Justice. Christian Ruhaut, professeur de yoga, accusé d'être le gourou d'une secte

L'homme comparait ce jeudi et vendredi, avec son épouse, devant le tribunal judiciaire de Poitiers, pour des faits commis en Charente-Maritime. Ce couple doit répondre d’abus d’état de faiblesse d’une personne en "état de sujétion psychologique ou physique".

Christian Ruhaut, à droite, en veste carmin, sur la photo.
Christian Ruhaut, à droite, en veste carmin, sur la photo. © Clément Mathieu - MaxPPP

Les faits ont duré une dizaine d'années avant d'être dénoncés en 2016. Une ancienne adepte d'un centre de yoga avait déposé plainte pour abus de faiblesse contre Christian Ruhaut, professeur de yoga qui exerçait dans la Vienne et en Charente-Maritime.

La victime a déclaré avoir fait l'objet de brimades physiques, physiologiques et sexuelles dans un but soi-disant thérapeutique. Elle a indiqué aussi avoir dû financer sous la contrainte, et pour le compte du dirigeant de la communauté, l'achat de plusieurs propriétés pour un préjudice estimé à plusieurs centaines de milliers d'euros.

L'enquête avait permis de révéler que ce professeur de yoga et sa compagne, avaient imposé à une douzaine de personnes des brimades psychologiques de type sectaire avec violences physiques et pratiques sexuelles imposées. Le couple avait été interpellé à son domicile de la Vienne en mars 2016 avant d'être placé en garde à vue.

Pendant la perquisition qui avait suivi leur arrestation, les enquêteurs ont saisi d'importantes sommes d'argent ainsi que des courriers et supports vidéo qui ont permis de valider l'emprise spirituelle et psychologique que ce couple imposait aux adeptes de leur mouvement. Dans ses maisons situées à Lizant, dans la Vienne, et à Aumagne, en Charente-Maritime, Christian Ruhaut avait établi, d'après le magistrat instructeur, une véritable ascendance psychologique sur un groupe de femmes et d'hommes qui se livraient à des pratiques sexuelles particulières, certaines relevant de l'échangisme ou même de la zoophilie dans le but de "punir" certaines adeptes.


Reportage de Clément Massé, Antoine Morel et Bénédicte Biraud

 

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