Le Limousin risque-t-il un important tremblement de terre ?

Le séisme du Teil (07), le 11 novembre 2019 / © Max PPP / Fabrice ANTERION
Le séisme du Teil (07), le 11 novembre 2019 / © Max PPP / Fabrice ANTERION

Un tremblement de terre a engendré beaucoup de dégât lundi 11 novembre en Ardèche. Le Limousin pourrait-il connaître le même phénomène ?
 

Par Franck Petit

Ces dernières années, les sismographes ont enregistré plusieurs tremblements de terre en Limousin.
 

Le 23 octobre 2018 à 14h13, la petite commune de Grand Bourg a été l’épicentre d’une secousse de magnitude 3,2 sur l’échelle de Richter. 38 personnes ont ressenti les vibrations.

En remontant un peu dans le temps, on se rend compte que le 6 novembre 1978, Chalus a connus un séisme mesuré à une magnitude 5,5. Le 13 avril 1975, le tremblement de terre enregistré à Dun-Le-Palestel a été de la même intensité.

La secousse de ce 11 novembre en Ardèche est de 5,4. Mais rassurez-vous, les dégâts engendrés en Limousin ont toujours été très limités pour des raisons géologiques.
 
 

Un socle très stable

En Ardèche, la petite ville du Teil se situe pour moitié sur une dépression remplie de sédiments très instables (la vallée du Rhône), et plus à l’ouest sur un terrain plissé avec plusieurs failles.

C’est probablement l’une de ces failles qui a bougé et provoqué des dégâts sur de vieilles maisons construites il y a bien longtemps avant la mise en place des normes antisismiques.

En Limousin, la situation est toute autre. Les départements de la Haute-Vienne, de la Creuse et de la Corrèze se situent dans leur majeure partie sur un socle granitique très stable. Quand la terre tremble, c’est généralement très en profondeur. L’impact sur les constructions est donc très faible.

Dans la plupart des cas, les tremblements de terre ressentis dans notre région sont dus à une voisine très turbulente : la chaîne Alpine.
 

Tectonique des plaques

La chaîne alpine est le résultat des frictions entre les plaques Eurasiennes et Africaine. Un petit jeu qui dure depuis 45000 ans et qui a conduit à la naissance des Pyrénées, des Alpes, et même de l’Himalaya.

Cette zone où se rencontrent les plaques Eurasiennes et Africaine est toujours en évolution, d’où parfois, de petits soubresauts qui sont ressentis jusque dans le centre de l’hexagone.
 

La chaîne Hercynienne

Le Limousin, l’ouest de la France, et même la Bretagne, se situent sur une chaîne montagneuse bien plus ancienne.

La chaîne Hercynienne s’est construite il y a 300 000 ans et ne bouge presque plus depuis bien longtemps. Les séismes y sont moins fréquents et généralement de plus faible intensité puisque nous ne nous trouvons pas dans une zone de confrontation de plaques.

En revanche, la région Poitou-Charentes est traversée par d’importantes failles profondes orientées selon un axe NW-SE, notamment au large de l’île d’Oléron. Elles peuvent parfois bouger, subissant quelques contraintes liées à la dorsale atlantique, qui repousse les continents européens/africain et américains.

C’est pourquoi les Deux Sèvres, le nord de la Charente-Maritime et l’ouest de la Vienne ont été classé en zone sismique modérée. Le 28 avril 2016, un séisme de 5,5 a d’ailleurs touché la Charente-Maritime.
 
Carte du zonage sismique en France / © BRGM
Carte du zonage sismique en France / © BRGM

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