Langue basque et coronavirus

Euskaltzaindia (Académie de la langue basque) et UZEI (Centre basque de services à l’Université), viennent de publier un lexique sur le Coronavirus. Un outil linguistique pour parler avec rigueur de cette situation inédite et dramatique imposée par la pandémie.











 

Le siège de l'Académie basque à Bilbao, Plaza berri.
Le siège de l'Académie basque à Bilbao, Plaza berri. © Euskaltzaindia 2020
Ce dictionnaire du Coronavirus s’adresse aux journalistes et blogueurs, mais aussi à tout un chacun. Il rassemble 25 termes et expressions en lien avec la crise sanitaire, de « Antivirus » à « Zoonose ».

Il est le résultat d’un travail commun entre les deux organismes, dont les liens très forts sont déjà anciens mais qui ont été encore renforcés le 24 avril dernier, par la signature « virtuelle » (Coronavirus oblige) d’un nouvel accord de coopération, par Andres Urrutia, président d’Euskaltzaindia et Jon Etxabe, président d’UZEI. « Nous avions déjà créé des outils pour que la langue basque investisse de nouveaux champs comme ceux qui touchent au monde digital, et pour régénérer, alimenter, ouvrir et élargir le corpus de l’euskara » rappelle le communiqué alors publié.

 La plupart d’entre nous avons dû apprendre nombre de nouveaux mots, employés par les médias ou encore le monde médical à l’occasion de cette crise sanitaire. Nous avons voulu réunir les plus usités, dans ce nouveau lexique que l’Académie basque et UZEI avons publié.
Euskaltzaindia.

UZEI a coordonné les travaux et produit le recueil sous les auspices de l’Académie basque. L’idée était de proposer un cadre pour répondre aux doutes et questions quant à la façon d’aborder, de décrire, d'analyser les conséquences de cette situation sanitaire nouvelle et dramatique. C’est un premier pas, un premier jet d’un petit dictionnaire concocté dans ce climat d’urgence. Le sens des mots étant si important. UZEI qui enrichit constamment ce que l’on peut appeler la banque de terminologie de la langue basque, a été le partenaire naturel de l’Académie basque.
"Ces temps si bizarres le sont tout autant pour les linguistes que pour les personnes qui travaillent dans le secteur de la santé, les responsables économiques ou politiques. Tout le monde est impacté", souligne-t-on à UZEI.

Cette crise sanitaire a tout chamboulé.
Langue et langage ont changé. Comment nommé les choses de ce monde nouveau ?
Joxean Zapirain, membre d’UZEI et coordinateur du projet

Un travail précieux pour tous ceux qui traitent en langue basque de tous les aspects de la crise du Coronavirus et abordent la pandémie : femmes et hommes médecins, infirmiers, politiques, journalistes et citoyens. Bien sûr la société peut créer un vocabulaire nouveau. Mais il est de la responsabilité des linguistes d’accompagner l’adaptation des langues aux temps nouveaux et aux changements. Un travail important aussi pour les médias bascophones qui disposent ainsi d’un modèle, de normes. Indispensable pour une langue en convalescence comme l’est la langue basque. Soulignons que le quotidien Berria (Nouveau), l’hebdomadaire Argia (La lumière) ou encore la Radio télévision de service public EITB, se sont dotés par le passé de guides ou manuels de style, pour écrire de façon cohérente, au sein des rédactions. Désormais, avec ce lexique, les journalistes ont un cap pour traiter la question du Coronavirus.
 
Des unes d'Argia et de Berria traitant du Coronavirus
Des unes d'Argia et de Berria traitant du Coronavirus © Allande Boutin 2020

Des liens :

Vers le lexique lui-même :
https://www.euskaltzaindia.eus/dok/plazaberri/2020/apirila/Koronabirusaren_oinarrizko_lexikoa.pdf
Vers Euskaltzaindia, académie de la langue basque :
https://www.euskaltzaindia.eus/euskaltzaindia
Vers UZEI :
https://www.uzei.eus/

Euskaltzaindia et UZEI, c'est quoi ? 

L’Académie basque fut créée en 1918 pour justement apporter de la rigueur dans l’étude de la langue, et sa défense, la moderniser aussi afin qu’elle ne soit pas le « reflet d’un monde d’avant », mais une langue moderne. Comme le font toutes les académies du monde. 
Dans les années 60, sa grande œuvre fut entre autres, d’unifier l’orthographe de la langue et le système verbal, tout en respectant les richesses dialectales (souletin, biscayen, labourdin, navarrais …). D’offrir un basque standardisé, certains diront unifié, afin que les bascophones des différentes provinces puissent se comprendre aisément. C’est devenu surtout la langue des apprentissages, de la recherche, de la communication.  Dès ses débuts les membres de l’Académie basque (désormais féminisée et rajeunie aussi) ont été « recrutés » dans les sept territoires de la langue basque, côté français comme espagnol, ou « nord et sud », c’est selon. L’Académie basque est reconnue non seulement en Euskadi, mais aussi en Espagne (où elle est Académie royale de la langue basque) et par la France.
Sa devise : Ekin eta Jarrai, Commencer et poursuivre.

UZEI est fondé en 1977, peu de temps après la chute de la dictature franquiste, pour doter la communauté bascophone d’un centre de lexicographie et terminologie pour accompagner la langue basque dans son adaptation à un mode évoluant de plus en plus vite. Parmi les réalisations les plus connues et importantes d’UZEI, citons ses dictionnaires thématiques en droit, économie, relations internationales, enseignement technique, sports etc. Association à but non lucratif, UZEI est reconnu d’utilité publique dans la Communauté autonome d'Euskadi.
 
Le chêne de l'Académie basque
Le chêne de l'Académie basque © Euskaltzaindia 2020

Et pour terminer sur une note un peu joyeuse, voici la version « confinement » d’une célèbre chanson basque « Aita semeak » (Le père et le fils), revisitée par Bixente Martinez, guitariste du trio de jazz Igelaren banda (La bande à la grenouille) et du groupe folk Oskorri (Aube rouge).
Au lieu de "Père et fils sont au bistrot, Mère et fille au jeu" ... c'est le confinement avec les enfants. Le bon côté des choses : passer et partager du temps avec eux alors qu'avant, c'était toujours la course et l'énervement disent les nouvelles paroles. "Père et fils sont à la maison, Mère et fille aussi !" chante-t-on désomais ...
 
Aita semeak (version confinement)
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