[ENQUÊTE] Lot-et-Garonne : près de deux ans après la disparition des fillettes de Nérac, le mystère reste entier

Pas de nouvelles, pas de corps, pas d'aveux... le mystère demeure sur la disparition d'Inès, 13 ans et Nawal, 11 ans. Soupçonnée d'homicide, leur mère assure qu'elles sont vivantes, mais se refuse à donner des détails pour dit-elle, les "protéger".

Disparition des deux sœurs : les fouilles à Nérac pour tenter de retrouver des indices.
Disparition des deux sœurs : les fouilles à Nérac pour tenter de retrouver des indices. © THIERRY BRETON / AFP
Où sont passées Inès et Nawal ? Peut-on encore garder l'espoir de  les retrouver vivantes? En septembre 2017, on apprenait la disparition des deux petites filles de Nérac, dans le Lot-et-Garonne.

Deux sœurs, âgées de 11 et 13 ans, qui n'avaient pas donné signe de vie depuis le mois de décembre 2016. Depuis, Naïma B, leur mère, âgé de 50 ans a été mise en examen, d'abord pour délaissement d'enfants, puis pour homicides involontaires, et placée en détention provisoire le 20 septembre 2017. Elle a pourtant toujours nié avoir attenté à la vie de ses filles.


 

 

Jamais revenues de leurs vacances de Noël

Les deux fillettes, polyhandicapées, étaient suivies en institut spécialisé médicalisé. En décembre 2016, alors que la période des fêtes arrive, elles sont confiées à leur mère pour les vacances.
L'institut n'a jamais revu ses deux pensionnaires depuis. Le département n'a signalé la disparition des enfants qu'au printemps 2017. Un signalement relayé par Interpol, avant l'ouverture d'une information judiciaire le 11 juillet 2017.

 

Dès lors, de lourds soupçons pèsent sur la mère des fillettes. Célibataire, elle a seule la charge des deux filles, qui ne peuvent pas manger ni se déplacer seules. Elle ne peuvent pas non plus parler.

 
La maison de Nérac où vivait Naïma B, aujourd'hui mise en examen pour homicides volontaires et placée en détention provisoire
La maison de Nérac où vivait Naïma B, aujourd'hui mise en examen pour homicides volontaires et placée en détention provisoire © France 3 Aquitaine
 

Sur écoute

Plusieurs mois avant sa mise en examen, les conversations téléphoniques de Naïma B. et de son entourage sont sur placées écoute. Un traceur GPS est posé sur son véhicule. Les enquêteurs espèrent que la mère pourrait les mener sur une piste, se recueillir dans un lieu, rencontrer des personnes clés dans le dossier… En vain.

Les écoutes révèlent surtout que ses proches tentent, eux aussi de la faire parler afin de savoir ce qu'il est advenu des deux petites filles. Après leur disparition, Naïma B. vit prostrée à son domicile. Lors de son interpellation par les forces de l'ordre en septembre 2017, le sapin de Noël trône encore dans le salon.


 

Des filles "en vie" mais introuvables ?

Lors de ses auditions, la mère d'Inès et Nawal a d'abord affirmé que ses filles étaient au Maroc, pays d’où elle est originaire. Elle change ensuite et indique avoir conduit ses filles jusqu'à Tarifa, au sud de l'Espagne, puis les avoir confiées à des personnes rencontrées sur une aire d'autoroute. Des explications jugées "peu crédibles et corroborées par aucun élément tangible" par le parquet.

Toujours en détention provisoire, Naïma B. maintient que ses filles sont en vie, mais, selon des sources proches du dossier, elle se refuse à donner davantage de précisions aux enquêteurs, afin de leur éviter un retour en institut.
 

Du sang dans la chambre

La rivière Gelise, toute proche, avait été sondée par des plongeurs sans succès. En revanche, en soulevant le parquet d'une chambre du domicile familial, des traces ont été découvertes. Du sang identifié comme étant bien celui d'une des fillettes.
Des plongeurs sondent la rivière à Nérac (47)
Des plongeurs sondent la rivière à Nérac (47) © AFP / Thierry Breton


Confrontation repoussée

Le père des fillettes les avait abandonnées avant même la naissance de la deuxième enfant. Il devait revoir son ex-femme, qui se trouve également être sa cousine,  le 28 septembre lors une confrontation. La rencontre n'a pas eu lieu, ce dernier ayant dû être hospitalisé. Un homme qui selon son avocate Sylvie Brussiau a l'"intime conviction que ses deux fillettes sont décédées".
 

Quatorze mille euros qui posent question

Reste une autre inconnue : avant son placement en détention, Naïma B. a transféré toutes ses économies, soit 14 000 euros vers le Maroc. Elle n'aurait pourtant jamais cherché à s'y réfugier. Qu'est devenu cet argent ? Etait-ce vraiment le budget des réparations de fenêtres dans l'appartement marocain de Naïma B. comme cette dernière l'affirme ? Où était-ce la rémunération d'éventuels complices liés à la disparition des deux enfants ?
 


Vers un procès sans corps ?


Contacté, le parquet ne donne aucune information sur l'enquête, couverte par le secret de l'instruction. Il confirme  juste laconiquement que "les deux fillettes n'ont pas été retrouvées". Une enquête toujours en cours, afin d'éviter au procès aux assises dont la date n'est toujours pas fixée, de se tenir sans que ne soit retrouvé la trace des fillettes.
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