VIDEO. Sur les traces de Luis Ocaña, l'Espagnol de Mont-de-Marsan, vainqueur du Tour de France 1973

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Dans les Landes, le souvenir de Luis Ocaña, l'Espagnol de Mont-de-Marsan, est toujours bien présent. ©France 3 Aquitaine

Cinquante ans après sa victoire sur le Tour de France, Luis Ocaña, le coureur du Stade Montois, fait encore la fierté des habitants de sa terre d'adoption. Un hommage lui sera rendu pendant l'édition 2023, alors que Mont-de-Marsan sera la ville de départ de la 7e étape.

Ce mercredi après-midi, dans la campagne landaise, c'est entrainement de reprise pour les cadets et les juniors du Stade montois cyclisme. Ils ont entre 13 et 16 ans, et rêvent de Tour de France. Comme avant eux... un certain Luis Ocaña, entré dans la légende de la plus grande course de vélo au monde.

Léandre et Kélian s'entrainent depuis deux ans dans le club de cyclisme de Mont-de-Marsan, et ils ont grandi avec ce modèle. "C'est quand même un vainqueur du tour, il a fait partie du club, il a porté le même maillot que nous, donc on peut s'identifier un peu à lui", assure Kélian. "Ça donne envie de se déchirer", renchérit Léandre. Les deux cyclistes rêvaient de voir le Tour de France revenir dans la région en 2023, 50 ans après la victoire de Luis Ocaña en 1973. Ce sera chose faite, avec une 7e étape entre Mont-de-Marsan et Bordeaux le 7 juillet.

Un orage de grêle et une chute fatale

Avant la consécration, Ocaña a plusieurs fois chuté. L'histoire de ce champion sur le Tour de France commence à s'écrire dans les Alpes, sur les pentes d'Orcières Merlette, en 1971. Après une échappée en solitaire de 50 kilomètres, le coureur espagnol s'empare du maillot jaune, et distance Eddy Merckx de plus de 6 minutes. Le champion belge, alors au sommet de son art, vacille pour la première fois.

Avec un tel temps d'avance, impossible qu'il ne gagne pas le Tour, et pourtant... Quatre jours plus tard, dans les Pyrénées cette fois, en pleine descente du col du Menté, un terrible orage de grêle s'abat sur les coureurs. Luis Ocaña chute lourdement. Il est contraint d'abandonner le Tour de France et ses rêves de victoire. 

"En 1971, il a écrit une page de l'histoire du Tour de France. C'est un événement dramatique parce qu'il allait gagner le tour", assure Jacques Sabathier, l'ancien président du Stade montois cyclisme. Il était déjà là lorsque Luis Ocaña rejoint le club en 1964. Il garde le souvenir d'un coureur farouche et intraitable. "C'était surtout cette rage, cette volonté, il ne calculait pas, d'entrée, il attaquait", se remémore Jacques Sabathier.

"Au début, il s'épuisait quand même. Des fois, on le trouvait couché dans le fossé, et un puis un jour, on l'a plus revu, on l'a revu à l'arrivée"

Jacques Sabathier, ancien président du Stade montois

à France 3 Aquitaine

En 1973, enfin, il remporte le Tour, avec près de 16 minutes d'avance. Il survole la plus belle des courses de cyclisme et inscrit son nom en haut de l'affiche.

Notre Dame des cyclistes

Un destin hors norme pour celui qui avait fui avec sa famille la misère de l'Espagne franquiste dans les années 50. André Romero était un ami proche de Luis Ocaña. Alors âgé de 13 ou 14 ans, il réussit à trouver le numéro de téléphone du coureur, et l'appelle. "Il m'a dit 'petit, si tu viens à Mont-de-Marsan, je ferai tout pour te faire passer pro' ", assure André Romero. Il se licencie donc au Stade montois. Né en Espagne comme Luis Ocaña, il participera par la suite à cinq Tours de France. 

"Il allait au bout des choses, il n'avait qu'une parole"

André Romero

à France Aquitaine

Un lieu dans les Landes est particulièrement lié au destin de Luis Ocaña. Le sanctuaire de Notre Dame des cyclistes, à Labastide d'Armagnac. C'est ici qu'il s'est marié en 1966, et qu'ont eu lieu ses obsèques 28 ans plus tard. Le coureur s'est donné la mort le 19 mai 1994.
Ginou Ros était membre de la chorale de l'église ce jour-là. "À la fin de la messe, le cercueil est reparti, et à la sortie, ils l'ont exposé. Là, les gens ont pu venir se recueillir sur le cercueil", se souvient-elle.

"Dans la chapelle, c'était vraiment privé, c'était vraiment poignant, on l'aimait tous."

Ginou Ros

à France 3 Aquitaine

Dans cette église entièrement consacrée aux cyclistes... Luis Ocaña a donc une place à part. "Quand on me parle de Luis Ocaña, les gens savent très bien de quoi ils parlent, ils parlent d'un Landais. Il avait une ferveur du vélo invraisemblable et pour lutter contre Eddy Merckx, il fallait s'accrocher quand même..." , assure Claude Nadeau, le président de l'association des amis de Notre Dame des Cyclistes 

Coureur absolu, Luis Ocaña était porté par une rage qui l'a emmené au sommet de son sport. Cinquante ans plus tard, l'Espagnol de Mont de Marsan fait toujours la fierté des habitants de sa terre d'adoption.