Politique. Maires de petites communes : une vocation en crise

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Le rendez-vous mensuel "Droit de cité " de France 3 Limousin évoque en ce mois de janvier le malaise des Maires. Annaïck Demars reçoit Philippe Barry, président des maires de Haute-Vienne et maire de Saint-Priest-sous-Aixe et Arnaud Raffier, Secrétaire CGT 87 ©France 3 Limousin - France Télévisions

Le malaise des maires n'est pas nouveau, mais il semble de plus en plus profond pour ces élus de proximité qui font face à de nombreuses difficultés. Et cet hiver 2023 sera celui de la rigueur et des charges. Analyse.

En ce début d’année, les maires sont sous tension. D'ici au 15 avril, ils vont devoir boucler leur budget. Des budgets difficiles à boucler en raison de la crise énergétique qui affecte les finances de ces collectivités locales. C’est le cas, par exemple, du maire de Bort-les-Orgues en Corrèze - dont le témoignage est également à lire sur France 3 Nouvelle Aquitaine - qui ne cache pas ses inquiétudes. 

Le ressentiment du maire de Bort-les-Orgues reflète plutôt bien celui de ses collègues. Il correspond parfaitement à celui des maires de moins de 3500 habitants. Ces dernières représentent 80% des collectivités locales en France. Les plus de 3500 habitants ne sont que 3173 sur un total de 35 000 communes, mais bien évidemment, ces "grosses communes" ont avec elles la puissance démographique.

Un malaise profond

On peut parler de malaise structurel. Il trouve son origine, d’après Martial Foucault, le Directeur du CEVIPOF, le centre de recherche de Sciences Po, dans la crise financière de 2008. À partir de cette date, les territoires fragiles vont l’être davantage et les plus solides, les métropoles, vont se consolider. Pourquoi ? Parce que l’État cesse d’assumer pleinement son rôle de redistributeur. Il se met en retrait et demande, en particulier, aux communes de réaliser un effort budgétaire.

 

La crise de 2008 est-elle la seule cause du malaise ?

Non, car la loi NOTRE de 2015 est passée par là. Elle donne plus de pouvoirs aux régions, aux intercommunalités. Résultat, les maires se sentent perdus. À cela s’ajoute les violences dont ils sont victimes. Depuis deux ans, tous les voyants sont au rouge : incivilités, injures, insultes, harcèlement moral, attaques sur les réseaux sociaux. Cette culture du clash touche désormais les petites communes rurales qui accueillent de nouvelles populations exigeantes vis-à-vis du maire et indifférentes à la vie du village. Ce qui se traduit par des abstentions record et des conseillers municipaux qui démissionnent de plus en plus souvent.

La crise énergétique, la goutte d'eau qui fait déborder la vase

Dans une récente enquête, une majorité confirme ce que l’on sait déjà. Cette crise les oblige à réduire l’éclairage public, moins chauffer les bâtiments publics, stopper l’achat de fournitures et freiner les investissements, notamment ceux qui touchent à la transition écologique et au logement. Deux enjeux pourtant jugés primordiaux par l’ensemble des Français qui, malgré tout, continuent d’affirmer que les maires, ces sentinelles de la République, sont encore et toujours leurs élus préférés.

Sur cette thématique, à découvrir aussi notre rendez-vous mensuel "Droit de cité " dans le replay ci-dessus. Annaïck Demars reçoit Philippe Barry, président des maires de Haute-Vienne et maire de Saint-Priest-sous-Aixe et Arnaud Raffier, Secrétaire CGT 87.

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