Soutien scolaire : des besoins accrus avec la crise sanitaire

Depuis plus d'un an, les collégiens et lycéens connaissent une scolarité chaotique. Les demandes explosent dans les structures qui proposent des cours privés, mais tous n'en ont pas les moyens. Dans les quartiers prioritaires, les associations se mobilisent pour proposer du soutien scolaire.

Le centre social Alchimis, au Val de l'Aurence à Limoges, propose un dispositif d'accompagnement scolaire.
Le centre social Alchimis, au Val de l'Aurence à Limoges, propose un dispositif d'accompagnement scolaire. © G.Bériou - France Télévisions

Confinements successifs, cours à distance, fermetures de classes ou d'établissements scolaires en raison de cas positifs... Depuis mars 2020, la scolarité des élèves est perturbée, particulièrement dans le second degré. Les lycéens fonctionnent encore aujourd'hui en demi-jauge, avec des cours en présentiel seulement un jour ou une semaine sur deux.

Ce contexte a entraîné chez certains une situation d'échec scolaire, allant parfois jusqu'au décrochage.
Pour tenter d' y remédier, certaines familles ont recours à des cours particuliers. Les demandes dans les structures privées de soutien scolaire explosent. Mais beaucoup n'ont pas les ressources suffisantes pour payer ces cours.

Le CLAS, un dispositif de soutien gratuit

Heureusement, dans les quartiers prioritaires, en milieu urbain comme en secteur rural, d'autres solutions existent.
Le dispositif CLAS (Contrat local d'accompagnement scolaire), piloté par la Caisse d'Allocations Familiales en partenariat avec diverses institutions (Inspection d'Académie, Préfecture, collectivités locales), a été mis en place à la fin des années 1990. 
Il permet de financer intégralement un accompagnement scolaire pour des jeunes chez qui un besoin a été repéré, en concertation avec l'établissement scolaire.

Dans le quartier du Val de l'Aurence à Limoges - un des quartiers dits "prioritaires" - c'est le centre social Alchimis qui anime ce dispositif.
Quatre soirs par semaine, il accueille une quinzaine de jeunes, de la 6e à la Terminale. Répartis en deux groupes, les élèves bénéficient de deux séances hebdomadaires obligatoires d'accompagnement scolaire, encadrées par trois animateurs, des étudiants en 2e ou 3e année dans leur spécialité, et une coordinatrice.

Ce soir-là, quatre collégiens d'André Maurois en classe de 3e planchent sur leurs devoirs de Mathématiques, des équations à trous. "Mon père m'aide un peu en Maths, mais des fois il n' pas trop de temps. Ici, je viens, je fais mon exercice, et quand j'ai une question, ils me répondent", explique Taha, inscrit dans le dispositif depuis le début de l'année scolaire.
Son voisin, Affif, bénéficie de l'accompagnement scolaire depuis la classe de 6e : "A l'école, on est 24. Ici on est 15, et il y a beaucoup d'animateurs. Quand j'ai faux, ils m'expliquent pourquoi, ça m'aide."

 

Soutien scolaire dans les quartiers


Une aide précieuse en temps de Covid

Le centre social Alchimis est l'un des rares à proposer l'accompagnement scolaire pour les lycéens. "C'est plus compliqué à mettre en place, car ils ont des horaires plus tardifs, et cela nécessite un niveau de compétences plus élevé", explique Salima Mostefai, référente Jeunesse du centre social et coordinatrice du CLAS.

Mais pour Leila, élève de Terminale au lycée Suzanne Valadon, ce dispositif est très utile, notamment en ces temps de crise sanitaire. En pleine préparation du Bac, elle est encore en cours à distance une semaine sur deux. Le centre social lui a offert la continuité qui lui manquait au lycée: "Ils ont réussi à gérer ça en faisant l'aide aux devoirs à distance quand ce n'était pas possible autrement, ça m'a beaucoup aidée à ne pas perdre le fil, à suivre les cours et ne pas abandonner."

A ses côtés, son amie N'mahawa renchérit : "L'aide aux devoirs, ça compense le fait de ne pas aller en cours à cause du Covid. J'arrive à travailler chez moi, même si je viens d'une famille nombreuse et que mes parents ne peuvent pas trop m'aider, mais j'arrive mieux ici, car c'est un lieu fait exprès pour ça."

Depuis le premier confinement, les demandes se sont accrues, mais les places ne sont pas extensibles. Il a fallu refuser une vingtaine de demandes.

Plus de 1000 bénéficiaires en Haute-Vienne

Au delà de la simple aide aux devoirs, le CLAS est dispositif d'accompagnement global : "Il y a tout un aspect d'ouverture culturelle, nous les emmenons à la bibliothèque, au cinéma, car tout le monde n'est pas sur un pied d'égalité au niveau social. Nous accompagnons les familles pour qu'elles se saisissent des sujets de scolarité. Notre objectif est de donner aux jeunes les outils pour devenir autonomes, se projeter vers l'avenir", explique Tamara Riollet, responsable du dispositif à la CAF.

Au total, 22 structures en Haute-Vienne (centres sociaux ou associations) proposent le dispositif CLAS, en milieu urbain mais aussi dans les zones rurales. 1119 élèves en bénéficient, mais il s'agit surtout d'élèves de primaire et de collégiens. Seuls 78 lycéens sont inscrits.

Face à la demande, le dispositif se déploie. Une nouvelle structure a ouvert dans le quartier de la Bastide cette année, et une autre devrait voir le jour à Beaubreuil à la rentrée prochaine.

 

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