Le temps presse pour les magasins de jouets à un mois et demi de Noël

Les boutiques de jouets prennent de plein fouet la crise sanitaire. A un mois et demi de Noël, ils n'ont toujours pas l'autorisation d'ouvrir leurs portes. Pour la plupart, leur survie est en jeu. 
© France 3 Limousin
A l'approche de Noël, les magasins de jouets demandent leur réouverture immédiate. En attendant, la plupart d'entre eux  développent la vente en ligne ou à emporter. Rouvrir serait la meilleure des stratégies sanitaires selon la FCJPE, la Fédération des Commerces Spécialistes des Jouets
Cet organisme réunit toutes les grandes enseignes comme La Grande Récré, JouéClub, Pic Wic Toys ou King Jouet.

Une lettre ouverte a même été envoyée en début de semaine au premier ministre Jean Castex en demandant la réouverture des magasins spécialisés en jouets. Un courrier sans réponse pour le moment.

La plus grande inquiétude de Stéphane Rouzier, responsable des magasins Joué Club de Limoges, Saint-Junien et La Souterraine en Creuse, c'est la fermeture mais aussi "le raz de marée qui pourrait déferler si nos boutiques ont l'autorisation de rouvrir quelques jours avant les fêtes". 

Cet argument est en effet à prendre compte dans la stratégie sanitaire. Dans quelle situation vont se retrouver les vendeurs de jouets s'ils ont à gérer un afflux massif de clients ? Quid du respect des règles sanitaires, des tensions générées par cette situation ? 
Les réserves de ce magasin limougeaud sont pleines à craquer. L'inquiétude est de ne pas écouler ce stock d'ici la fin de l'année
Les réserves de ce magasin limougeaud sont pleines à craquer. L'inquiétude est de ne pas écouler ce stock d'ici la fin de l'année © France 3 Limousin Angélique Martinez
Dans la boutique de Limoges, les six salariés sont en chômage partiel à tour de rôle. Le système de vente au comptoir permet au magasin d'écouler un peu de marchandises mais cela n'est pas suffisant.

On vit très mal cette situation. En cette saison normalement, c'est un magasin qui vit, il y a du monde et on n'a personne. On travaille avec du drive et des commandes par téléphone. Cela ne rattrape pas le chiffre que l'on fait habituellement pour Noël.

Stéphane Rouzier, gérant JouéClub de Limoges, Saint-Junien, La Souterraine

Les mois de novembre et décembre représentent 50% du chiffre d'affaire de ces boutiques. Ces magasins affichent déjà une perte de 60 à 70%. 
Les sentiments qui règnent parmi ces professionnels c'est, sans nul doute, celui de l'injustice et de l'incompréhension. Tous se sentent condamnés à court terme alors que les règles sanitaires sont en place depuis le début de l'épidémie. "Un client pour 10m², port du masque obligatoire, gel hydroalcoolique à disposition ..." déplore le gérant.

C'est une autre façon de travailler dont on n'avait pas l'habitude. Il faut s'adapter. C'est de l'adaptation tous les jours avec les clients et le fonctionnement du magasin. Nous on pense qu'on devrait être ouvert. Les clients masqués, le personnel masqué, je ne pense pas que ce soit là qu'il y ait des clusters qui se créent dans les magasins.

Alexandra Lavalette, vendeuse chez JouéClub Limoges

Situation tendue chez les petits commerces de proximité

Avant l'apparition de la crise sanitaire, certains petits commerçants connaissaient déjà des difficultés économiques mais leur avenir n'était pas compromis. Chez Gorakou à Limoges, on tente de faire le "dos rond". 

Nous n'avons plus d'emprunt à payer pour l'acquisition de la société. La situation de l'entreprise est saine. On essaye de s'en sortir comme on peut. Je fais même de la livraison sur tout le département de la Haute-Vienne si nécessaire.

Martial Quintyn, gérant Gorakou à Limoges

La rue Haute-Vienne désertique n'encourage pas l'optimisme des commerçants à 6 semaines de Noël
La rue Haute-Vienne désertique n'encourage pas l'optimisme des commerçants à 6 semaines de Noël © France 3 Limousin Angélique Martinez
Le coeur de métier de cette boutique spécialisée en jeux de société et jeux de rôle n'est pas de faire de la vente en ligne. Le gérant a dû mettre son unique salarié en chômage partiel. Seul, il tente de vendre ses produits sur rendez-vous. Sur les réseaux sociaux, il a même mis en ligne la totalité de son stock. Mais ses produits ne sont pas mis en valeur comme sur un vrai site internet. Les retombées économiques sont logiquement assez faibles.

L'objectif c'est de faire 20% de notre chiffre d'affaire habituel. La perte va être énorme. Même si on communique, beaucoup de personnes pensent que l'on est fermé ou que l'on n'a pas de service de livraison. C'est faux.

Martial Quintyn, gérant de Gorakou Limoges

Dans ce contexte, des plateformes locales de click and collect se créent un peu partout. Mais parfois, les marges prises par ces plateformes sur les ventes des commerçants, sont assez élevées, autour de 7%.
Eu égard au faible niveau de transactions en ce moment, cela peut décourager certains petits commerces qui choisissent de tenter de s'en sortir seuls.

 
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