"On reste optimiste, et on espère qu'un repreneur va se manifester", Cheikh Ould Mohamed, représentant du personnel Easydis à Limoges

Les salariés de l'entrepôt Easydis appartenant au groupe Casino continuent de se battre pour sauver leur emploi. Ils sont 94, plus 10 salariés d'une autre filiale du groupe basée en zone Nord à Limoges. Une délégation du personnel et de la direction du site de Limoges est reçue en préfecture ce lundi 17 juin. Mais la campagne des législatives instaure une période de réserve. Les parties doivent se retrouver en juillet au lendemain des législatives.

"On compte sur toutes les aides possibles et d'où qu'elles viennent" répète le délégué syndical Cheikh Ould Mohamed de l'UNSA chez Easydis. Le préfet de la Haute-Vienne reçoit une délégation ce lundi 17 juin à 15h30. Une délégation composée des principaux syndicats (UNSA et CFE CGC). L'occasion de faire le point sur les négociations dans le cadre du plan de sauvegarde de l'emploi.

Sécurisation de l'emploi.

Les salariés qui sont au nombre de 94 (CDI plus 10 autres salariés) d'une autre filiale du groupe Casino, continuent d'aller au travail tout en sachant que le site va être fermé. Seul lot de consolation, une résolution a été votée à l'unanimité le 12 et 13 juin dernier dans le cadre d'un CSE central à Saint-Etienne. Il s'agit d'un plan de sécurisation du parcours des salariés.

Concrètement, tout salarié qui souhaite faire une formation sérieuse, ou qui a l'opportunité de prendre un CDD de 6 mois, peut le faire avec la garantie de pouvoir revenir dans l'entreprise pour toucher une indemnité de licenciement à la fin du PSE au mois de septembre prochain.

À l'entrepôt de Limoges, l'activité continue, mais tourne au ralenti. 7 000 colis sont traités par jour contre 25 000 colis il y a encore quelques mois. La situation est complexe, avec un groupe qui maintient de l'activité alors même que les perspectives de sauver le site sont plus que "floues", selon l'expression employée par certains salariés dépités.

Il n'empêche que les organisations syndicales ne veulent pas baisser les bras. Plusieurs élus et parlementaires sont venus visiter le site, à la demande des syndicats. À commencer par l'ancien député LFI Damien Maudet (candidat à sa réélection pour le Nouveau Front Populaire), le maire de Limoges, ou encore le président de Limoges Métropole, Guillaume Guérin (LR). La vice-présidente de la Région Nouvelle-Aquitaine, Andréa Brouille (PS), est également venue écouter la détresse des salariés, en affirmant tout mettre en œuvre pour "les aider, les accompagner à trouver un repreneur".

Un potentiel repreneur ?

La question qui se pose aujourd'hui, c'est celle d'un repreneur potentiel. Seulement voilà, aucun groupe ne s'est manifesté pour une éventuelle reprise du site. Ce qui n'est pas fait pour rassurer les salariés. Dans le cadre de la loi Florange, un cabinet a été mandaté par le groupe Casino pour une recherche active d'un investisseur. C'est le cabinet Oneida qui doit se déplacer sur le site de Limoges le 25 juin dans le cadre d'un CSE extraordinaire. Un second cabinet (Alexio) est en charge de l'accompagnement des salariés.

Fin du PSE en septembre

Cela dit, même si la fermeture du site a été décidé par le groupe Casino, les lettres de licenciements ne sont pas encore parties. Ce qui n'empêche pas ceux qui le souhaitent de commencer à prospecter pour trouver un emploi ailleurs. Sachant que le PSE se terminera le 7 septembre.

Rendez-vous en préfecture

Ce rendez-vous de ce 17 juin était prévu bien avant la décision du président Macron de dissoudre l'Assemblée nationale et de convoquer de nouvelles élections législatives. "Nous sommes agréablement surpris que le préfet maintienne le rendez-vous, nous allons en profiter pour continuer de nous faire entendre", confie le délégué UNSA Easydis. Même s'il reconnait qu'aucun repreneur ne s'est manifesté à ce jour, "nous avons encore cet espoir de convaincre", "mais nous savons que c'est forcément un grand groupe qui sera en capacité de le faire", puisqu'il faut tenir compte des charges de fonctionnement annuelles qui s'élèvent à 12,8 millions d'euros par an (masse salariale, loyer, électricité notamment).

Appel aux élus

Avec ces législatives du 30 juin et 7 juillet prochain, les salariés en appellent à tous les élus (parlementaires de tous bords, précisent-ils), pour les aider à ne pas voir fermer leur lieu de travail où certains ont passé plus de 30 ans.

Le site de Limoges, c'est 58 000 m², l'un des plus grands entrepôts de la région, où les salariés continuent d'espérer un changement au lendemain du 7 juillet.

Une table ronde doit d'ailleurs se tenir à la préfecture de la Haute-Vienne, le 12 juillet, cinq jours après les élections législatives, à 9h30, en présence d'Isabelle Briquet (sénatrice PS de la Haute-Vienne), Christian Redon-Sarrazy (sénateur PS de la Haute-Vienne), Jean-Claude Leblois (président PS du Conseil départemental de la Haute-Vienne), Guillaume Guérin (président LR de Limoges Métropole), et Andréa Brouille (1ʳᵉ vice-présidente PS du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine).

Pour rappel, le groupe Casino veut se séparer de 762 salariés de la filiale Easydis en France, dont une centaine à Limoges.

 

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