Entre attente et incertitude, rencontre avec des saisonniers landais confinés

Employés dans le tourisme ou la restauration, les saisonniers reprennent à peine le travail, quand ils en ont trouvé un. Leurs employeurs habituels ont du fermer brutalement en mars face à l'épidémie du Coronavirus. Dans les Landes, Brigitte a changé de branche, Mika attend les clients du camping. 

A Sanguinet dans les Landes, Le camping Lou Broustaricq est vide, en attendant la suite du déconfinement et le retour des vacanciers.
A Sanguinet dans les Landes, Le camping Lou Broustaricq est vide, en attendant la suite du déconfinement et le retour des vacanciers. © F3 Aquitaine
Depuis neuf ans, Béatrice Castagnet, 44 ans, était employée comme saisonnière dans un centre sportif qui organise notamment des séjours sportifs pour les jeunes pendant les vacances d’été. Elle y travaillait d’avril à août chaque année mais l'épidémie du coronavirus a obligé le centre à fermer momentanément. 
Béatrice a pu retrouver du travail cet été dans un Ehpad de Soustons, dans les Landes.
Béatrice a pu retrouver du travail cet été dans un Ehpad de Soustons, dans les Landes. © F3 Aquitaine


Béatrice n'a pas eu le choix. Elle a du chercher un autre travail. Elle a réussi à décrocher un CDD de deux mois à l’Ehpad des 5 étangs, dans la même commune,  à Soustons dans les Landes. L'établissement  avait besoin de renfort pour mettre en place les mesures sanitaires imposées contre le Covid 19. Elle y est employée comme agent de service depuis 10 jours. Elle est affectée à la plonge et bientôt, elle désinfectera aussi les points contacts comme les poignets de porte par exemple.

 Comme les résidents ne peuvent pas manger ensemble, ils prennent chacun leur repas dans leur chambre. Les filles qui s'occupaient normalement du restaurant sont montées d'un étage. Il fallait du renfort au niveau de la plonge.


Un changement professionnel qui évite à Béatrice  d'être au chômage. Mais la quadragénaire avait reçu une promesse d'embauche du centre sportif qui l'employait habituellement. Elle devait remplacer une des employées, partie à la retraite depuis le 8 avril. Béatrice, elle, attend toujours la réponse à sa candidature datant du 27 février. La crise sanitaire et les élections municipales ont bousculé le calendrier.
 
Mika Savonni, lui, est responsable de l’animation au camping Lou Broustaricq, à Sanguinet. Il a la chance d’avoir été recruté avant le confinement et donc d’avoir droit au chômage partiel aujourd’hui. Mais il commence  à trouver le temps long. Le camping est vide alors qu’il fait quasiment le plein en temps normal pendant les longs week-ends de mai et accueille jusqu’à 3000 vacanciers.
 

Ca fait bizarre. On a l'habitude d'avoir jusqu'à 250/300 personnes à cette période de l'année. On aurait du avoir beaucoup de monde, surtout pour les ponts de mai. Là, il n'y a personne. Le camping est vide,vide,vide. Ca fait bizarre. On attend les gens avec impatience.

Mika, employé saisonnier dans un camping de Sanguinet est au chômage partiel.
Mika, employé saisonnier dans un camping de Sanguinet est au chômage partiel. © France 3 Aquitaine

La directrice, elle, dit vouloir embaucher autant de saisonniers que d’habitude, soit une centaine pour tout le camping et le restaurant, essentiellement des étudiants. 

Je n'emploierai pas moins de saisonniers parce qu'on ouvre plus tard. On aura besoin d'autant de personnes pour que ça marche. Même si j'ai moins de vacanciers, la structure a besoin de ce nombre de saisonniers.

 
Au total, 150 000 personnes signent au moins un contrat saisonnier dans l’année en Nouvelle-Aquitaine. Près de 40% dans l’hébergement et restauration.
 
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