Colère des agriculteurs. Les supermarchés en ligne de mire : "on cible tous ceux qui nous font crever"

Après s'en être pris à la préfecture du Lot-et-Garonne mercredi 24 janvier, les agriculteurs rassemblés à Agen se sont mobilisés ce jeudi dans les supermarchés pour y déverser des centaines de pneus et du fumier.

La grogne des paysans ne retombe pas dans le secteur d'Agen. Ce jeudi après-midi, les actions se sont poursuivis dans plusieurs secteurs, sous l'égide de la Coordination rurale. Elles ont eu lieu à gare et devant la Direction départementale des territoires. Un blocage des voies ferrées à Colayrac-Saint-Cirq a entrainé l'interruption de la circulation entre Agen et Marmande dans les deux sens.

Dans la matinée, des agriculteurs en colère ont déversé, à l'aide de camions bennes, des pneus, du lisier et du fumier devant le supermarché Leclerc de Castelculier-Bon Encontre. Une action ciblée, les supermarchés, comme les banques et les institutions, étant dans la ligne de mire des manifestants, mobilisés depuis lundi 22 janvier. 

Façades recouvertes de lisier

"Depuis le début de notre mouvement, on cible tous ceux qui nous font crever. Les supermarchés se gavent sur le dos des agriculteurs et volent les consommateurs tous les jours", a justifié José Pérez, président de la Coordination rurale 47. 

Aujourd'hui, ils vendent les produits très chers, alors qu'ils nous les paient à des prix dérisoires. C'est insupportable.

José Pérez

Coordination rurale 47 

Une trentaine d'agriculteurs et deux tracteurs étaient sur place. Les façades ont été recouvertes de lisier. Le supermarché a été contraint de fermer, les clients sont sortis du magasin par une porte située à l'arrière du bâtiment. Une partie du plafond du supermarché s'est effondrée selon le journaliste indépendant Clément Lanot.

À Brax, des membres du syndicat agricole ont également pris pour cible la centrale d'achat du groupe Système U. Son accès a été bloqué par un amas de purin, de pneus et de paille. Une soixantaine de tracteurs sont ensuite rentrés dans le bâtiment pour vérifier la provenance des produits entreposés. 

Multiplication des actions coup de poing

Ce mercredi déjà, les manifestants ont laissé éclater leur colère. Au-delà des blocages sur l'A62, sur laquelle de nombreux manifestants ont établi leur camp de base, les manifestants ont envahi un MacDonald's, coupable, selon eux, d'avoir refusé de leur offrir le café. Ils ont ensuite brûlé un drapeau européen, avant de se rassembler devant la préfecture. Ils ont ensuite mis le feu aux pneus et le fumier déversé devant le bâtiment.

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Ce jeudi, les dégâts matériels restaient visibles. Les murs étaient recouverts de lisiers et les grilles de la préfecture étaient incessibles, l'accès étant bloqué par un volumineux tas de pneus et de fumier. Pour autant, alors que la FDSEA s'est désolidarisée de la Coordination rurale 47 après ces événements, ces actions étaient assumées par les manifestants ce jeudi, estimant "qu'on tire toujours à boulets rouges sur les agriculteurs". 

"On leur a posé des questions, ils ne nous ont rien apporté comme réponses, estime Jean-Pierre Labeau, agriculteur céréalier à Caudecoste. 

On nous demande de produire bon et pas cher. Tout ce qu'on produit de bon part à l'étranger, et eux, ils nous ramènent de la merde en France.

Jean-Pierre Labeau

Agriculteur

"Beaucoup de gens sont dans le rouge. On ne demande pas des aides : on demande moins de normes, des facilités pour accéder à l'eau, moins de contraintes environnementales et moins de paperasse.", poursuit l'agriculteur qui qualifie les événements de la veille de "bon enfant". 

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