Fermeture de l'usine Saviel près d'Agen : le choc pour les 136 salariés

La société Saviel, filiale du groupe Intermarché - Les Mousquetaires, a décidé de fermer une de ses 5 usines de transformation de viande en France. Celle d'Estillac en Lot-et-Garonne. Les salariés n'étaient pas préparés à une telle perspective. Ils sont sous le choc.

Les 136 salariés de l'usine de transformation de viande Saviel, implantée à Estillac, en Lot-et-Garonne, ont appris du jour au lendemain que leur établissement fermera au printemps prochain
Les 136 salariés de l'usine de transformation de viande Saviel, implantée à Estillac, en Lot-et-Garonne, ont appris du jour au lendemain que leur établissement fermera au printemps prochain © B.P.Morin/F3Aquitaine
Jamais ils n'avaient imaginé un tel scénario. Christophe Astellani, délégué syndical, membre du CSE, n'en revient toujours pas. Alors qu'il assiste à toutes les réunions avec la direction, il affirme que jamais l'hypothèse d'une fermeture pure et simple n'avait été évoquée auparavant. 

"On a pris un coup de massue sur la tête. Le choc. Le plan nous a été présenté en début de semaine lors d'un CSE autour de la politique sociale et économique de Saviel France et en dix minutes d'exposé ils nous ont appris qu'ils sacrifiaient le site d'Estillac".

La filière viande en difficulté


La société Saviel, spécialisée dans l'abattage et la transformation de viande, filiale du groupe Les Mousquetaires Intermarché, a en effet décidé de fermer une de ses usines. Celle d'Estillac implantée au sud d'Agen.
 
L'entreprise subit le désamour des français pour la viande dont la consommation a reculé de 16% entre 2014 et 2019. Saviel France a accusé 5,9 millions de pertes en 2019 et aucune embellie n'est prévue pour 2020. Il a donc été décidé de "faire des économies d'échelle" et d'opter pour "un repositionnement industriel" afin de renouer avec la compétitivité. 

L'usine lot-et-garonnaise est "vétuste", "sa configuration" ne permet pas "la mise en place d'outils de production modernes et compétitifs" affirme la direction. Elle est aussi jugée "trop éloignée" des sites d'abattage. Saviel a donc décidé de transférer ses activités vers les autres autres usines du groupe. 

"Ce sont des décisions qui ont été pensées et réfléchies en amont. Et l'info nous tombe dessus comme ça alors que c'est imminent, c'est une trahison, une humiliation" dénonce Jean Schroder, membre élu du CSE lui aussi et très en colère.

Une trahison


"Moi j'ai cru pendant 10 ans que le groupe AgroMousquetaire Intermarché était un bon groupe, avec des valeurs où l'humain est placé au centre. J'en faisais même la promotion autour de moi ! Et du jour au lendemain tout est balayé d'un revers de la main en 10 minutes d'exposé" se désole Lucie Broquet, qui travaille au service qualité.

Daniel Gonano, 24 ans d'ancienneté, responsable de la reception des matières premières, est lui aussi abasourdi. "On s'est énormément investi, avec des horaires compliqués, des horaires de nuit, de grandes amplitudes et le seul remerciement qu'on a c'est ça. Chacun a des projets de vie, des crédits, les études des enfants à payer...pour moi c'est une trahison".

Fermeture au printemps

La pillule a d'autant plus de mal à passer que la fermeture est proche. Elle serait prévue entre mars et mai prochain. Les détails du plan seront annoncés le 4 novembre aux salariés. "On aura très peu de temps pour se retourner, pour accompagner les salariés dans leur reclassement" déplore Jean Schroder. 

Saviel France pourrait proposer des reclassements dans ses autres usines. Combien seront prêts à accepter de refaire leur vie  ailleurs ? Ce serait en Bretagne ou encore Auvergne. Les employés d'Estillac devront encore patienter 20 jours avant d'en savoir plus.

 
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