Haute-Vienne en zone d'alerte Covid-19 : conséquences et inquiétudes

Depuis le mercredi 23 septembre 2020 le département de la Haute-Vienne est placé en "zone d'alerte" en raison de la progression de la vitesse de circulation de la Covid-19 dans le département. Les premières conséquences et réactions à cette mesure sanitaire n'ont pas tardé.

© Samuel Chassaigne / France Télévisions
En Haute-Vienne le virus circule vite, trop vite, notamment chez les 15-44 ans. Le département vire donc au rouge clair sur la carte de France du Covid-19.
Résultat, dès lundi prochain 28 septembre 2020, les rassemblements festifs et familiaux de plus de 30 personnes y seront interdits. 

De nouvelles mesures plus sévères pourront être prises dans les prochaines semaines par la Préfecture, en concertation avec les élus locaux, en fonction de l’évolution de la situation.
 

Davantage de tests au CHU de Limoges


Première conséquence : le CHU de Limoges indique qu'il se réorganise dès aujourd'hui pour augmenter ses capacités de tests PCR pour le dépistage du COVID 19.

Les tests se font uniquement sur rendez-vous, en appelant le 05 55 08 71 64.
Ce numéro est accessible du lundi au vendredi de 9h00 à 12h00 et de 12h30 à 17h00 et le samedi de 9h00 à 12h00.

Les dépistages sont réalisés au centre de dépistage COVID, situé face à l’entrée du CHU Dupuytren 1, du lundi au vendredi, de 8h30 à 13h00 et de 14h00 à 17h00 et le samedi, de 8h30 à 13h00.
 


Premières réactions politiques


Dans la sphère politique locale les premières réactions n'ont pas tardé, comme celle du conseiller municipal d'opposition à la mairie de Limoges,  Thibault Bergeron, qui demande au maire Emile-Roger Lomberie (LR) d'instaurer leport du masque obligatoire dans les rues de la ville.

"Je note qu’on avait un maire qui était très proactif sur le port du masque pendant la campagne des municipales et qui là, ne l’est plus du tout" explique-t-il dans un tweet.

"J’ai du mal à comprendre cette forme de dualité. Aujourd’hui il faut protéger et protéger cela passe par le port du masque, entre autres. C’est vrai que c’est contraignant, c’est pas très agréable, mais si on s’y attèle tous on pourra peut-être éviter des confinements qui seraient vraiment dramatiques à la fois pour la santé des concitoyennes et des concitoyens mais aussi pour tous les petits commerçants qui travaillent dans le centre de Limoges".
 
Interrogé au téléphone, le maire de Limoges, Emile-Roger Lombertie, nous a répondu ce matin : "Dès février j’ai dit qu’il fallait porter le masque et j’ai été vilipendé par un certain nombre d’individus sur les réseaux sociaux et dans la presse, disant que le masque était inutile, qu’il ne servait à rien et qu’il fallait se contenter des « gestes barrières " ... "J’ai dit en tant que médecin qu’il fallait habituer et éduquer la population au port systématique du masque … j’ai remis en place la cellule de crise pour le suivi de l’infection Covid au niveau de la ville de Limoges … Je suis pour une éducation de la population et non pour une punition systématique".
 

Situation tendue chez les professionnels de la restauration


L'interdiction des rassemblements festifs et familiaux de plus de 30 personnes inquiète les traiteurs. Mariages, anniversaires, tombolas, fêtes de village dans les salles polyvalentes  ou repas d'après-match sont menacés.

Romain Mitaud, traiteur à Limoges craint le pire pour son activité : "Demain on travaille pour les Francophonies. On aura 120 personnes avec des tables de 10 et un service à table. Je crains que ce soit annulé. La semaine prochaine on devait travailler avec le Limoges Hand. On attend 1000 personnes. Je ne sais pas si on pourra les faire. Je ne sais pas si le match pourra se faire. Pour le traiteur c’est très très compliqué".
 

La Frairie des Petits Ventres menacée


Enfin, c'est désormais un rendez-vous incontournable de la capitale limousine qui est menacé : vues les circonstances sanitaires il devient fort peu probable que la vénérable Frairie des Petits Ventres puisse se tenir cette année, le 16 octobre prochain, comme cela était initialement programmé.

Chaque année, cet évènement fédérateur rassemble près de 30 000 personnes à "touche-touche" dans l'espace confiné de la rue de la Boucherie à Limoges. Une vraie bombe à retardement sanitaire par les temps qui courent. Mais à quelques semaines du rendez-vous fatidique, même chez les commerçants, le raison semble l'emporter. 

Pour l'heure, en tout cas, aucune demande d'autorisation de manifestation n'a été déposée en préfecture par l'association qu gère la frairie. Personne ne souhaite endosser l'annulation de cette véritable institution.
 
Menaces sur la frairie des Petits Ventres 2020 ©France 3 Limousin








 
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