Un chauffeur de car scolaire licencié pour avoir déposé les enfants devant chez eux porte l’affaire devant les prud'hommes

Publié le Mis à jour le
Écrit par Nassuf Djailani avec Thomas Chollet Lunot

Une histoire abracadabrantesque qui secoue la commune de Billanges en Haute-Vienne. Un chauffeur de car scolaire se retrouve licencié par son employeur car il déposait les enfants devant chez eux ! Des arrêts de complaisance, inadmissibles pour l’entreprise qui l’emploie et qui décide de se séparer du chauffeur.

Cela fait 17 ans que Damien Tabard est chauffeur de bus scolaire, il vient d’être licencié. Rencontré ce jour-là, à la sortie de l'audience, le sexagénaire a décidé de contester cette décision devant le tribunal des Prud’hommes. 

« En ce moment », explique le chauffeur licencié « il fait encore nuit très tôt le matin, il fait nuit très tôt le soir, dans mes tournées il n’y a pas de trottoir, il n’y a pas d’éclairage, les parents considèrent que ça peut être tout à fait dangereux aussi, donc les arrêts sauvages sont monnaie courante ! C’est uniquement monnaie courante, c’est une question citoyenne de la part des conducteurs et conductrices ». Raison pour laquelle il a agit comme il a fait.

Dans sa tournée sur la commune des Billanges, il lui arrivait de déposer des enfants directement devant leur domicile. Une jeune collégienne de 12 ans évitait ainsi un trajet jugé dangereux à pied.

Pour les habitants, son licenciement est incompréhensible.

« C’est pas normal qu’un chauffeur soit licencié pour ce motif alors que la pauvre gamine avait peut-être 600 ou 700 mètres à faire de nuit, c’est dangereux, on ne sait jamais ce qui peut arriver », enrage l'un des soutiens du chauffeur croisé dans la commune.

A plusieurs reprises, l'entreprise avait signalé à ses chauffeurs qu'elle ne voulait plus d'arrêt de complaisance. Damien Tabard a choisi de désobéir. Le maire de la commune regrette un manque de dialogue.  

« Tel qu’on peut le constater, il y a une voirie qui est sans signalisation et sans éclairage, donc en l’occurrence, le chauffeur de car, a déposé la gamine a un endroit qui n'est pas accidentogène. Il a trop bien fait, et on le pénalise, ça paraît un peu fou », s'indigne le premier magistrat.

Le nouveau chauffeur recruté entre temps, n’a jamais effectué ce trajet, pour déposer les collégiens. Ce sont les enfants qui indiquent les arrêts. Ironie du sort, ils s’arrêtent donc devant les maisons, exactement comme le faisait Damien Tabard.

Contactée, L'entreprise de transport, gestionnaire du circuit n'a pas répondu à nos sollicitations.

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