Cet article date de plus de 3 ans

Sara Curruchich, du Guatemala aux Landes pour les 20 ans du Club Quetzal

C'est l'une des associations les plus emblématiques des Landes. Depuis 20 ans, le Club Quetzal oeuvre pour la scolarisation des enfants indiens du Guatemala. Parmi les jeunes aidés par l'association, l'artiste Sara Curruchich, icône en Amérique du sud et porte parole des droits des indiens Mayas
Lorsque Rigoberta Menchu, femme politique et militante pour les droits de l'homme et plus particulièrement les peuples autochtones, a obtenu le prix Nobel de la paix en 1992, Sara Curruchich n'était même pas née. 

Dans le sillage de sa concitoyenne, la nouvelle révélation de la world music est pourtant devenue, à 25 ans, la voix des peuples indigènes Maya du Guatemala et l'un des visages de l'ONU pour la défense des droits des femmes. C'est d'ailleurs ce qui l'a poussé dans la chanson. 

 J'ai commencé à chanter pour faire savoir aux gens que nous les femmes nous avons un droit et la capacité de l'exercer que ce soit sur le plan politique, musical ou dans la culture, dans absolument tous les domaines

Originaire de l'ethnie Kaqchiquel, vivant dans les montagnes de l'ouest du Guatemala, Sara mêle dans sa musique l'espagnol et sa langue maternelle.
Les notes rock et folk s'accordent avec les sonorités traditionnelles Maya.
A travers sa musique, la jeune artiste porte le combat contre le racisme et les discriminations qui ont décimés les 23 peuples indiens du Guatemala pendant plus de 35 ans de guerre civile. Un combat toujours d'actualité.

C'est très important parce qu'en raison du racisme et de la discrimination, les peuples indigènes ont été dépouillés de toute leur culture et aussi de leur langue maternelle. La langue s'est beaucoup perdue. Je crois que chanter dans ma langue c'est une façon de la renforcer, de la revendiquer et de la sauver
 

Une vie liée au Club Quetzal 


Aidée par l'association, la vie de Sara est liée au travail du Club Quetzal, créée il y a 20 ans par des collégiens de Mont-de-Marsan et leurs professeurs. Aujourd'hui, la structure a bien grandi. 
Le club soutient trois écoles, a crée deux collèges et bientôt un troisième dans un pays où seulement 3% des jeunes indiens accèdent à l'université. C'est ce qu'explique Vincent Simon, le fondateur du Club Quetzal: 

Dans un pays où les indiens Maya sont victimes de racisme, d'oppression, d'exclusion, par l'éducation on a aidé plus de 8000 jeunes, à avoir un changement de vie et surtout reprendre espoir  


Sara Curruchich se produira à La Teste-de-Buch ce dimanche 1er avril. Elle est également à l'affiche du prochain festival Musicalarue de Luxey le 10 août prochain. En attendant, direction Barcelone où la jeune Maya doit enregistrer son premier album avec l'équipe de Manu Chao.

Le reportage de Ludivine Tachon, Clément Alet et Christophe Varone

 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
vie associative société portrait sorties et loisirs