La Ronde des fraîcheurs : réveil difficile pour les licenciés du confinement à Estillac en Lot-et-Garonne

Le 21 avril dernier, le tribunal de commerce d’Agen plaçait en liquidation judiciaire La ronde des fraîcheurs, un sous-traitant en pâtisserie d’Intermarché situé à Estillac. Quelques jours plus tôt, les 42 salariés de l’entreprise apprenaient leur licenciement en plein confinement.
© France 3 Aquitaine

Un mois plus tard, la colère est toujours là


Pour eux, le monde d’après a un goût amer. Le déconfinement est arrivé, et avec lui, les formalités administratives. Le licenciement a pris corps, accompagné de quelques mauvaises surprises.

Du jour au lendemain, le 30 avril, les 42 salariés découvrent que la portabilité de leur mutuelle d’entreprise, qui devait se prolonger pendant un an, est arrêtée. Pour Dominique Gaillard, ancien représentant des salariés, c’est le coup de grâce.

On s’est retrouvés, les 42 familles, sans emploi, sans salaire et maintenant sans mutuelle. C’est la totale.


La nouvelle a un peu plus plongé les familles dans le désarroi.

Certains de nos collègues vivent très mal le licenciement et se sentent désespérés. L’un d’entre eux se retrouve seul avec sa fille, sans visibilité et dans l’impossibilité d’aller travailler ailleurs qu’ici.


D’autres, employés en couple à l’usine, ont tout perdu. Plus aucun salaire et un avenir en pointillés.

Chez beaucoup, c’est l’amertume qui prédomine. Visée : la direction du groupe Hafner, qui avait racheté l’entreprise il a de cela quatorze mois.

Le Covid a accéléré notre licenciement, mais on se sent trahis avant tout. On nous parlait projets, on nous félicitait, tout allait bien. Et d’un coup, nous voici liquidés en quatre jours par le tribunal de commerce d’Agen. C’est une mascarade.
Dominique Gaillard


Les indemnités légales de licenciement se font encore attendre. Pas de chiffres mirobolants attendus. Tout au plus 6.000 euros après une carrière de quinze années. De quoi tout de même « mettre un peu de beurre dans les épinards », espère Dominique.

Se projeter et imaginer un futur

La préfète Béatrice Lagarde avait organisé une table ronde le mois dernier. Réunis autour d’elle, le sous-préfet, les maires d’Agen et d’Estillac, le député Michel Lauzzana, Pôle-Emploi et la DIRRECTE.

Des soutiens bienvenus, mais l’émoi suscité par ce licenciement express en plein confinement sanitaire n’aura pas ému au-delà des frontières du département. Une déception pour les salariés, qui avait manifesté le 23 avril dans le but de sensibiliser opinion et pouvoirs publics.

En ce mercredi 27 mai, les voici officiellement entrés dans le dispositif CSP de Pôle-Emploi, le certificat de sécurisation professionnelle. Place, dès la semaine prochaine, aux premiers rendez-vous avec les conseillers.

On n’est pas là pour rester au chômage. Nous avons tous 10, 12 ou 18 ans d’ancienneté, on a déjà commencé notre recherche d’emploi.
Dominique Gaillard


Tous licenciés économiques, ils devront rebondir pour compenser les conditions pour le moins arides de leur licenciement.

Dominique, lui, imagine déjà créer une micro-entreprise avec l’appui de Pôle-Emploi, redevenir chef d’équipe, pourquoi pas responsable de magasin ou de restaurant.

Pour les licenciés du confinement, le monde d’après s’imagine dès aujourd’hui.
 





 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
emploi économie crise économique