Reconstruction de Notre-Dame de Paris : le Limousin partie prenante du projet

A l’aube du lancement du chantier de reconstruction de la cathédrale Notre-Dame de Paris, tour d’horizon des acteurs locaux qui participent activement à ce projet.

Le projet est énorme ! Près d’un milliard d’euros de budget, 5 ans minimum de chantier, 1300 chênes et au moins 450 artisans mobilisés. Parmi eux, certains sont originaires du Limousin.

C’est le cas de Stéphane Mazières, co-gérant de la scierie "Établissements Mazières" implantée depuis trois générations à La Chapelle-Montbrandeix, en Haute Vienne. 180 m3 de bois lui ont été confié, pour la restauration de la flèche de Notre-Dame.

On est la plus grosse scierie de feuillus du Limousin. C’était pour nous un privilège de fournir gratuitement notre savoir-faire pour la restauration de cet édifice. Nous avons déjà participé à d’autres chantiers gratuitement. C’était le cas notamment pour la restauration de la petite église de notre commune, La Chapelle-Montbrandeix.

Stéphane Mazières, co-gérant de la scierie Établissements Mazières

Livrés en juillet dernier, les bois seront sciés la semaine prochaine gratuitement par l'entreprise. "Je ne suis pas plus croyant que ça, mais c’est un chantier d’exception. Il y a une satisfaction personnelle à prendre part à ce projet. Je peux vous dire que les chauffeurs qui récupèrent le bois n’auraient laissé leur place pour rien au monde", ajoute Stéphane Mazières.

 

"On est privilégiés"

Et justement, parmi les chauffeurs qui contribuent à la restauration de ce chantier, là-aussi le Limousin est représenté. Les Transports Semblat et fils, basés à Voutezac, en Corrèze ont de leur côté acheminé les statues des apôtres de la flèche de Notre-Dame de Paris. Décrochées quatre jours avant l’impressionnant incendie, elles viennent de regagner la capitale.

C’est gratifiant parce qu’on voit des choses exceptionnelles. On est privilégiés parce qu’on a l’occasion de voir des choses inédites, on rentre dans des lieux privés. Et puis ce sont des transports délicats, avec des objets très fragiles c’est aussi une marque de reconnaissance de la qualité de notre travail. Pour transporter ces statues, il a fallu beaucoup de prudence, elles mesurent 3 mètres 50 de hauteur. On les a donc couchées pour le transport.

Patrice Semblat, directeur de la société, Les Transports Semblat et fils

Avant d’ajouter, "on a fait pas mal de transport pour Notre Dame, statue de la Vierge à l’enfant, transport à Saint Germain l’Auxerrois". Là-aussi, la profession est une affaire de famille. Cela fait trois générations que l’entreprise familiale perdure.

La jeunesse, au coeur du projet

Nos jeunes également mettent leur savoir-faire au service de cette reconstruction. Au lycée des métiers du bâtiment de Felletin dans la Creuse, une maquette de la charpente de la cathédrale a été réalisée. 

Cette maquette  gigantesque, co-construite sur plusieurs sites dédiés à l’enseignement des métiers du bâtiment en Nouvelle-Aquitaine, a été livrée en décembre 2020. Une grande fierté pour cet établissement devenu le siège d’une "école du patrimoine Notre-Dame".

Pour terminer, le célèbre facteur d'orgue corrézien, Bertrand Cattiaux, est également au cœur du projet de restauration de cet édifice. Principal restaurateur du grand orgue de la cathédrale, depuis 48 ans, il contribue notamment au démontage et nettoyage des 8 000 tuyaux de l’instrument. Un chantier là-aussi titanesque.

Au total, près d’un milliard d’euros sera nécessaire pour le projet de reconstruction de Notre-Dame de Paris. Plus de 800 millions d’euros de dons ont déjà été récoltés. Objectif : réouverture de l’édifice en 2024.

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