DOCUMENTAIRE "Marion et Moi". Les parents de Marion Wagon et leur avocat Georges Catala attendent toujours la vérité sur sa disparition 25 ans après

Publié le
Écrit par E. Hardy et C. Le Hesran

Le visage de Marion sur des briques de lait, partout en France. Le souvenir est encore vif. C'est à l'époque une mobilisation générale pour retrouver la trace de l'enfant de 10 ans, disparue à Agen, dans le Lot-et-Garonne. Aujourd'hui, ses parents sortent du silence. L'avocat Georges Catala, toujours à leurs côtés, veut aussi savoir. Il fustige les errements de l'enquête judiciaire. Un documentaire exceptionnel à découvrir ce jeudi à 22H45 sur France 3 Nouvelle-Aquitaine.

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Ils n'ont pas voulu parler durant des années. Les parents de Marion Wagon sortent de leur silence, 25 ans après la disparition de leur enfant. Un mystère.

C'était le 14 novembre 1996 à Agen. Marion sort de l'école pour aller déjeuner en famille. Elle n'est jamais arrivée au domicile familial. Michel Wagon et Françoise son épouse restent avec leur question " Qu'est-ce qui a pu se passer ?  témoigne-t-il le regard triste. 

C'est terrible, c'est comme un cancer qui mûrit tout doucement, qui progresse.  Ce qu'on espère, c'est partir en sachant.

Michel Wagon, père de Marion Wagon disparue en 1996

Documentaire "Marion et moi"

Dans le documentaire “Marion et Moi”, l'avocat Georges Catala nous amène sur les traces d’une disparition qui a ému la France entière. C'est le fidèle avocat, ténor du barreau de Toulouse, qui accompagne toujours la famille Wagon depuis les premiers jours.

Vingt-cinq ans après, Maître Catala continue d'être hanté par cette affaire.

Certaines affaires ébranlent même un homme d’expérience comme moi. Qu'est devenue Marion ? Son visage familier me hante depuis 25 ans. Je suis un combattant, je ferai tout pour savoir avant mon dernier souffle.

Maître Georges Catala - avocat des parents de Marion Wagon

Source : Documentaire "Marion et Moi"

Maître Catala pointe encore aujourd'hui les errements de l'enquête. Il partage l'amertume des parents.

Michel Wagon exprime surtout cette première erreur de la justice : "Moi, ce que j'ai en travers de la gorge depuis le début, c'est surtout le premier Procureur qui parce que Marion se fait gronder la veille, elle rentre pas à midi, il décide de ne pas mettre tous les moyens en place. " 
"Il considère que c'est la fugue." traduit Georges Catala.

Pour moi, le premier responsable c'est lui. 

Michel Wagon - père de Marion Wagon

Documentaire "Marion et moi"

"C'est pas une justice humaine." "Heureusement qu'il y a notre pilier" se confie Michel Wagon. Le pilier, c'est leur avocat.

Un mystère complet pour les policiers

Le policier chargé de l'enquête vit lui aussi toujours aujourd'hui avec la disparition non élucidée de Marion en tête. Il a travaillé quatorze mois sur l'affaire. Les dates sont encore totalement précises dans sa mémoire. "J'ai hâte de savoir quand même." répète-il.
" J'aimerais quand même, avant de disparaître, savoir ce qui s'est passé quand même, c'est le grand mystère de ma vie ça, et de la vie de beaucoup de gens".

C'est une blessure.

Roland Courdesses - policier en charge de l'enquête durant 14 mois

Documentaire "Marion et moi"

La France entière mobilisée

Le visage d'un enfant sur des briques de lait. C'est aussi ce que nous rappelle ce documentaire "Marion et moi". La mobilisation de beaucoup dans le pays pour aider à trouver Marion, ou du moins collecter des indices, des témoignages autour de sa disparition.

Une association "La mouette" se crée et s'inspire de cette idée testée aux Etats-Unis pour retrouver les enfants disparus : utiliser pour support des briques de lait pour communiquer sur la disparition. Dix millions de briques de lait seront ainsi imprimées, direction les supermarchés, à la recherche d'un témoignage pouvant donner des indices pour permettre de faire avancer l'enquête. Une première en France. 

Un symbole aussi de prévention pour les enfants autour des tables du petit-déjeuner, telle est aussi la volonté de Annie Gourgues, présidente de l'association "La mouette", mobilisée très vite auprès des parents de Marion. Elle rappelle que cette terrible disparition, la vague d'émotion provoquée, a changé beaucoup de choses. Annie Gourgues l'a répété à Michel Wagon.  "La disparition de ta fille, rien ne sera plus comme avant pour d'autres enfants. "

Un nouveau départ de l'enquête

Durant l'été 2022, un nouvel épisode judiciaire a vu le jour. Le très volumineux dossier judiciaire a quitté le parquet d'Agen, direction le pôle judiciaire "cold cases" basé à Nanterre (Hauts-de-Seine), créé le 1er mars dernier. Des milliers de pièces, d'actes judiciaires ont rejoint ce service spécialisé qui rouvre les dossiers non élucidés, anciens et complexes. Les enquêteurs pourront aussi examiner s’il y a lieu de faire le rapprochement entre plusieurs affaires.

Mais l'avocat de la famille Georges Catala pointe une erreur majeure qui ne facilitera pas le travail : "25 ans pour se rendre compte qu'ils n'ont même pas l'ADN de Marion".

Une soirée spéciale dédiée sur le drame des disparitions d'enfants

Le documentaire inédit "Marion et moi" donne lieu à une soirée spéciale dans le cadre du magazine Débadoc.  Chaque année en France, plus de 40 000 personnes disparaissent (source : ministère de l'Intérieur).  Plus de 30 000 sont  retrouvées mais il reste environ 10 000 disparitions non élucidées dont presque un dixième (environ 800 concernent des mineurs). A l'issue de sa diffusion, un débat suivra avec des invités en plateau.

Invités Debadoc Marion et moi

  • Georges Catala, avocat de la famille de Marion Wagon
  • Guillaume Maury,  co-réalisateur de « Marion et moi »
  • Annie Gourgues, présidente de l’association La Mouette
  • Jean-Pierre Bouchard, psychologue criminologue
  • Rédacteur en chef, directeur de publication La République des Pyrénées/L'Eclair (Skype)
  • Commissaire Pierre Pacaud, porte-parole du service national de police scientifique (duplex depuis Lyon)

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