Législatives en Poitou-Charentes : deux députées sortantes éliminées dès le 1er tour

Véronique Massonneau (écologiste soutien PS) dans la Vienne et Martine Pinville (PS) en Charente ont été éliminées dès le 1er tour des législatives 2017 / © Véronique Massonneau (Facebook) / Philippe Lavieille (Maxppp)
Véronique Massonneau (écologiste soutien PS) dans la Vienne et Martine Pinville (PS) en Charente ont été éliminées dès le 1er tour des législatives 2017 / © Véronique Massonneau (Facebook) / Philippe Lavieille (Maxppp)

7 députés sortants se représentaient pour ces législatives, 3 femmes et 4 hommes. Deux ont été éliminées dès le 1er tour, il s'agit de Martine Pinville (PS) en Charente et de Véronique Massonneau (écologiste soutenue PS) dans la Vienne. Les cinq autres sont en ballotage plus ou moins favorable.

Par Christine Hinckel

Véronique Massonneau et Martine Pinville éliminées

Surprise dans la 4ème circonscription de la Vienne (Châtellerault et Loudun), Véronique Massonneau, la députée écologiste sortante soutenue par le PS n'a récolté que 14% des voix au 1er tour des législatives. Elle ne sera pas présente au second. Véronique Massonneau avait été élue avec une faible avance en 2012 face à Jean-Pierre Abelin. Elle se place aujourd'hui à la quatrième place de 1er tour remporté par le candidat de La République en Marche, Nicolas Turquois, agriculteur et président du MoDem 86 qui sera opposé à la candidate de la droite, Anne-Florence Bourat (UDI/LR). Nicolas Turquois a obtenu tardivement l'investiture En Marche après la décision de Véronique Massonneau d'y renoncer et de partir avec le soutien du Parti Socialiste. Au lendemain de cette élimination, Véronique Massonneau affirme ne pas regretter ce choix de ne pas avoir pris l'étiquette En Marche et est contente d'être restée fidèle à ses convictions de gauche.

La soirée a été difficile aussi pour Martine Pinville dans la 1ère circonscription de Charente. La députée sortante PS, secrétaire d'Etat depuis 2015 sous la présidence de François Hollande dont elle est proche, avait été réélue dès le 1er tour en 2012 avec 50,1% des voix. Elle était députée de Charente depuis 2007, dans la 4ème puis dans la 1ère circonscription après le redécoupage électoral. En 2017, elle se place en 3ème position avec 11,6% des voix derrière le candidat En Marche, Thierry Mesnier qui réalise un score de 38,8% et derrière Martine Boutin pour la France Insoumise (13,3%).

Cinq députés sortants ont connu un meilleur sort et vont participer au second tour. Certains d'entre eux font même figure de favoris.


Vienne : Jean-Michel Clément largement en tête du 1er tour

C'est le cas dans la 3ème circonscription de la Vienne, de Jean-Michel Clément qui arrive largement en tête avec 39,98% des suffrages. Il est député de la 3ème circonscription de la Vienne depuis 2007. Ancien socialiste parti sous les couleurs de La République en Marche pour cette élection, Jean-Michel Clément a le soutien de nombreux socialistes locaux. Le PS n'avait d'ailleurs pas investi de candidat dans cette circonscription. Il sera opposé à la candidate du Front National, Delphine Jumeau qui s'est qualifiée avec 14,7% des suffrage aux dépens du candidat officiel de la droite Enguerrand Delannoy (LR) confronté à la candidature dissidente du maire de Chauvigny, Gérard Herbert (Divers Droite).


Charente : Jérôme Lambert en difficulté

En Charente, la bataille sera plus compliquée pour Jérôme Lambert dans la 3ème circonscription (Confolens/Ruffec). Il avait été réélu avec 54,2% des voix en 2012 dès le premier tour et n'a totalisé que 21,2% des voix pour ce 1er tour. Élu pour la 1ère fois en 1986 à l'Assemblée nationale, il est était alors le benjamin. Il a ensuite été réélu en 1988, 1997, 2002, 2007 et 2012. Après avoir démissionné du groupe PS à l'Assemblée nationale en 2014, il se présente sous l'étiquette des Radicaux, Républicains Démocrates et Progressistes. Pour le second tour, il affrontera une autre ancienne élue socialiste Madeleine Ngombet-Bitoo, candidate pour la République en Marche qui s'est adjugée la première place avec une avance de 7 points sur le député sortant (28,54%).


Deux-Sèvres : Delphine Batho, seule rescapée socialiste

Dans les Deux-Sèvres, une seule députée brigue un nouveau mandat. Il s'agit de la socialiste Delphine Batho dans la 2ème circonscription qui n'est arrivée qu'à la deuxième place du 1er tour avec 29,79% des voix juste derrière la candidate de la République en Marche, Christine Heintz ( 31,6%). Delphine Batho, députée des Deux-Sèvres depuis 2007 avait été réélue dès le 1er tour en 2012. Sa réelection en 2017 pourrait être bien plus compliquée. Elle est la seule députée socialiste sortante de la région rescapée du 1er tour.


Charente-Maritime : Olivier Falorni et Didier Quentin encore en lice


En Charente-Maritime, Olivier Falorni, candidat à sa réélection dans la 1ère circonscription (La Rochelle/Ré) part en position de favori pour le second tour avec une avance de 10 points. Le tombeur de Ségolène Royal en 2012, a récolté 36,54% des voix et sera opposé à la candidate de La République en Marche, Otilia Ferreira, qui s'est placée deuxième avec 26,99% des suffrages. On pourrait presque parler de duel fratricide dans cette circonscription acquise depuis longtemps à la gauche. Olivier Falorni qui s'affirme ouvertement "Macron compatible"a succédé en 2012 au socialiste Maxime Bono qui lui-même avait pris la succession du radical de gauche Michel Crépeau en 1999. 
Dans la 5ème circonscription (Royan ouest, Marennes et Oléron), Didier Quentin, le maire LR de Royan, en revanche ne dispose que d'une courte avance sur son rival du MoDem, Gérard Potennec qui s'est approprié l'investiture de la majorité présidentielle. Trois points à peine séparent les deux candidats, 23,78% pour Didier Quentin et 20,99% pour Gérard Potennec. Élu député de la circonscription depuis 1997, Didier Quentin avait obtenu 41,7% des suffrages au 1er tour de 2012. Sa réélection s'annonce aujourd'hui beaucoup moins facile face à un candidat qui se réclame de la majorité présidentielle sans avoir eu l'investiture officielle de La république en Marche. Il accuse son adversaire "d'avoir escroquer les électeurs et les électrices parce qu'il n'a jamais eu l'investiture En Marche".





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