Sida : continuer à dépister malgré la crise sanitaire

Ce 1er décembre est la journée mondiale de lutte contre le sida. Difficile d'en parler en cette période d'épidémie de Covid, pourtant l'enjeu est toujours important : sensibiliser le grand public pour améliorer le dépistage. A Limoges, soignants et associations se mobilisent.
 
Sylvain Rouilhac, de l’association Entr’AIDSida Limousin, interroge les adolescents à travers de petits jeux pour mieux les informer et les sensibiliser.
Sylvain Rouilhac, de l’association Entr’AIDSida Limousin, interroge les adolescents à travers de petits jeux pour mieux les informer et les sensibiliser. © France 3 Limousin
"Sais-tu comment te faire dépister des infections sexuellement transmissibles ?" "Quels sont les avantages du préservatif ?"

Nous avons suivi une séance de prévention à la sortie d’un lycée de Limoges. Sylvain Rouilhac, de l’association Entr’AIDSida Limousin, interroge les adolescents à travers de petits jeux pour mieux les informer et les sensibiliser.
 

Les lycéens que nous avons rencontrés ont tous entendu parler du Sida, et le préservatif fait partie de leur environnement.

Mais des questions demeurent :
"On parle plus du Covid que du sida, alors que c’est tout aussi important."
"Je sais que c’est à vie après. Même s’il y a des moyens pour attenuer, on l’a jusqu’à la fin de nos jours."

Rester mobilisé

Pas facile de mobiliser en pleine épidémie de Covid, pourtant l'enjeu du dépistage est aujourd'hui majeur. Il y a en France 6 200 nouvelles contaminations par an.

Pour Sylvain Rouilhac, il faut rester mobilisé :
"Une personne séropositive sous traitement qui a une charge virale indétectable a peu de risque de transmettre le virus. D’où l’importance de se faire dépister, parce qu’en dépistant on découvre, en découvrant on traite, et en traitant on endigue la propagation du virus."

Dépistage

Pendant le confinement, le CEGIDD, le centre de dépistage du CHU de Limoges, reste ouvert.

C'est anonyme et gratuit. Il faut simplement téléphoner pour prendre rendez-vous et éviter d'engorger la salle d'attente.

Il y a d'abord un entretien pour mieux cerner les éventuelles prises de risque. Ensuite vient un dépistage adapté, une prise en charge est possible juste avant ou juste après une exposition au virus. On recherche aussi  d'autres infections sexuellement transmissibles.

Une jeune femme que nous avons rencontrée n’a pas hésité à venir se faire dépister : "La première fois qu’on vient, on se rend compte que les résultats auraient pu être positifs, et on pourrait ressortir avec as le même visage. Ca responsabilise."

Stigmatisation

Une démarche importante, car même se le sida tue beaucoup moins en France, de Dr Pauline Pinet, du service des maladies infectieuses CHU de Limoges, constate que la maladie est toujours stigmatisante : "On vit avec le sida mais ça impose de prendre des traitements de façon quotidienne, et il y a un rejet de cette maladie qui reste une maladie difficile à exposer au public."

Tout le monde peut venir se faire dépister : des jeunes qui démarrent leur sexualité, ou des adultes qui mettent fin à une longue relation.
Médecin et associations vont aussi à la rencontre de personnes vulnérables, migrantes ou précaires, qui sont, comme pour la Covid, particulièrement menacées.
 
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