, se tordre, se mobiliser. C'est comme si je devais avoir un cachet, mais le cachet, c'est le yoga, naturel, simple..."

Le sport sur ordonnance

Promouvoir l'activité physique pour les personnes malades, c'est ce que fait l'association Limousin Sport Santé depuis 2015. 
Chaque jour, des cours sont dispensés par des éducateurs d'activité physique adaptée, comme Marion Bertin qui travaille notamment le renforcement musculaire : "L'idée, c'est de les éduquer à ces mouvements-là pour qu'ils aient une bonne position et ne se fassent pas mal. Et qu'ils aient aussi une base de travail si, derrière, ils s'inscrivent à une association sportive, ce qui est le deuxième objectif".

En Haute-Vienne, 400 personnes suivent ces séances gratuites, prescrites par un médecin. Elles s'adressent à des personnes atteintes de problèmes rhumatologiques, de cancer, diabète ou obésité.

"C'est un traitement préventif qui est pris en traitement secondaire, une fois que la maladie est déjà là pour éviter l'aggravation, et aussi en prévention tertiaire quand on est au stade des complications pour éviter d'évoluer vers l'invalidité", explique le Dr Jean-Luc Bugeaud.

Depuis la loi de 2016, le sport peut être prescrit par les médecins comme un traitement pour les personnes atteintes d'une affection de longue durée. C'est ce qu'on appelle "le sport sur ordonnance".