« Pour ma planète » : j’alerte sur la pollution radioactive en Haute-Vienne

Christian Pénicaud se bat depuis 45 ans contre la pollution radioactive dans les monts d'Ambazac. / © FTV
Christian Pénicaud se bat depuis 45 ans contre la pollution radioactive dans les monts d'Ambazac. / © FTV

Chaque semaine, nous donnons la parole à des Limousins qui agissent pour la planète. Christian Pénicaud se bat depuis 45 ans contre la pollution radioactive, conséquence de l’extraction passée de l’uranium au nord de Limoges.

 

Par Thomas Milon

De la fin des années 1940 au début des années 1990, la Cogema (ex Areva) a extrait et exploité l’uranium dans les monts d’Ambazac, au nord de Limoges.
Cette activité a fait vivre de nombreuses familles mais a suscité également l’inquiétude d'habitants du secteur et d'associations environnementales sur les conséquences de la radioactivité présente dans les roches et émise par l'extraction de terres et de roches.

Christian Pénicaud, habitant d’Ambazac et ancien instituteur a commencé à s’intéresser au sujet après la fermeture du site des Vieilles-Sagnes à St-Sylvestre au début des années 70. Il s’est procuré un compteur geiger pour mesurer la radioactivité et a fait un constat effarant :

On a trouvé 67 000 impulsions par minute près de la mine, trois fois plus que la radioactivité mesurée à 300 mètres du sarcophage de Tchernobyl. La norme à ne pas dépasser est de 80 !


Le site va être laissé à l’abandon jusqu’à ce que la préfecture décide de reboucher les trous des puits des mines en 1995, sans faire d’expertise d’après Christian Pénicaud qui ajoute que rien n’a été fait pour dépolluer le site et ceux prévus pour l’enfouissement de déchets.
 

Rivières polluées ?


Le militant écologiste s’inquiète aujourd’hui pour la santé de ceux qui vivent près de l’ancienne mine et même au-delà. « Il y a des rivières qui passent près des Vieilles-Sagnes et qui coulent dans les étangs de la Crouzille, de Gouillet et du Mazeaud, étangs d’alimentation en eau potable de l’agglomération de Limoges. Le lac de St-Pardoux fréquenté l’été par de nombreux vacanciers est aussi tout près » indique M.Pénicaud.

Pour l’ancien professeur, « il faut aller voir les entrailles de notre sol ».
 
Ces accusations "décrédibilisent notre territoire", estime Victoire Luquet de Saint Germain, directrice des activités après mines et réaménagement Orano. "Cela fait peur aux gens, alors même qu'il a été démontré que l'eau de Saint-Pardoux ne présente aucun risque pour la santé."

En Limousin, il existe environ 70 puits désaffectés, qui ne posent, selon la société Orano, plus aucun problème sanitaire lié à l'extraction de l'uranium : "Les eaux qui proviennent de notre usine de traitement de la mine d'Augères, sont rejetées avec des taux inférieurs à la norme de potabilité."

Mais selon l'association Sources et rivière du Limousin, le problème des eaux contaminés par les déchets radioactifs n'est pas encore réglé : "On a encore une concentration sédimentaire dans le lac, donc on a encore un problème de pollution lié aux anciens sites", affirme Antoine Gatet, juriste de l'association Sources et Rivières du Limousin.

Quoi qu'il en soit, le débat sur l'héritage d'Orano en Limousin reste ouvert, et probablement pendant encore des dizaines d'années. 



   

 

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